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Kariv : Matan Kahana n’a pas l’autorité pour enterrer l’accord sur le mur Occidental

"Cela fait 6 mois, cette semaine, que le gouvernement est en activité. Mais un gouvernement qui veut durer doit avant tout apprendre à respecter les accords de coalition", a réagi Nachman Shai

Le député Travailliste Gilad Kariv lors d'une réunion de faction à la Knesset, au parlement israélien de Jérusalem, le 6 avril 2021. (Crédit :  Olivier Fitoussi/Flash90)
Le député Travailliste Gilad Kariv lors d'une réunion de faction à la Knesset, au parlement israélien de Jérusalem, le 6 avril 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le député Travailliste Gilad Kariv a estimé dimanche que le ministre des Affaires religieuses Matan Kahana ne disposait pas de l’autorité nécessaire pour mettre en suspens le compromis du mur Occidental après la publication d’un article du Times of Israël sur le gel de la création d’une zone de prière mixte au mur Occidental.

« Le compromis du mur Occidental a été discuté directement avec le président, avec le Premier ministre et avec son bureau. Le dossier ne relève pas de la compétence exclusive du ministre Kahana », a dit Kariv – rabbin du mouvement réformé et lui-même partisan de l’accord – dans une déclaration.

« Malgré les tentatives mensongères de la part du chef de l’opposition Benjamin Netanyahu et du président du parti Shas Aryeh Deri de mettre le feu au mur Occidental et d’approfondir les divisions entre les Juifs pour des raisons politiques et personnelles, le gouvernement actuel a réexaminé le dialogue stratégique entre l’État d’Israël et les courants libéraux sur le mur Occidental et sur de nombreux autres sujets », a continué Kariv, se référant à la campagne menées par le Shas et soutenue par le Likud pour empêcher la mise en œuvre de l’accord conclu en 2016, quand Netanyahu et Deri étaient tous les deux au gouvernement.

« Comme le précise une déclaration faite à la Haute-cour il y a quelques jours, le gouvernement actuel s’est engagé à établir une place égalitaire de prière, qui sera propriété de l’État, au mur Occidental », a continué Kariv.

« Une majorité claire de membres de la Knesset issus de la coalition et de l’opposition soutiennent ce projet et nous allons continuer à le défendre, sans jour le jeu de ceux qui utilisent les incitations et les discours de haine en faveur de gains politiques à court-terme », a-t-il conclu.

Le député de l’Union sioniste Nachman Shai assiste à une réunion du lobby pour le renforcement des liens avec le monde juif, tenue à la Knesset, le 27 juin 2017. (Credit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Cela fait six mois, cette semaine, que le gouvernement est en activité. Mais un gouvernement qui veut durer doit avant tout apprendre à respecter les accords de coalition », a répondu le ministre des Affaires de la Diaspora, Nachman Shai (parti Travailliste) dans une déclaration.

« Le gouvernement d’Israël continuera à se battre pour que le compromis du mur Occidental soit mis en place. Et tant que le parti Travailliste siègera dans ce gouvernement, nous prônerons l’égalité pour tous les courants du judaïsme. »

« Ce dossier est loin de n’impliquer que la responsabilité du bureau de Kahana, et c’est une bonne chose, a ajouté Shai. « Je vous souhaite une bonne semaine, » a-t-il conclu.

Cet accord – un point de friction de longue date entre le gouvernement israélien et les communautés juives de la diaspora – porte sur la création d’un pavillon permanent de prière pluraliste au mur Occidental. Pour la toute première fois, des représentants des courants non-orthodoxes du judaïsme y occuperaient une fonction de supervision.

Cet arrangement, qui avait été négocié entre Israël et les leaders de la diaspora pendant plus de trois ans, avait été approuvé par le gouvernement dirigé par Netanyahu en 2016 avant d’être mis en suspens par Netanyahu lui-même en 2017 – cédant à la pression exercée par ses partenaires ultra-orthodoxes de coalition.

Bennett et Kahana ont pris la décision de geler à nouveau le plan – voire de l’abandonner définitivement, selon Zman Yisrael, le site en hébreu du Times of Israel.

Matan Kahana, ministre des Affaires religieuses, s’exprime à la Knesset le 28 juin 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Les raisons justifiant cette décision spectaculaire seraient les affrontements violents qui ont récemment eu lieu au mur Occidental entre des manifestants ultra-orthodoxes et des membres des courants réformés du judaïsme, ainsi que les efforts livrés par la droite pour attiser les colères dans la société israélienne et contre le gouvernement en utilisant l’accord.

« Nous avons décidé de ne pas nous occuper de ça maintenant. Point final », aurait dit Kahana à ses conseillers, ce week-end.

La décision prise par Bennett et Kahana tranche avec les engagements revendiqués par les leaders des partis de la coalition au pouvoir – et encore récemment. Cette initiative pourrait donc entraîner des désaccords au sein de la coalition qui représente un électorat divers et qui comprend des formations déterminées à améliorer les liens avec les communautés juives de la Diaspora.

Début novembre, peu après l’adoption, par la coalition, du budget de l’État, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid avait expliqué que « le compromis du mur Occidental, c’est la bonne chose à faire du point de vue religieux – et également pour tout ce qui est lié à nos relations avec la diaspora ».

« Le compromis bénéficie du soutien de la plus grande partie du gouvernement et j’espère que nous serons en capacité de le mettre en place avec le procureur-général Avichai Mandelblit, » avait-il ajouté.

La ministre des Transports Merav Michaeli prend la parole lors d’une réunion de faction de son parti travailliste à la Knesset, à Jérusalem, le 4 octobre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

La ministre des Transports, Merav Michaeli, avait également fait part de son soutien à ce plan et le ministre des Finances, Avigdor Liberman, avait expliqué que ce compromis et un changement législatif sur la question des conversions étaient « très importants pour nous ».

Lapid, Michaeli et Liberman sont tous les trois à la tête de formations laïques intégrées dans la coalition au pouvoir et Bennett a besoin de leur soutien pour éviter l’effondrement de son gouvernement.

La mise en œuvre du compromis avait été aussi une condition importante de l’entrée dans la coalition du parti centriste Kakhol lavan.

Le compromis avait été mis de côté depuis sa suspension en 2017, un gel décidé par Netanyahu, mais il avait fait sa réapparition quand l’actuel gouvernement était arrivé au pouvoir, entraînant une nouvelle fois l’opposition féroce et indignée des ultra-orthodoxes.

Dans l’accord de coalition signé au mois de juin, les parties en lice avaient écrit s’engager à faire avancer l’accord « qui avait été annulé par le gouvernement de Netanyahu ».

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