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Katz veut garder l’Iran hors de la Syrie

Le ministre du Renseignement Yisrael Katz met les Américains en garde contre la République islamique, qui s'installe dans le plateau du Golan

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Yisrael Katz, ministre des Transports et du Renseignement, pendant une conférence de presse sur la création d'une île artificielle au large de Gaza et d'un réseau ferré moyen-oriental, le 5 avril 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Yisrael Katz, ministre des Transports et du Renseignement, pendant une conférence de presse sur la création d'une île artificielle au large de Gaza et d'un réseau ferré moyen-oriental, le 5 avril 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Dans plusieurs réunions récentes avec des responsables américains à Washington, le ministre du Renseignement Yisrael Katz a tenté de parvenir à “un accord” avec les États-Unis, spécifiquement au sujet du sud de la Syrie et de la présence de l’armée iranienne dans la région, a indiqué son bureau jeudi.

C’est la deuxième fois en un mois que Katz se rend aux États-Unis, pour des voyages de 5 jours environ, dans le cadre des négociations en cours entre les États-Unis et la Russie sur un éventuel cessez-le-feu en Syrie, selon un porte-parole.

Durant son dernier voyage, le ministre a rencontré des responsables à New York et à Washington, notamment des envoyés de la Maison Blanche, des hauts-responsables du renseignement et des législateurs des partis républicains et démocrates.

La fumée monte du village syrien de Jubata al-Khashab, après des frappes de l'armée israélienne sur des positions de l'armée syrienne en représailles après un tir de mortier syrien sur le plateau du Golan, le 10 septembre 2016. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)
La fumée monte du village syrien de Jubata al-Khashab, après des frappes de l’armée israélienne sur des positions de l’armée syrienne en représailles après un tir de mortier syrien sur le plateau du Golan, le 10 septembre 2016. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)

« Le ministre de l’Intelligence a mis en garde contre l’Iran et le Hezbollah qui s’établissent en Syrie, et particulièrement dans le sud de la Syrie, et contre la création d’un territoire contigu depuis l’Iran, via l’Irak, la Syrie et le Liban », a affirmé le bureau de Katz.

Tout au long de la guerre civile qui fait rage en Syrie, Israël craint que l’Iran, allié du président syrien Bashar el-Assad, soit en mesure de créer un « pont terrestre » au Liban pour fournir illégalement des armes au Hezbollah et qu’il puisse créer une base des opérations à proximité du plateau du Golan, à partir duquel l’Iran et ses alliés pourraient attaquer Israël.

Le ministre du Renseignement a appelé à de nouvelles sanctions contre la République islamique, qui soutient le groupe terroriste du Hezbollah.

Des combattants du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah pendant les funérailles d'un membre du groupe mort aux combats en Syrie, dans le sud du Liban, à Kfar Hatta, le 18 mars 2017. (Crédit : Mahmoud Zayyat/AFP)
Des combattants du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah pendant les funérailles d’un membre du groupe mort aux combats en Syrie, dans le sud du Liban, à Kfar Hatta, le 18 mars 2017. (Crédit : Mahmoud Zayyat/AFP)

« Il a également souligné la menace que représente le Hezbollah, qui est capable de fabriquer un armement sophistiqué au Liban avec l’aide de l’Iran », a indiqué le bureau, sur la base des informations indiquant que l’Iran a fait construire des usines d’armement pour le groupe terroriste au Liban.

Ces dernières semaines, les affrontements au sud de la Syrie se sont intensifiés dans une guerre qui oppose le régime d’Assad, les groupes rebelles modérés et le groupe affilié à l’État islamique, l’armée Khalid ibn al-Walid.

Katz a « appelé les États-Unis et Israël à parvenir à un accord sur la gestion de la menace iranienne en Syrie et dans la région », a ajouté le bureau du ministre.

Selon un responsable du ministère du Renseignement, le sujet a été longuement discuté avec de nombreux responsables américains.

Le ministère n’a pas souhaité préciser en quoi consisterait cet accord. Cependant, Israël et la Jordanie souhaiteraient voir les groupes rebelles modérés prendre le contrôle de la région dans le cadre d’un futur accord.

Selon l’analyste Nicholas Hera, basé aux États-Unis, Jérusalem et Amman soutiendraient discrètement les groupes rebelles en leur donnant des renseignements et du matériel, bien qu’aucun de ces pays ne l’admette.

Katz aurait également insinué qu’Israël aura besoin de davantage d’assistance pour sécuriser ses frontières, selon son bureau.

« Il a expliqué aux Américains que la présence de l’armée iranienne en Syrie et au Liban demande à Israël d’avoir recours à d’importantes ressources afin de se renforcer dans le plateau du Golan et en Galilée », a indiqué son bureau.

Il a également appelé les États-Unis à reconnaître la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan, qui a été annexé en 1981. Cette annexion n’a jamais été reconnue par la communauté internationale.

Katz, qui officie également comme ministre des Transports, s’est entretenu avec des responsables américains sur sa vision d’un « plan économique régional » qui inclurait de meilleures relations commerciales avec les pays voisins, ainsi que la formation d’un pont offshore à Gaza, destiné à améliorer la situation financière et humanitaire des résidents de l’enclave.

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