Khamenei : « pas de guerre, ni de négociations avec les Etats-Unis »
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Khamenei : « pas de guerre, ni de négociations avec les Etats-Unis »

Les problèmes de l'Iran sont "internes, pas seulement dus aux sanctions", a déclaré le guide suprême iranien, dans un contexte d'effondrement économique

L'ayatollah Ali Khamenei prononce un discours lors de la fête du travail lors d'une réunion des travailleurs, le 30 avril 2018. (Photo AFP / Site Internet du chef suprême iranien / HO)
L'ayatollah Ali Khamenei prononce un discours lors de la fête du travail lors d'une réunion des travailleurs, le 30 avril 2018. (Photo AFP / Site Internet du chef suprême iranien / HO)

L’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de l’Iran, a affirmé lundi qu’il n’y aurait ni guerre ni négociations avec les Etats-Unis.

« Des responsables américains parlent de nous avec cynisme depuis quelque temps. Outre les sanctions, ils parlent de guerre et de négociations », a-t-il dit sur son compte Twitter en anglais.

« Laissez-moi dire à ce propos quelques mots au peuple : IL N’Y AURA PAS DE GUERRE, NI DE NEGOCIATIONS AVEC LES ETATS-UNIS ».

Des spéculations vont bon train sur la possibilité que l’Iran revienne à la table des négociations, après le retrait unilatéral de Washington de l’accord sur le nucléaire conclu en 2015 et le rétablissement des sanctions.

Mais l’Iran a rejeté une proposition de dialogue du président américain Donald Trump, soulignant que Washington n’était plus digne de confiance, après avoir violé ses engagements en vertu de l’accord conclu entre Téhéran et les grandes puissances.

Conclu après des années de difficiles négociations entre l’Iran d’une part, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Russie, la Chine, l’Allemagne et l’Union européenne de l’autre, l’accord visait à garantir un caractère strictement pacifique du programme nucléaire iranien en le soumettant à une surveillance draconienne.

En échange, il prévoyait la levée progressive des sanctions qui avaient asphyxié l’économie iranienne et isolé le pays. Dans son dernier rapport en mai, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avait attesté que l’Iran continuait de respecter ses engagements.

L’ayatollah Ali Khamenei, a également affirmé lundi que les problèmes économiques que traverse son pays étaient dus à une mauvaise gestion interne, pas seulement aux pressions américaines.

« Experts économiques et responsables pensent que la cause de ce problème n’est pas externe, mais interne », a-t-il dit lors d’un discours à Téhéran, selon son compte officiel sur Twitter.

« Je ne dis pas que les sanctions n’ont pas d’impact, mais il s’agit principalement de la manière dont nous y faisons face », a-t-il souligné.

Il a fait spécifiquement référence à l’effondrement de la monnaie, qui a perdu près de la moitié de sa valeur depuis avril.

« Si notre performance est meilleure, plus prudente, précise et efficace, les sanctions n’auront pas autant d’effet et on pourra y résister », a ajouté l’ayatollah Khamenei.

Le discours n’était pas immédiatement retransmis par la télévision. Habituellement de tels évènements sont diffusés plus tard dans la journée.

Le retrait unilatéral des Etats-Unis de l’accord conclu en 2015 avec les grandes puissances sur le nucléaire iranien a été suivi d’une première salve de sanctions entrées en vigueur le 7 août.

Mais l’économie iranienne était déjà à la peine, souffrant d’un taux de chômage élevé et d’une nette inflation. Le rial iranien a plongé, perdant près des deux tiers de sa valeur en six mois.

Et beaucoup d’Iraniens tiennent leur propre gouvernement pour responsable de cette situation.

Plusieurs villes ont récemment été le théâtre de manifestations sporadiques et de grèves, fruits de l’inquiétude croissante et d’un sentiment de colère envers le système politique.

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