Khashoggi : le rapport de l’ONU est « sans fondement » (ministre saoudien)
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Khashoggi : le rapport de l’ONU est « sans fondement » (ministre saoudien)

L'ONU tient l'Arabie saoudite pour "responsable" de "l'exécution extrajudiciaire" du journaliste et critique du pouvoir saoudien Jamal Khashoggi

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi au World Economic Forum à Davos, le 21 janvier 2011. (Crédit : AP Photo/Virginia Mayo, File)
Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi au World Economic Forum à Davos, le 21 janvier 2011. (Crédit : AP Photo/Virginia Mayo, File)

Le numéro deux de la diplomatie saoudienne a affirmé mercredi que le rapport de l’experte de l’ONU réclamant une enquête sur la responsabilité du prince héritier saoudien dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi était sans « fondement ».

« Le rapport contient des contradictions et des allégations sans fondement, ce qui met en doute sa crédibilité », a affirmé sur Twitter le ministre d’Etat saoudien aux Affaires étrangères, Adel al-Jubeir.

« Il n’y a rien de neuf. Le rapport répète ce qui a été dit et ce qui a été colporté par les médias », a-t-il ajouté.

La rapporteure spéciale des Nations unies, Agnès Callamard, qui a enquêté pendant six mois, tient l’Arabie saoudite pour « responsable » de « l’exécution extrajudiciaire » du journaliste et critique du pouvoir saoudien Jamal Khashoggi, mort brutalement en octobre à l’intérieur du consulat de son pays à Istanbul.

Selon le rapport, « il existe des éléments de preuve crédibles, justifiant une enquête supplémentaire sur la responsabilité individuelle de hauts responsables saoudiens, y compris celle du prince héritier » Mohammed ben Salmane, surnommé « MBS ».

Le procureur général saoudien avait blanchi le prince héritier et M. Jubeir a réitéré mercredi que la justice saoudienne était la seule « compétente » pour juger les suspects dans cette affaire.

Dans la procédure lancée devant la justice saoudienne, l’accusation a innocenté le prince héritier et inculpé 11 personnes, réclamant la peine de mort contre cinq d’entre elles.

M. Jubeir a affirmé que des diplomates des pays membres permanents du Conseil de sécurité – Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Chine et Russie – ainsi que des représentants de la Turquie et d’organisations saoudiennes de défense des droits humains étaient autorisés à assister aux audiences.

Des sources diplomatiques avaient indiqué à l’AFP que seule la langue arabe était utilisée lors de ces audiences et que les diplomates n’avaient pas été autorisés à avoir des interprètes.

Mme Callamard souhaite la suspension de ce procès, jugeant que la procédure judiciaire n’a pas respecté les normes internationales. Elle demande également au FBI d’ouvrir une enquête sur le meurtre du journaliste qui était résident américain.

Après avoir dans un premier temps nié le meurtre, Ryad avait avancé plusieurs versions contradictoires et soutient désormais que Khashoggi a été tué lors d’une opération non autorisée par le pouvoir.

Mais selon des informations de presse, la CIA considère que l’assassinat a probablement été commandité par le prince héritier, homme fort du royaume saoudien.

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