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Knesset: Le ministre Barlev révèle une information confidentielle pendant un débat

Dans un débat sur l'expansion des pouvoirs de son successeur, le ministre de la Sécurité intérieure sortant a donné une information classifiée sur le mode opératoire de la police

Le ministre de la Sécurité intérieure  Omer Barlev pendant un débat à la Knesset, le 14 décembre 2022. (Capture d'écran : Knesset Channel)
Le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev pendant un débat à la Knesset, le 14 décembre 2022. (Capture d'écran : Knesset Channel)

Le ministre sortant de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, a révélé mercredi une information classifiée sur les politiques mises en œuvre par la police pendant un débat de la Knesset qui était diffusé en direct.

Barlev participait à une discussion de groupe sur une législation qui devrait accorder à son successeur, le député d’extrême-droite Itamar Ben Gvir, des pouvoirs élargis sur la police.

Ce texte réclamé par Ben Gvir comprendrait une clause stipulant que le commissaire de police est soumis aux ordres du ministre et que seul ce dernier est en droit de déterminer « les politiques et les principes généraux » de la police.

« L’instruction donnée par le ministre a été de ne pas lancer de grenades assourdissantes sur le mont du Temple, tout du moins en l’absence d’une permission explicite allant dans ce sens de la part du commandant de district de la police », a dit Barlev, lisant le compte-rendu d’une réunion qui avait été organisée l’année dernière, en amont de la Marche des drapeaux, une manifestation organisée par des militants de droite qui avait eu lieu à Jérusalem.

Un conseiller juridique a tenté de protester pendant son intervention, signalant au ministre qu’il ne devait pas lire un tel document à une tribune ouverte au public, mais Barlev a continué sa lecture.

« La situation à Jérusalem et dans le pays tout entier est extrêmement volatile et nous devons ne devons donc pas utiliser des moyens susceptibles de tuer des citoyens israéliens et des résidents de Jérusalem. En conséquence, seuls des moyens de type ‘alpha’ pourront être utilisés », a continué Barlev, apparemment en référence à des armes non-léthales.

Des Palestiniens aux prises avec la police israélienne devant le tombeau du Dôme du rocher et la mosquée al-Aqsa à Jérusalem, le 21 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)

Barlev était apparemment soucieux de montrer à Ben Gvir l’importance d’établir les politiques en concertation avec les responsables de la police et seulement après avoir pris en compte un certain nombre de considérations et de facteurs.

Barlev a noté que cette lecture était nécessaire afin de contrer « les affirmations exagérées de Ben Gvir qui démontrent qu’il n’a pas compris ce qu’est une politique et ce qui relève d’une politique ».

Le ministre sortant a ajouté qu’il ne voyait aucun problème à lire ce document secret dans la mesure où il s’agissait « d’un compte-rendu qui a été écrit par mes soins ».

Un point de vue qui n’a pas été partagé par tout le monde. Elazar Kahana, conseiller juridique de la police, a indiqué que le projet de loi proposé par Ben Gvir « ne justifie pas la révélation de ces informations » et il a ajouté être « inquiet ».

« Soyez-le donc », a riposté Barlev.

Le leader d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, et le commissaire de la police Kobi Shabtai se querellent à une réunion de commission à la Knesset, le 14 décembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le commissaire de la police israélienne, Kobi Shabtai, a demandé que la séquence vidéo correspondant à l’allocution de Barlev soit supprimée. Ben Gvir, de son côté, a fustigé Barlev pour avoir « révélé des secrets d’État à des fins bassement politiciennes ».

D’autres officiels de la police ont estimé que l’intervention « n’a pas fait de dégât » mais ils ont critiqué Barlev pour avoir communiqué sur le mode opératoire de la police, qui doit être tenu secret.

« Barlev a pu faire part, ici, d’informations que nous ne voulions pas communiquer au public. La réalité, c’est qu’on ne révèle pas des informations secrètes. Les directives concernant ce qui est permis et interdit de révéler dans un document secret sont claires », a commenté un responsable de la police auprès du site Ynet, sous couvert d’anonymat.

« Il n’y a pas eu de dégât. Les outils de contrôle des émeutes qui ont été rendus publics sont connus par tous. Mais il est pourtant préférable de taire le mode opératoire de la police, en particulier s’agissant du mont du Temple », a-t-il ajouté.

Ben Gvir, qui a réclamé le changement législatif dans le cadre de l’accord de coalition qui a été conclu entre le Likud et sa faction d’extrême-droite Otzma Yehudit, a fait savoir, lors de ce débat, que la loi telle qu’elle était conçue entraînait l’incapacité, pour le ministre, de procéder à de réels changements dans le but d’améliorer l’efficacité opérationnelle des forces de l’ordre.

Le député Itamar Ben Gvir (g) et le chef de la police Kobi Shabtai assistent à une réunion de la commission des arrangements à la Knesset à Jérusalem, le 14 décembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Répondant aux affirmations faites par Ben Gvir durant cette discussion au parlement qui a été très animée, Shabtai a indiqué ne pas être opposé par principe au changement mais il a averti que la législation aura « des conséquences dramatiques » sur les opérations menées par la police, et qu’il fallait l’examiner au préalable avec minutie.

Shabtai a précisé que le projet de loi proposé ne parvenait pas à expliquer clairement le problèmes problèmes posés par la loi telle qu’elle existe aujourd’hui, et la raison pour laquelle les changements envisagés s’avéraient être absolument nécessaires.

« J’ai travaillé au poste de commissaire de police avec deux ministres et j’admets ne jamais avoir connu une situation qui puisse illustrer le problème », a commenté le commissaire de police.

Mardi, Barlev avait estimé que le projet de loi proposé, s’il devait être adopté, « détruira la police ».

Actuellement, c’est le commissaire de police qui met en place les politiques, en consultation avec le ministre. Il semble que la législation soumise par Ben Gvir accordera à cet activiste d’extrême-droite et repris de justice un large contrôle sur la police – la même avec laquelle il a été si longtemps en délicatesse.

Jeremy Sharon a contribué à cet article.

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