Krahenbul : la fin du financement américain n’arrêtera pas l’UNRWA
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Krahenbul : la fin du financement américain n’arrêtera pas l’UNRWA

Le secrétaire général de l'agence onusienne a déclaré au Washington Post que la situation reste "critique", mais il espère que d’autres pays donateurs combleront le déficit

Pierre Krahenbuhl, le commissaire général de l’UNRWA. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Pierre Krahenbuhl, le commissaire général de l’UNRWA. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Lundi, le chef de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) a déclaré qu’il pensait que le financement d’autres pays compenserait la différence d’environ 200 millions après que les Etats-Unis ont retiré leur soutien financier à l’organisation.

Pierre Krahenbuhl, le commissaire général de l’UNRWA, a confié au Washington Post que depuis l’annonce américaine de janvier, mettant en garde contre la fin des contributions américaines à l’agence, aucune « explication solide pour cette décision » ne lui a été fournie.

« Cela m’amène à croire que cette décision a été prise pour des raisons politiques dans le cadre des tensions entre les Etats-Unis et l’Autorité palestinienne. Il n’y a rien que l’UNRWA puisse faire à ce sujet », a-t-il déclaré.

La décision américaine de suspendre son financement de l’UNRWA a laissé un déficit d’environ 446 millions de dollars, a-t-il expliqué, soit la moitié de ce qui a été reçu des donations d’autres pays, y compris le Japon, l’Inde, le Qatar, l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unies et l’Union Européenne.

« La situation reste critique, mais j’espère que nous arriverons à trouver une solution pour les 200 millions de dollars restants de dette », a-t-il affirmé.

Le commissaire général de l’UNRWA a également critiqué Washington pour ce qu’il a dit être une fausse accusation sur la prolongation du problème des réfugiés palestiniens à cause de l’agence.

« Nous avons réglé la situation, et c’est tout simplement faux de présenter les choses de cette manière, a-t-il déclaré au Post. Il n’y a qu’une seule chose qui perpétue la situation des réfugiés, y compris celle des réfugiés palestiniens, c’est incroyable incapacité de la communauté internationale à trouver une solution globale et juste au conflit ».

Des fillettes palestiniennes posent pour une photo de groupe dans une école appartenant à l’UNRWA à Gaza City durant une visite du commissaire général de l’agence d’aide aux réfugiés palestiniens (Crédit : AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

Krahenbuhl a également réfuté à l’accusation selon laquelle l’UNRWA serait responsable du développement de la crise de réfugiés en classant les réfugiés palestiniens d’une manière qui diffère de l’agence-mère au sein l’institution internationale, le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies pour (UNHCR), qui s’occupe des enfants et des petits-enfants de réfugiés.

L’UNRWA accorde le statut à tous les descendants des Palestiniens qui ont quitté ou fui Israël à la création de l’état en 1948, faisant ainsi passer le nombre de réfugiés à environ cinq millions de personnes actuellement, alors que le nombre réel de réfugiés du conflit est estimé à quelques dizaines de milliers. Dans les négociations sur les accords de paix, les dirigeants palestiniens ont toujours demandé un « droit du retour » à Israël pour ces millions. Cet afflux, s’il était accepté par Israël, serait la fin d’Israël comme une état majoritairement juif.

Krahenbuhl a détaillé les différences entre l’UNRWA et l’UNHCR dans un entretien avec Foreign Policy le mois dernier. Il a notamment expliqué que l’UNHCR compte parfois aussi les enfants et petits-enfants de réfugiés comme des réfugiés. En effet, l’organisation humanitaire « repose sur la notion d’unité familiale, ce principe d’unité familiale qui consiste à garder les familles unies et ensemble, et il s’agit d’un des paramètres clefs de la gestion des crises des réfugiés ».

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