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Kushner et Netanyahu cherchent encore une solution aux terroristes des tunnels de Rafah

Selon un responsable, Israël refuserait que les hommes du Hamas puissent partir en exil; pour les Etats-Unis, il est hors de question que cela condamne le plan de paix global de Trump

Des soldats de Tsahal opèrent du côté Est de la Ligne jaune, à Khan Younès, dans le sud de Gaza, sur une photo publiée le 9 novembre 2025. (Armée israélienne)
Des soldats de Tsahal opèrent du côté Est de la Ligne jaune, à Khan Younès, dans le sud de Gaza, sur une photo publiée le 9 novembre 2025. (Armée israélienne)

Le conseiller principal du président américain Donald Trump, Jared Kushner, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu tentent, jusqu’ici en vain, de trouver une solution à la question des 100 à 200 terroristes du Hamas retranchés dans les tunnels de Rafah, du côté israélien de la Ligne jaune.

Mardi soir, un responsable israélien a confié au Times of Israël qu’il « n’y avait pas encore de solution au sujet des terroristes à Rafah ».

Selon une information donnée mardi par la chaîne N12, Israël aurait proposé un plan consistant à laisser sortir les membres du Hamas des tunnels, sous réserve qu’ils déposent les armes et s’engagent à ne pas se livrer à nouveau à des activités terroristes.

Les agents du Hamas déposeraient les armes « aux conditions posées par le président américain Donald Trump », a déclaré la chaîne de télévision, Israël acceptant de ne pas leur tirer dessus à leur sortie des tunnels.

Mardi toujours, la radio publique Kan a fait savoir que Kushner avait, sans succès, tenté de persuader Netanyahu de laisser les hommes du Hamas passer, sans armes, du côté Ouest de Gaza.

Selon Kan, Kushner a fait comprendre à Netanyahu l’importance que revêtait pour Trump le fait de régler cette question et de préserver le plan de paix global, comme le fait que Washington n’accepterait pas qu’Israël tue les hommes du Hamas.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (deuxième à partir de la droite) et le ministre des Affaires stratégiques Ron Dermer (à droite) avec le conseiller de la Maison Blanche, Jared Kushner (deuxième à partir de la gauche) et le conseiller américain Aryeh Lightstone (à gauche), à Jérusalem, le 10 novembre 2025. (Haim Zach/GPO)

De son côté, le site d’information Ynet, citant un membre du cabinet de sécurité, a déclaré que Netanyahu et Kushner avaient convenu d’un accord selon lequel les membres du Hamas en question pourraient partir en exil dans un pays tiers. Cette piste n’aurait que peu avancé, faute de trouver un pays susceptible de les accueillir, selon Ynet.

Un responsable israélien a nié l’existence d’un tel accord permettant l’exil des hommes du Hamas.

Cela fait des semaines que le cabinet Netanyahu assure qu’il ne laissera pas ressortir les hommes du Hamas retranchés, ce à quoi des responsables américains auraient réagi en expliquant à Israël que ce problème ne devait pas éclipser celui, plus important, des 20 000 hommes armés toujours actifs dans les zones contrôlées par le Hamas.

La Turquie jouerait un important rôle de médiation dans les pourparlers coordonnés par Washington. Lundi, le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a rencontré à Washington le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, « pour parler du cessez-le-feu à Gaza et des prochaines étapes pour assurer la stabilité dans la région ».

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio s’entretient avec le brigadier général israélien Yaakov Dolf lors de sa visite au Centre de coordination civile-militaire américano-israélien en Israël, le 24 octobre 2025. (Crédit : Fadel Senna/Pool Photo via AP)

Ces derniers jours, de nombreuses ont laissé entendre que le retour, dimanche, de la dépouille de Hadar Goldin – soldat israélien tué en 2014 et dont le corps a été détenu à Gaza pendant 11 ans – était lié aux négociations sur l’évacuation des hommes du Hamas pris au piège, sans qu’il y ait toutefois des confirmations officielles à ce sujet.

Mardi, le site d’information Politico a publié des documents diffusés par le centre de surveillance du cessez-le-feu de Gaza, sous autorité des États-Unis, et qui, selon le site d’information, font état des doutes de Washington sur la capacité à faire vivre le cessez-le-feu.

Sur un diaporama obtenu par Politico, on voit un point d’interrogation entre les phases une et deux du cessez-le-feu, ce qui, selon le site d’information, témoigne des doutes des États-Unis quant aux perspectives d’établir une force internationale de stabilisation et désarmer le Hamas.

Le porte-parole du département d’État a nié les affirmations de cet article, affirmant qu’il « témoigne d’une ignorance totale des rouages des actions prises pour Gaza. Tout le monde veut faire partie de l’initiative de paix historique du président Trump au Moyen-Orient. »

« Depuis que le président Trump a annoncé son plan en 20 points, il y a eu une pluie d’idées, suggestions et propositions venues de dizaines de pays et d’ONG sur tout un tas de questions », a affirmé le porte-parole. « Nous ne pouvions pas commenter ces milliers d’idées et propositions, déjà examinées ou non. L’administration Trump continuera de faire respecter le cessez-le-feu et de veiller à la mise en œuvre efficace du plan en 20 points du président Trump. »

Un garçon tire une charrette chargée de bidons d’eau potable, aidé par d’autres enfants palestiniens, sur une route du camp de réfugiés de Bureij, dans le centre de la bande de Gaza, le 10 novembre 2025. (Crédit : Eyad Baba / AFP)

Le département d’État a par ailleurs catégoriquement démenti l’information publiée mardi par le réseau saoudien al-Hadath, selon laquelle Yasser Abu Shabab, chef d’une milice anti-Hamas à Gaza, avait parlé il y a peu, et dans le plus grand secret, avec Kushner, dans les locaux du centre de surveillance américain du cessez-le-feu, à Kiryat Gat. Il a parlé d’une « fausse nouvelle ».

Selon l’information d’al-Hadath, les deux hommes auraient évoqué le possible rôle de la milice d’Abou Shabab dans la sécurisation du mouvement des hommes du Hamas actuellement retranchés du côté israélien de la Ligne jaune, à Rafah. Aucune date n’est précisée pour cette rencontre. Kushner est arrivé en Israël lundi.

Installée dans l’Est de Rafah – dans un territoire sous contrôle de Tsahal – la milice d’Abou Shabab s’est créée il y a de cela près de six mois. Elle apporte un soutien militaire et économique à des milliers de Gazaouis grâce à l’assistance militaire et économique israélienne. La milice dit se battre contre le Hamas pour le renverser.

Toujours selon l’information non confirmée d’al-Hadath, Abou Shabab serait représenté au quotidien au Centre de coordination civilo-militaire dirigé par les États-Unis, à Kiryat Gat.

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