La banque coopérative qui mise sur la fin du monopole du système bancaire israélien
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La banque coopérative qui mise sur la fin du monopole du système bancaire israélien

La banque coopérative d'Israël, Ofek, composée de 3 700 actionnaires, a été lancée en 2012, et fait face à une opposition voilée

Simona Weinglass est journaliste d'investigation au Times of Israël

Les membres votent à l'assemblée annuelle d'Ofek, en septembre 2014 (Crédit : Facebook)
Les membres votent à l'assemblée annuelle d'Ofek, en septembre 2014 (Crédit : Facebook)

Pourquoi est-ce que lorsque vous entrez dans une pharmacie, un shampooing ou un déodorant israéliens coûtent trois fois plus qu’aux États-Unis ? Pourquoi un jean, disons un Levi’s 501, coûte 68 dollars aux États-Unis et 450 shekels (soit 115 dollars) en Israël ?

Pendant ce temps, le salaire moyen en Israël est une fraction de celle des États-Unis qui est de 9 500 (2 536 dollars) par mois alors que le salaire médian en Israël est de 5 500 shekels (1410 $). Il n’est pas étonnant qu’au moins 35 % des ménages israéliens ne puissent pas couvrir leurs dépenses mensuelles.

Si vous demandez à Doron Shorer, le fondateur de Ofek, la nouvelle banque coopérative d’Israël, qui espère commencer à opérer en 2016, pour quelle raison le coût de la vie est élevé en Israël, il vous répondra que cela est dû au système bancaire.

Israël a l’un des secteurs bancaires les plus fortement concentrés dans la zone de l’OCDE, avec seulement deux banques, Leumi et Hapoalim, contrôlant près de 70 % du marché. Qu’est-ce que cela signifie ?

Selon Shorer, ce n’est pas juste le fait que les banques israéliennes facturent aux consommateurs des frais exorbitants pour tout, du retrait à l’envoi d’une lettre.

Cela ne tient pas juste au fait qu’ils puissent facturer des taux de 12 à 13 % d’intérêt à des particuliers ou à des petites entreprises. Ce que cela signifie, affirme Shorer, c’est qu’à chaque fois que vous effectuez un achat, vous payez quelques centimes supplémentaires (pour un total de 3 000 NIS par famille et par an) dans les financements des coûts en raison de l’absence de concurrence bancaire.

Cela signifie également que vous payez plusieurs centimes en plus de cela en raison de l’effet boule de neige de la concentration bancaire qui conduit à des monopoles dans d’autres industries.

« Le système bancaire est l’enveloppe de l’ensemble de l’économie », explique Shorer, un ancien commissaire du marché des capitaux au ministère des Finances.

« Dans un pays où le système financier est concurrentiel, les industries compétitives peuvent coexister avec ceux qui sont non compétitives. Mais quand le système bancaire est comme un cartel, il n’y a aucune chance pour toutes les autres industries de devenir compétitives ».

Doron Shorer au premier plan lors de la réunion annuelle d'Ofek, le 4 septembre 2014 (Crédit :  Facebook)
Doron Shorer au premier plan lors de la réunion annuelle d’Ofek, le 4 septembre 2014 (Crédit : Facebook)

Pourquoi Israël a besoin d’une banque coopérative ?

La concentration dans le secteur bancaire, et la façon dont elle presse les classes moyennes et inférieures, est ce qui a conduit Shorer à fonder Ofek, la seule banque coopérative d’Israël, en 2012.

Il a puisé son inspiration dans le mouvement de la justice sociale en 2011, qui a vu plus de 400 000 personnes descendre dans les rues pour protester contre le coût élevé de la vie en Israël.

« Le gouvernement a réussi à taire les protestations. Ils ont transféré le problème à une commission qui a fait une montagne de promesses. Ils ont échoué à se concentrer sur le problème le plus important, qui est le secteur financier ».

Une réunion de salon Ofek pour recruter des membres dans le quartier de Nahlaot à Jérusalem (Crédit : Facebook)
Une réunion de salon Ofek pour recruter des membres dans le quartier de Nahlaot à Jérusalem (Crédit : Facebook)

Shorer est un comptable de formation qui a été en poste dans le public et dans le secteur privé dans des emplois de haut rangs. Il a été le directeur général du ministère des Transports et président de The Phoenix Insurance Company.

Parmi les premières personnes à acheter des actions de Ofek, il y avait les députés travaillistes Shelly Yachimovich et Itzik Shmuli ainsi que la plupart des membres de la Knesset de Meretz et l’éminent rabbin orthodoxe, Yuval Cherlow.

Les présentateurs du talk-show Orly Vilnai et Guy Meroz sont également des membres et le ministre de l’Éducation Naftali Bennett, qui était le ministre de l’Economie dans le dernier gouvernement, a fait l’éloge d’Ofek sur sa page Facebook.

Une action de la banque coûte 3 000 shekels et ce prix unique donne aux membres le droit de devenir des clients et de déposer de l’argent, faire des emprunts et utiliser d’autres services bancaires. Ofek est une banque à but non lucratif qui est détenue par ses clients / actionnaires. Personne, peu importe sa richesse, ne peut acheter plus d’une seule action.

Le président d'Ofek Yehuda Talmon (Crédit : Autorisation)
Le président d’Ofek Yehuda Talmon (Crédit : Autorisation)

Le président d’Ofek est Yehuda Talmon, l’ancien président de Lahav, une association de petite entreprise en Israël. Shorer a démissionné du poste de président car il est actuellement le directeur de Massad, une ancienne coopérative de crédit pour les enseignants israéliens qui s’est dé-mutualisée et qui est devenue une banque ordinaire.

« Doron a dû démissionner parce que le superviseur des banques lui a dit qu’il s’agissait d’un conflit d’intérêts », a expliqué Talmon. « Ofek est un rêve et Massad est comment il gagne sa vie, il a donc choisi de gagner sa vie ».

Ofek accordera des taux d’intérêts de 2 à 3 % à ses clients sur les dépôts et chargera 6 % ou moins sur les prêts, a précisé Talmon.

« Ces taux sont sans précédent dans le système bancaire israélien. Nous pouvons le faire parce que nous ne tentons pas de maximiser les profits ; nous ne sommes, en réalité, même pas en train d’essayer de faire un profit. Nous facturons ce que nous devons pour équilibrer nos budgets ».

Une réunion de salon Ofek au kibboutz Mishmat Ha'emek (Crédit : Facebook)
Une réunion de salon Ofek au kibboutz Mishmat Ha’emek (Crédit : Facebook)

Talmon dit que l’idée d’une banque coopérative n’est pas nouvelle mais ne remonte qu’à l’Europe du 19e siècle.

Aujourd’hui, la troisième plus grande banque des Pays-Bas, Rabobank, est une coopérative, tandis que des dizaines de millions d’Américains font leurs opérations bancaires dans des coopératives de crédit, y compris Stanley Fischer, une ancien gouverneur de la Banque d’Israël qui est maintenant vice-président de la Réserve fédérale américaine.

Ofek compte actuellement 3 700 actionnaires.

« Nous aimerions en avoir autant que possible », a indiqué Talmon, « mais notre business plan dit qu’une fois que nous arrivons à 15 000, nous serons viable ».

Quel est le problème avec le système bancaire actuel d’Israël ?

« Les grandes banques sont terrifiées par Ofek », a analysé Shorer, « parce que nous sommes en train de faire un trou dans leur ballon et laissons sortir l’air. Depuis la création de l’Etat, pas une seule nouvelle banque n’a été établie. En fait, en 1948 il y avait 120 banques. Maintenant, il y en a cinq ».

Le marché des communications mobiles illustre parfaitement le problème, a poursuivi Shorer.

En 2012, une chose sans précédent est arrivée sur ce marché qui est maintenant connu sous le nom de la « Révolution cellulaire ».

Avant 2012, le marché cellulaire du pays était contrôlé par un cartel de trois entreprises : Cellcom, Partner et Pelephone.

Le ministre des Communications, Moshe Kahlon, a réussi à ouvrir le marché à de nouveaux acteurs, y compris à Golan Telecom.

En quelques mois, le coût moyen en Israël de la minute d’appel sur un téléphone mobile est passé de 0,42 shekels à 0,10 shekels. Kahlon devenu un héros national, a plus tard lancé son propre parti politique, Koulanou, et a remporté dix des 120 sièges de la Knesset aux élections législatives en mars 2015.

Le parti de Kahlon s’est présenté sur un programme destiné à réduire le coût de la vie des Israéliens en ouvrant d’autres marchés à la concurrence, y compris le secteur bancaire, et il est entré dans la coalition au pouvoir comme ministre des Finances.

Le ministre des Finances Kahlon espère introduire la réforme dans le secteur bancaire d'Israël comme il l'a fait avec les communications mobiles (Crédit : Nati Shohat / Flash90)
Le ministre des Finances Kahlon espère introduire la réforme dans le secteur bancaire d’Israël comme il l’a fait avec les communications mobiles (Crédit : Nati Shohat / Flash90)

Mais le mois dernier, le symbole d’Israël de la concurrence et de la baisse des prix, Golan Télecom, a annoncé qu’il cherchait à être acheté ou à fusionner. De nombreux analystes estiment que cela peut signifier le début de la fin des prix de la consommation mobile faible. Que s’est-il passé ?

« Ce qui est arrivé », suppose Shorer, « est que Golan voulait passer à la 4G. Michael Golan [le PDG de l’entreprise] avait besoin de changer les antennes. Il avait besoin de milliards de shekels de crédit. Mais quand il a essayé de l’obtenir auprès des banques israéliennes, il a été confronté à un mur ».

Ne pouvait-il aller à l’étranger et obtenir un prêt ?

« Il est difficile d’obtenir des prêts pour des choses qui sont de nature locale ».

Shorer explique que Golan ne pouvait pas obtenir un prêt en raison de ce qu’il appelle par euphémisme « les intérêts croisés ». Pour faire valoir son argument, il rappelle que lorsque les opérateurs mobiles ont reçu un appel d’offre en 2011, Golan n’a pas été le gagnant.

« La société qui l’a remporté était appelé Bezalel. Bezalel est allé à la Banque Leumi et a demandé un crédit. La banque lui a répondu ‘désolé, mon pote, on ne peut pas le faire’. Juste pour que vous le sachiez, la Banque Leumi avait une participation importante chez Partner Communications, un concurrent ».

Une femme se tient devant un guichet automatique à Jérusalem (Crédit: Yonatan Sindel / Flash90)
Une femme se tient devant un guichet automatique à Jérusalem (Crédit: Yonatan Sindel / Flash90)

Est-ce légal ?

«  Ce n’est pas à moi de juger », a répondu Shorer en riant.

Ce qui est arrivé ensuite est que le soumissionnaire suivant, Michael Gelfand, a essayé d’obtenir un prêt auprès d’une banque israélienne et sa demande a également été rejetée. Golan était le troisième candidat. Le PDG de la compagnie, Michael Golan, est originaire de France et n’a pas besoin de financement israélien.

« Il est arrivé avec plusieurs valises remplies de billets de dollars et a obtenu la licence », a poursuivi Shorer. « Mais il ne l’a pas financé par le système bancaire israélien. S’il avait dû obtenir de l’argent en Israël, il n’y aurait pas eu de concurrence dans le marché du mobile ».

The Times of Israel a essayé à plusieurs reprises de contacter la banque Leumi pour obtenir une réponse, mais personne dans le bureau de son porte-parole n’a répondu au téléphone.

Shorer affirme qu’aux Etats-Unis, les banques ne disposent pas du même pouvoir de fermer de nouvelles entreprises.

« Aux États-Unis, il y a 20 000 banques ».

Des frais gonflés

En raison de l’absence de concurrence, les banques peuvent augmenter les taux et les frais autant qu’elles le veulent, déplore Shorer. Une grande partie de ces augmentations vont vers les salaires de la gestion.

« Les accords salariaux dans les banques sont tels que vous ne pourriez pas gagner plus, sauf si vous êtes un voleur. Par exemple, chaque année le salaire de chaque employé de banque doit être augmenté de 5 % en termes réels. L’inflation est de 1 % – de sorte que c’est une augmentation de 6 % chaque année à un moment où le salaire moyen stagne ou est en baisse ».

Une étude récente de la Banque d’Israël a constaté que 16 % des employés de banque (ou plus de 7 000 personnes) gagnent plus de 45 000 shekels par mois.

Que font-ils pour gagner autant d’argent ?

« Cela n’a pas d’importance ce qu’ils font. Il n’y a aucune connexion entre ce qu’ils font et ce qu’ils gagnent. La commission Trajtenberg et le département de recherche de la Knesset ont constaté que les banques israéliennes recueillent 8 milliards de shekels par an au-dessus de la moyenne de l’OCDE. Cela représente environ 3 000 shekels par famille.

« Si vous achetez une bouteille de Coca-Cola, une partie de ce que vous payez est destiné aux coûts de financement ».

Mais ce qui est encore pire, affirme Shorer, c’est que ces coûts sont supportés par les ménages et les petites entreprises.

« Teva [le géant pharmaceutique israélien], par exemple, peut obtenir des financements étrangers. Alors ils sont allés voir les grandes banques et ont dit, donnez-nous les mêmes conditions que nous avons à l’étranger. Ils ont raison de faire cela parce qu’ils ont des actionnaires ».

Donc, pour compenser le manque à gagner, les banques israéliennes pratiquent une discrimination de prix, a poursuivi Shorer. Les Israéliens ordinaires paient des frais et des taux d’intérêt plus élevés pour subventionner les grandes entreprises.

Pourquoi les prix du logement ne cessent d’augmenter ?

« Prenez le marché du logement, dit Shorer, tous les gouvernements disent que nous allons baisser les prix et pourtant le prix ne cesse d’augmenter. Comment cela se fait-il ? ».

Shorer dit que c’est parce que les banques ont un intérêt à ce que les prix des appartements soient à la hausse.

« Disons que, demain, le ministre des Finances devienne fou et répartisse toutes les terres gratuitement. Si vous obtenez la terre, que feriez-vous ? Vous me direz, je veux construire une maison. Vous allez à la banque et vous demandez un crédit. La banque va vous répondre : ‘suis-je fou ?’ Toute ma garantie est dans des appartements. Si je laisse les gens construire des maisons, les prix vont baisser. Si les prix baissent, je vais être en faillite ».

Est-ce que ce ne sont pas là des critères objectifs pour qui obtient un prêt et qui ne l’obtient pas ?

« Si vous vivez aux États-Unis, la notation au crédit est quelque chose que vous prenez pour acquis. En Israël, nous avons essayé pendant 40 ans de faire adopter une loi sur la notation au crédit et nous n’en avons pas parce que Moshe Pearl s’y oppose ».

Moshe Pearl est le PDG de l’Association des banques en Israël, l’organisation qui protège les intérêts des banques d’Israël. Pearl a refusé une demande pour une entrevue, communiquant par le biais d’un assistant, qui a répondu que « si cela est à propos de la banque coopérative, nous ne sommes pas intéressés ».

Moshe Pearl (Crédit: Flash90)
Moshe Pearl (Crédit: Flash90)

« Il dit que si nous avons une notation au crédit, cela va nuire aux faibles. Cela a-t-il un sens ? Quoi que vous pensiez du système américain, l’idée est de fournir autant d’outils que possible pour permettre à des personnes de confiance de faire des affaires. L’idée dans le système israélien est de faire tout son possible pour permettre aux gens indignes de confiance de faire des affaires en rendant impossible pour les personnes dignes de confiance de savoir qui n’est pas digne de confiance. Ils appellent cela protéger la vie privée d’un individu. C’est une blague ».

Les prochaines étapes pour Ofek

Un an après que Shorer a fondé Ofek, il a eu une réunion avec le ministre des Finances de l’époque, Yaïr Lapid.

« Cette banque va aider les ménages et les petites entreprises en accordant des crédits à un taux d’intérêt plus bas et des frais minimes », aurait dit Lapid à l’époque.

Shorer quant à lui, a dit de cette réunion : « je suis sorti de la réunion avec des larmes aux yeux à cause de toutes les merveilleuses promesses qu’il a faites. Mais il a dû changer son numéro de téléphone, car au bout d’un moment, il a cessé de répondre à mes appels. Les banques l’ont menacé ».

Ils l’ont menacé ?

Yaïr Lapid (à droite), le leader du parti Yesh Atid et  Moshe Kahlon (à gauche), à la tête du parti Kulanu (Crédit : Flash90 / Information Deuxième chaîne)
Yaïr Lapid (à droite), le leader du parti Yesh Atid et Moshe Kahlon (à gauche), à la tête du parti Kulanu (Crédit : Flash90 / Information Deuxième chaîne)

« Pas avec une arme à feu. Ils ont juste dit : ‘voulez-vous renverser une banque pendant votre mandat ? Si vous donnez à Doron une licence pour ouvrir une banque, il va baisser les prix et les banques vont commencer à perdre de l’argent. L’économie va se déstabiliser et les gens vont retirer l’argent des banques, et les étrangers vont cesser d’investir en Israël ».

Est-ce que le ministre des Finances Moshe Kahlon vous aide ?

« Il le souhaite mais il n’a pas assez de pouvoir ».

Un indice de l’opposition à Ofek et aux autres personnes qui veulent décentraliser le système bancaire est apparu dans une interview que la gouverneure Karnit Flug de la Banque d’Israël a accordée à la Deuxième chaîne à la fin du mois d’août.

« Je suis en faveur de la réforme du système financier, mais il est important de le faire tout en maintenant la stabilité et la protection des consommateurs. Je ne pense pas que nous voulons avoir une crise des ‘subprimes’ israélienne. Nous devons faire les choses de manière responsable ».

Le député Eli Cohen du parti Koulanou de Kahlon a déclaré au Times of Israel par le biais d’un porte-parole qu’il est convaincu que son parti sera en mesure de passer la réforme bancaire.

Le député Eli Cohen, Kulanu (Crédit : Autorisation)
Le député Eli Cohen, Kulanu (Crédit : Autorisation)

« Un de nos objectifs de la réforme est d’accroître la concurrence dans le système financier par les banques Internet. La banque coopérative [Ofek] fait partie de cela ».

Il existe trois grandes lois que Kahlon et Cohen ont essayé de faire passer pour atteindre cet objectif.

Tout d’abord, il y a une loi sur l’assurance-dépôts, qui assure que le gouvernement sauvegardera les dépôts, même dans les banques qui ont moins de 5 % de part de marché.

« Les gens ne veulent pas mettre leur argent dans une banque dont ils n’ont pas entendu parler. Mais si l’Etat garantit les dépôts, il donne à ces banques un avantage », a expliqué Cohen.

Une deuxième loi permettra à des organisations non bancaire d’accorder des crédits aux consommateurs, tandis qu’une troisième loi séparera la propriété des cartes de crédit des compagnies de celle des banques.

Les opposants sont calmes – pour le moment

Lorsqu’on lui demande qui s’oppose à ces réformes, Cohen ne mentionne pas Moshe Pearl ou l’Association des banques en Israël.

La nouvelle contrôleuse des banques d'Israël, Hedva Ber (Crédit : Facebook)
La nouvelle contrôleuse des banques d’Israël, Hedva Ber (Crédit : Facebook)

« Quand on arrivera à un vote, nous allons voir qui s’y oppose et quels seront leur arguments. À l’heure actuelle, il n’y a personne dans la coalition ou dans l’opposition qui diraient non à une concurrence accrue. Le Premier ministre le voit du même œil que Kahlon. Il y a une certaine opposition de la Banque d’Israël, qui est plus axée sur la stabilité de la concurrence. Ils disent que si nous laissons entrer ces petites banques, elles pourraient déstabiliser l’économie ».

Comment réagissez-vous lorsque Doron Shorer dit que Kahlon n’a pas assez de pouvoir ?

« Le pouvoir est dans l’adoption des lois. Nos chances sont très élevées. Bien sûr, il serait préférable de le faire en accord avec la Banque d’Israël, mais il y a eu, en fait, une percée depuis l’interview télévisée [de Flug] le mois dernier. La nouvelle contrôleuse des banques, Hedva Ber, a dit qu’elle nous soutient. C’est un énorme revirement dans leur politique ».

The Times of Israel a contacté au moins six experts bancaires pour tenter de présenter le point de vue des grandes banques sur les réformes proposées.

Au final, Dror Strum, un conseiller du ministre des Finances, Moshe Kahlon, a accepté de paraphraser ce qu’il pense que l’Association des banques en Israël aurait dit si quelqu’un de l’association avait accepté une interview.

Dror Strum (Crédit: Facebook)
Dror Strum (Crédit: Facebook)

« Le secteur bancaire affirme que lorsque vous comparez les banques israéliennes à des banques de la zone de l’OCDE et d’ailleurs, les prix en termes de frais et de taux d’intérêt ne sont pas élevés – en réalité, ils sont peu coûteux. Si les prix ici ne sont pas beaucoup plus élevés, alors pourquoi avez-vous besoin de réformes ? ».

La liste des vœux d’Ofek

Shorer dit que pour qu’Ofek puisse commencer à fonctionner, le gouvernement doit modifier la Loi sur les banques pour permettre à une coopérative de devenir une banque.

Au-delà, la Knesset devra adopter une loi sur l’assurance-dépôts et laisser les nouvelles banques utiliser une partie de l’infrastructure des banques existantes, comme leurs plates-forme de banques en ligne et leurs distributeurs automatiques.

Un membre d'Ofek tenant un enfant (Crédit : Facebook)
Un membre d’Ofek tenant un enfant (Crédit : Facebook)

« C’est comme avec la réforme cellulaire. Le gouvernement a laissé Golan utiliser l’infrastructure des entreprises existantes en premier ».

Et il y a aussi la loi sur la notation au crédit, sans laquelle les petites banques n’auront aucune idée du risque que représente un emprunteur potentiel.

« Une fois que ces choses arriveront, beaucoup de membres se joindront à notre banque. C’est le problème de la poule et de l’œuf parce que les gens disent nous allons voir si le gouvernement adopte les lois et ensuite nous vous rejoindrons, mais si plus de gens se joignaient à nous, nous aurions plus d’influence auprès du gouvernement ».

Un membre d'Ofek exhibant son certificat (Crédit : Facebook)
Un membre d’Ofek exhibant son certificat (Crédit : Facebook)

Un critique d’Ofek a déclaré au Times of Israel que « le prix d’une action est de 3 000 shekels. Je ne suis pas sûr qu’il y ait une masse critique de gens qui vont payer cela en pensant qu’un jour il peut y avoir une banque ».

Yehuda Talmon, le président d’Ofek, dit qu’Ofek ouvrira quoiqu’il advienne.

« Quelle que soit la loi que le gouvernement passera, il sera plus facile pour nous d’entrer sur le marché. Et même, nous ne céderons pas, nous allons entrer dans le marché et commencer à opérer dans l’espoir que le gouvernement et certainement le ministre des Finances comprenne que nous avons besoin d’avantages fiscaux, de l’assurance-dépôts et une loi sur la notation au crédit ».

Mais cela ne concerne pas seulement Ofek, explique Talmon.

« Ces lois assurent qu’il y a autant de nouveaux joueurs que possible. Nous nous félicitons de la concurrence. La dernière chose que nous recherchons est l’exclusivité ou un monopole ».

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