La coalition accusée d’imposer le confinement pour limiter les manifestations
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La coalition accusée d’imposer le confinement pour limiter les manifestations

L'opposition affirme que le cabinet a omis d'inclure une clause autorisant jusqu'à 10 personnes dans un bureau car cela aurait affaibli les mesures contre les rassemblements

Des manifestants agitent des drapeaux et scandent des slogans lors d'une manifestation contre une mesure proposée pour réduire les manifestations publiques pendant le confinement national actuel en raison de la pandémie de coronavirus, devant la Knesset, à Jérusalem, le 29 septembre 2020. (Sebastian Scheiner/AP)
Des manifestants agitent des drapeaux et scandent des slogans lors d'une manifestation contre une mesure proposée pour réduire les manifestations publiques pendant le confinement national actuel en raison de la pandémie de coronavirus, devant la Knesset, à Jérusalem, le 29 septembre 2020. (Sebastian Scheiner/AP)

Vendredi, des députés de l’opposition ont accusé la coalition de fermer les petits commerces pour justifier de nouvelles réglementations d’urgence donnant au gouvernement le pouvoir de limiter les manifestations contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Ces accusations ont été portées après que la commission de la constitution, de la loi et de la justice de la Knesset a autorisé, tard dans la nuit de jeudi à vendredi, les règlements d’urgence du gouvernement pour limiter les foules. Les nouvelles restrictions sont entrées en vigueur jeudi à minuit et dureront au moins jusqu’au 7 octobre.

Les nouvelles règles interdisent aux manifestants de se rassembler à plus d’un kilomètre de leur domicile et limitent les manifestations à des groupes de 20 personnes. La loi interdit également les prières à l’intérieur des synagogues et interdit aux gens de se rendre dans la soucca d’autrui pendant la fête de Souccot, qui a commencé vendredi soir.

Au cours de la session, la députée Yamina Ayelet Shaked, le député Yisrael Beytenu Oded Forer et d’autres ont déclaré avoir été choqués d’apprendre que les salariés de petits commerces étaient également inclus dans les rassemblements que les règlements d’urgence visaient à limiter.

La limitation sur ces petits commerces a été promulguée en dépit des règlements permettant à jusqu’à 10 personnes de se rassembler à l’intérieur d’un bâtiment, ce qui a profondément irrité les députés de l’opposition au sein de la commission.

La députée Yamina Ayelet Shaked à la Knesset lors de la présentation du 35e gouvernement d’Israël, le 17 mai 2020. (Knesset/Adina Veldman)

Shaked, ancienne ministre de la justice, a accusé les députés de la coalition de faire des propriétaires des petits commerces des boucs émissaires pour justifier les règlements d’urgence en vue de limiter les manifestations.

“Les petits commerces ne sont pas autorisées à fonctionner parce qu’il est clair qu’en cas contraire, cela aurait légitimé un ‘état d’urgence spécial’ permettant de limiter les manifestations », a déclaré Shaked lors de la réunion de la commission.

Alors que les partisans des restrictions disent qu’elles sont destinées à freiner la courbe ascendante des infections de coronavirus en Israël, les organisateurs impliqués dans le mouvement anti-Netanyahu ces trois derniers mois se sont vivement opposés aux nouvelles réglementations, affirmant qu’elles violaient leur liberté de manifester, et les députés de l’opposition ont accusé la coalition de biaiser les restrictions liées au COVID dans un effort de contrecarrer les manifestations.

Lors d’une interview sur la Douzième chaîne vendredi soir, le ministre de la sécurité publique Amir Ohana (Likud) a été invité à expliquer l’inclusion des petites entreprises dans la réglementation, tout en étant accusé de se concentrer de façon « obsessionnelle » sur les manifestations.

« Savez-vous qui s’occupe de façon obsessionnelle et constamment des manifestations ? Kakhol lavan », a répondu Ohana, sans aborder la décision prise par ses collègues lors de l’audition de la Knesset la veille.

Bien que le Likud et Kakhol lavan ont formé un gouvernement d’union, ils se sont régulièrement affrontés au cours des derniers mois au sujet des manifestations contre la corruption dont est accusé Netanyahu et la gestion de la pandémie par son gouvernement.

Les responsables du Likud ont affirmé que les rassemblements en plein air pouvaient propager le virus et ont pris des mesures pour les juguler, tandis que Kakhol lavan s’est opposé à une limitation trop large du droit démocratique.

Les deux parties ont convenu de promouvoir les réglementations d’urgence, avec le soutien de Kakhol lavan, apparemment peu désireux de déclencher un conflit sur la question des manifestations, qui aurait bloqué la mise en œuvre d’autres restrictions que les responsables de la santé jugent cruciales pour freiner le virus.

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