La coalition prône la « loi norvégienne » et pas d’augmentation aux indépendants
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La coalition prône la « loi norvégienne » et pas d’augmentation aux indépendants

Les membres de l'opposition s'en sont pris au gouvernement, le qualifiant d'“arrogant” et affirmant qu'il était revenu sur un accord dans une démarche "complètement folle"

La commission des arrangements de la Knesset se réunit en pleine crise du coronavirus pour approuver la séparation des factions Yesh Atid et Telem du parti centriste Kakhol lavan, le 29 mars 2020. (Knesset)
La commission des arrangements de la Knesset se réunit en pleine crise du coronavirus pour approuver la séparation des factions Yesh Atid et Telem du parti centriste Kakhol lavan, le 29 mars 2020. (Knesset)

La commission des Arrangements de la Knesset a approuvé mardi la préparation de la loi dite norvégienne qui doit être soumise au vote de la Knesset mercredi, tandis que la coalition a été accusée de ne pas tenir sa promesse de faire avancer en parallèle un projet de loi défendu par l’opposition.

La loi norvégienne permet à tout député qui est nommé à un poste ministériel de démissionner temporairement de la Knesset, permettant ainsi au candidat occupant la place suivante sur la liste du parti d’entrer au Parlement à sa place.

Une motion visant à organiser le vote plus tôt que prévu a été adoptée par 9 voix contre 5, tandis que l’opposition a accusé la coalition d’être revenue sur un accord selon lequel une autre loi serait également promue. Le site d’information Ynet a rapporté que pour accélérer le processus, la coalition avait conclu une entente avec l’opposition lundi pour permettre à cette dernière d’accélérer également un projet de loi.

L’opposition a choisi d’avancer une loi qui augmenterait les allocations chômage pour les travailleurs indépendants, les rendant égales à celles versées aux employés salariés.

Des travailleurs indépendants, des propriétaires de petites entreprises et des militants participent à un rassemblement réclamant le soutien financier du gouvernement israélien à Tel Aviv, le 2 mai 2020. (Miriam Alster/Flash90)

De nombreux travailleurs indépendants ont été durement touchés par les restrictions imposées pour contenir la propagation du coronavirus, et ont manifesté pour obtenir des indemnités plus élevées de la part du gouvernement.

Mais lorsque les membres de l’opposition sont arrivés à la réunion de la commission des arrangements mardi matin, ils ont vu que leur projet de loi avait été écarté de l’ordre du jour, selon le rapport.

Les représentants de la coalition leur ont demandé de s’expliquer : « Nous ne savions pas que c’était une patate chaude ».

Les députés de l’opposition se sont déchaînés contre le gouvernement à ce sujet.

« Une bande de gens déconnectés et arrogants », s’est emporté le leader de l’opposition Yair Lapid. « Ils ne connaissent pas et ne se soucient pas de la vie réelle des gens réels ».

« Ce qui est fait ici est complètement fou », a dénoncé Ofer Cassif de la Liste arabe unie. « Cette loi est dégradante et crache à la face du public en général et des travailleurs indépendants en particulier ».

La loi norvégienne est incluse dans l’accord de coalition signé le mois dernier entre le parti Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu et Kakhol lavan du ministre de la Défense Benny Gantz.

Elle est destinée à permettre aux membres les plus bas sur la piste d’un parti, qui n’ont pas réussi à entrer au Parlement lors des élections du 2 mars, de devenir députés.

Kakhol lavan a d’abord cherché à faire passer une « dérogation à la loi norvégienne », qui autoriserait les membres à entrer à la Knesset indépendamment de leur place initiale sur la liste. Cette loi visait à empêcher les membres de la faction Yesh Atid-Telem d’entrer au Parlement. Yesh Atid-Telem avait fusionné avec Kakhol lavan, mais avait quitté le navire après que Gantz a décidé de rejoindre un gouvernement d’union avec Netanyahu.

La Cour suprême a cependant déclaré que la dérogation présentée posait « d’importantes difficultés juridiques », indiquant qu’elle serait annulée si elle n’était pas modifiée.

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