Olmert va bénéficier d’une libération anticipée
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Olmert va bénéficier d’une libération anticipée

Chef du gouvernement de 2006 à 2009 et âgé de 71 ans, il est emprisonné depuis février 2016 et est le premier ex-Premier ministre israélien à purger une peine de prison

L'ancien Premier ministre Ehud Olmert à sa sortie de la prison de Ramle pour sa première permission depuis qu'il a commencé à purger sa peine de 18 mois en février 2016, le 11 juillet 2016. (Crédit : Avi Dishi/Flash90)
L'ancien Premier ministre Ehud Olmert à sa sortie de la prison de Ramle pour sa première permission depuis qu'il a commencé à purger sa peine de 18 mois en février 2016, le 11 juillet 2016. (Crédit : Avi Dishi/Flash90)

L’ancien Premier ministre israélien, Ehud Olmert, qui purge une peine de 27 mois de prison pour corruption, va bénéficier d’une libération anticipée, a indiqué son avocat jeudi.

« Le comité (de libération conditionnelle) a accepté tous nos arguments », a affirmé Me Shani Illouz à la radio publique israélienne.

« Olmert sera libéré dimanche », a-t-il précisé.

Le procureur d’État a annoncé que les procureurs ne feraient pas appel de la décision de libération conditionnelle anticipée de l’ancien premier ministre, Ehud Olmert.

Olmert, qui est emprisonné pour des faits de corruption, sera libéré de la prison de Maasiyahu dimanche.

Le bureau du procureur de l’Etat semblait opposé à une possible libération suite à la divulgation présumée par Olmert d’informations sensibles dans les mémoires qu’il est en train d’écrire.

Il avait indiqué que le livre qu’Olmert est en train de rédiger contenait des « questions sécuritaires sensibles » et que son avocat a été pincé alors qu’il quittait la prison en possession d’un chapitre sur des « opérations secrètes » qui n’avait pas été approuvé à la publication par la censure.

Les procureurs ont demandé à la police d’ouvrir une enquête criminelle sur le dossier et ont affirmé qu’il serait inapproprié de réfléchir à une quelconque remise en liberté anticipée jusqu’à la fin de l’enquête et qu’il était clair qu’Olmert avait pu s’engager dans une activité illégale.

Olmert, pour sa part, a nié avoir commis une action répréhensible.

La police avait perquisitionné la maison d’édition Yedioth Books et la maison de Yehuda Yaari, qui publie les mémoires d’Olmert au nom de l’éditeur, suite à cet incident.

Un proche d’Olmert a déclaré mercredi au site Ynet que l’ancien Premier ministre et maire de Jérusalem « a été choqué » par le positionnement adopté par les procureurs. Il serait convaincu « qu’il s’agit d’une affaire personnelle contre lui ».

Cette source a ajouté qu’Olmert était très tendu à la perspective de cette audience.

« Il espère être libéré bientôt et être en mesure de retourner vers ses enfants et ses petits-enfants. C’est tout ce qui l’intéresse actuellement. Il n’a aucun programme immédiat au lendemain [de sa libération] et toute son énergie est concentrée sur… sa libération de prison. Il estime, à juste titre, qu’il ne mérite pas d’y rester un jour de plus », avait dit ce proche d’Olmert.

Le ministre de la Protection de l’Environnement, Zeev Elkin, a salué la décision en déclarant qu’Olmert a « payé sa dette à la société et quiconque à sa place aurait été libéré il y a longtemps ».

Elkin a dénoncé « le désir du procureur de faire appel et de retarder la libération immédiate sans même étudier la décision en profondeur, semble être une persécution personnelle d’un homme qui a fait une grande contribution à Israël ».

La députée de l’Union sioniste, Tzipi Livni, qui a été ministre des Affaires étrangères sous Olmert avant sa démission en 2009, s’est félicitée de la décision de le libérer de manière anticipée en déclarant que cela « convenait ».

Le député Yoel Hasson a déclaré que c’était « une décision correcte, légalement et personnellement, et je pense aussi pour le peuple ».

La députée de l’Union sioniste, Shelly Yachimovitch, a tweeté : « Je ne m’oppose pas et je ne souhaite pas la libération d’Olmert. Oui, l’attention obsessionnelle sur le sort amère d’un criminel de l’élite [sociale] m’ennuie quand il y a beaucoup de criminels en prison ».

Illouz a déclaré qu’« Il [le conseil] a statué que s’il n’y avait pas de négligence, cela ne devrait pas être imposé au prisonnier, mais que le service des prisonniers devrait de s’examiner », a-t-elle déclaré.

Si sa libération conditionnelle est accordée, il quittera la prison de Maasiyahu dimanche après avoir effectué les deux-tiers de sa condamnation. La loi autorise les autorités à réduire les condamnations d’un tiers pour bonne conduite.

Au début de la semaine, l’ancien Premier ministre est sorti de l’hôpital Tel Hashomer après y avoir été pris en charge pour des douleurs à la poitrine ressenties la semaine auparavant. Il est sorti mardi de l’établissement avec des instructions de soins, deux jours seulement avant l’audience attendue.

Après qu’une photo d’Olmert dans une blouse d’hôpital, mangeant avec des couverts en plastique, a été diffusée vendredi dernier, le ministre des Finances Moshe Kahlon et le ministre de l’Education Naftali Bennett ont estimé qu’il était temps qu’il soit libéré de prison.

« Comme tout le monde en Israël, j’ai vu la photo d’Ehud Olmert à l’hôpital et j’ai eu un choc », a tweeté Kahlon dimanche. « Olmert a été jugé et a purgé sa peine au mieux et il ne devrait être ni humilié, ni avili au-delà de cela. Personne ne met en doute… de nombreuses années de contributions formidables apportées à la sécurité d’Israël. Le moment est venu de rendre Ehud Olmert à sa famille ».

Bennett a lui aussi déclaré que le moment était venu de libérer Olmert. « C’est aussi une personnalité qui, avec toutes les différences politiques qui existent entre nous, a très certainement amené une contribution profonde à la sécurité de notre pays… lorsqu’il occupait le poste de Premier ministre », a-t-il dit.

Olmert a été l’un des huit responsables et hommes d’affaires condamnés au mois de mars 2014 dans l’affaire de corruption immobilière dite de la Terre sainte, qui aurait été l’un des plus grands dossiers de pots-de-vins de l’Histoire d’Israël.

Au mois de septembre 2016, il avait été condamné à huit ans d’emprisonnement supplémentaires dans l’affaire dite Talansky. Dans ce dossier, un tribunal avait maintenu une condamnation énoncée en 2015 lorsqu’il avait été reconnu coupable d’avoir accepté pendant une décennie des enveloppes remplies de liquidités de la part de l’homme d’affaire américain et collecteur de fonds Morris Talansky, en échange de faveurs politiques qu’il lui aurait accordés alors qu’il était maire de 1993 à 2003.

Le Service des prisons avait adapté une aile de la prison Maasiyahu à Ramle pour accueillir Olmert, le premier Premier ministre a écoper d’une peine d’incarcération, en l’hébergeant dans un complexe partagé seulement par d’autres condamnés minutieusement choisis.

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