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La communauté juive américaine s’attaque à la toxicomanie et à la stigmatisation

Un symposium de 2 jours est organisé par la communauté pour combattre ce fléau et comprend une formation au Narcan, des discussions et le rôle du judaïsme dans le traitement

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Pilules de 5 mg d'oxycodone, le 17 juin 2019. Illustration (Crédit : Keith Srakocic/AP)
Pilules de 5 mg d'oxycodone, le 17 juin 2019. Illustration (Crédit : Keith Srakocic/AP)

Un symposium en ligne consacré à la lutte contre la consommation de drogues et la toxicomanie dans les communautés juives américaines a débuté mardi. La stigmatisation de ce problème serait un obstacle aux soins, selon les professionnels et les prestataires de soins de santé.

L’événement de deux jours comprendra des cours et des discussions sur la toxicomanie, la guérison ainsi qu’une formation à la prévention d’overdoses. L’objectif de cet événement est de sensibiliser les membres de la communauté juive et d’autres personnes aux différentes manières d’être soutenus et de recevoir un traitement pour des problèmes de dépendance.

« La stigmatisation est très forte dans la communauté juive, et nous essayons de la réduire en proposant différentes formes d’interventions et de traitements », a déclaré Reuben Rotman, directeur du Network of Jewish Human Service Agencies. « Nous voulions simplement attirer l’attention sur le fait que si vous, un membre de votre famille ou une personne avec laquelle vous travaillez souffre d’addiction, des ressources sont disponibles dans la communauté. »

Les spécialistes qui participent à l’événement comprennent des coordinateurs en matière de toxicomanie au sein d’organismes de services sociaux, des travailleurs sociaux, des professionnels de l’éducation, des conseillers, des psychologues et des spécialistes de la toxicomanie.

Plus de 100 professionnels et dirigeants communautaires se sont inscrits, dont des travailleurs sociaux, des rabbins, des enseignants, des bénévoles et des membres de conseils communautaires. Les participants viennent de diverses communautés d’Amérique du Nord.

Le symposium est organisé par le Network of Jewish Human Service Agencies, une association regroupant plus de 150 organisations à but non lucratif aux États-Unis, au Canada et en Israël, et par le Jewish Addiction Awareness Network. C’est le premier événement de ce type qu’ils organisent et il donnera probablement lieu à d’autres événements et discussions, a déclaré Rotman.

« C’est la façon de donner le coup d’envoi de ce qui, je pense, se traduira par un engagement et un intérêt plus approfondis », a-t-il déclaré.

Une formation, dirigée par un ancien héroïnomane, explique aux participants comment administrer le Narcan, un traitement de prévention des overdoses. Ce spray nasal permet d’inverser les overdoses d’opiacés et est préconisé dans le cadre du programme de réduction des risques, qui vise à réduire les dommages causés par les drogues plutôt qu’à éliminer complètement leur consommation. Le Narcan est couramment utilisé par les premiers intervenants.

Le principe juif de « pikouah nefesh », selon lequel sauver une vie l’emporte sur presque toutes les autres exigences religieuses, est enseignée durant cette formation.

Une autre discussion portera sur les moyens d’établir des connections entre les usagers en voie de rétablissement et le marché de l’emploi, et l’importance d’un emploi pour le rétablissement et la santé mentale, tandis qu’une autre portera sur le rôle du judaïsme et de la famille dans le rétablissement.

La deuxième journée du symposium aura lieu mardi prochain, le 31 janvier.

Plus de 40 millions d’Américains souffrent actuellement de dépendance à une substance, selon l‘enquête nationale de 2020 sur la consommation de drogues et la santé.

L’épidémie d’overdoses d’opioïdes a été particulièrement dévastatrice ces dernières années. Cette crise de toxicomanie, la plus meurtrière de l’histoire des États-Unis, a fait plus de 107 000 victimes américaines en 2021, et au moins 932 000 personnes sont mortes depuis 1999.

Les overdoses, principalement dues au fentanyl, sont devenues la principale cause de décès des Américains âgés de 18 à 45 ans en 2021, dépassant le suicide, le COVID, la violence armée et les accidents de voiture.

Les usagers, les activistes et les prestataires de traitement juifs ont déclaré que, comme tout comme les autres communautés, la communauté juive n’a pas été épargnée par la crise, mais qu’elle faisait face à des défis spécifiques, dont une stigmatisation particulièrement impitoyable de la toxicomanie et un manque de sensibilisation.

De nombreux programmes de désintoxication américains comportent des thèmes chrétiens ou sont organisés dans des églises, ce qui, pour certains Juifs, rend la participation à ces groupes gênant, selon les prestataires de soins.

Les données sur la consommation de drogues juives ne sont pas fiables, car les sources officielles ne recensent pas la religion, et de nombreux membres de la communauté cachent leurs abus. Amudim, une organisation de services sociaux à New York, a enregistré plus de 2 100 cas d’opioïdes depuis 2014. Une enquête de l’UJA-Federation of New York sur l’impact du COVID sur les Juifs de New York et de sa banlieue a révélé que 10 % des ménages juifs ont déclaré avoir un problème de toxicomanie. Neuf sur 10 de ces ménages ont déclaré ne pas chercher d’aide pour ce problème.

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