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La diplomate en chef suédoise blâme l’AP pour la « corruption en Palestine »

Des accusations de népotisme et de corruption pèsent depuis très longtemps sur les fonctionnaires de Ramallah et ont parfois déclenché des manifestations éparses

La ministre suédoise des Affaires étrangères, Ann Linde, rencontre le Premier ministre de l'Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh, à Ramallah, le 19 octobre 2021. (Crédit)
La ministre suédoise des Affaires étrangères, Ann Linde, rencontre le Premier ministre de l'Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh, à Ramallah, le 19 octobre 2021. (Crédit)

La ministre suédoise des Affaires étrangères, Ann Linde, a critiqué la corruption présumée au sein de l’Autorité palestinienne (AP), à la suite d’une réunion avec les dirigeants de l’AP à Ramallah, mardi, après sa récente visite en Israël.

Linde a exprimé des hésitations quant à l’aide économique suédoise aux Palestiniens, affirmant que la corruption généralisée entravait le soutien suédois. Cette rare réprimande marque une rupture avec le soutien de longue date de la Suède aux Palestiniens.

« Si nous voulons être en mesure de soutenir complètement le développement économique, nous ne pouvons évidemment pas avoir un niveau de corruption tel qu’il existe en Palestine », a déclaré Linde au radiodiffuseur public suédois mardi, avant ses réunions avec des responsables à Ramallah.

Des accusations de népotisme et de corruption pèsent depuis très longtemps sur les fonctionnaires de Ramallah et ont parfois déclenché des manifestations éparses contre l’Autorité palestinienne, souvent réprimées. Selon un récent sondage du Palestinian Center for Polling and Survey Research, environ 83 % des Palestiniens estiment que les institutions de l’Autorité palestinienne sont corrompues.

La ministre suédoise des Affaires étrangères, Ann Linde, rencontre le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à Ramallah, le 19 octobre 2021. (Crédit: WAFA)

Linde a rencontré le président de l’AP, Mahmoud Abbas, le Premier ministre, Mohammad Shtayyeh, et son homologue, Riyad al-Malki, lors de sa visite rapide dans la région mardi.

« Linde a souligné que la Suède continuerait à soutenir le peuple palestinien pour construire les institutions de l’État palestinien », a déclaré le bureau d’Abbas dans un communiqué à la suite de la réunion.

Le plan de financement actuel du gouvernement suédois alloue environ 180 millions de dollars d’aide au développement aux Palestiniens entre 2020 et 2024. La Suède a également financé des millions en soutien budgétaire direct à Ramallah par le biais de l’Union européenne, le plus grand donateur unique de l’AP.

« Nous sommes fiers de notre relation avec la Suède, qu’elle soit bilatérale ou dans le cadre de l’Union européenne. Nous espérons qu’elle servira de modèle pour le reste de l’Europe », a déclaré Shtayyeh dans une déclaration à l’issue de la réunion.

Ann Linde a également rencontré plus tôt le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, lors de la première visite en Israël d’un ministre des Affaires étrangères suédois en une décennie.

Les commentaires de Linde sur la corruption palestinienne ont largement circulé dans les médias palestiniens, notamment sur les sites d’information affiliés au groupe terroriste Hamas.

Le collaborateur de longue date d’Abbas, Ahmad Majdalani, qui occupe actuellement le poste de ministre des Affaires sociales, a affirmé que ces déclarations avaient été fabriquées par les médias affiliés au Hamas, bien qu’elles aient été diffusées par le radiodiffuseur financé par le gouvernement suédois.

« Ann Linde est notre amie personnelle, et membre de longue date du parti social-démocrate, qui sont nos camarades et partenaires au sein de l’Internationale socialiste… il est impossible qu’elle fasse une telle déclaration », a déclaré Majdalani au réseau palestinien indépendant Wattan.

Les donateurs internationaux sont de plus en plus frustrés par l’impasse du conflit israélo-palestinien et critiquent plus ouvertement ce que certains observateurs considèrent comme une AP corrompue et autoritaire.

Un porte-parole du ministère suédois des Affaires étrangères n’a pas répondu aux demandes de commentaires.

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