La famille de l’officier du renseignement mort en prison en quête de réponses
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La famille de l’officier du renseignement mort en prison en quête de réponses

Un père exprime sa colère à l'égard de l'armée pour la mort de son fils, qui "dans des circonstances peu claires, a commis des actes inexpliqués", avant de mourir en détention

La tombe d'un soldat israélien mort en prison dans des circonstances peu claires. (Capture d'écran Kan)
La tombe d'un soldat israélien mort en prison dans des circonstances peu claires. (Capture d'écran Kan)

La famille d’un officier du renseignement décédé dans des circonstances peu claires dans une prison militaire a commémoré le 30e jour de son décès par un office commémoratif vendredi, et a accusé l’armée de l’avoir « assassiné ».

« Nous avons essayé de reconstituer ce qui t’est arrivé – le soldat talentueux et ambitieux qui s’est retrouvé impitoyablement piétiné par un système militaire. Notre enfant a été assassiné, et de temps en temps, sa bonne réputation est également assassinée par certaines rumeurs alors que rien n’a été prouvé lors du procès », a déclaré le père du soldat lors de la cérémonie.

Le soldat se trouvait dans une prison militaire au moment de sa mort car il était accusé de graves infractions à la sécurité nationale, dont la nature précise fait l’objet d’un embargo, ainsi que son identité.

« Je me demandais ce que pourrait figurer sur la pierre tombale d’un fils », a déclaré le père. « J’ai décidé de partager avec vous nos sentiments, des sentiments de douleur, de colère et de déception. Douleur pour cette grande [opportunité] manquée, la nôtre en tant que famille qui t’a perdu, de la société qui a perdu un talent rare et peut-être aussi de l’armée », a-t-il poursuivi.

Le soldat a été arrêté l’année dernière et mis en examen en septembre. Il n’avait pas encore été condamné, mais était détenu en prison alors que ses avocats et les procureurs militaires négociaient un éventuel accord de plaidoyer. Dans la nuit du 16 mai, il a été retrouvé dans un état grave dans sa cellule et a été transporté à l’hôpital, où son décès a été constaté quelques heures plus tard.

« J’éprouve de la colère envers nous-mêmes parce que nous avons dormi tranquillement en croyant à tort que tu étais protégé en prison, de la colère parce que nous ne savions pas qu’avant de mourir, tu avais eu deux problèmes de santé en prison et que nous avions continué à dormir tranquillement, de la colère envers une armée qui a reçu un soldat en bonne santé qui se dévouait pour son unité, de l’aube jusqu’à tard dans la nuit, et qui, dans des circonstances peu claires, a commis des actes inexpliqués », a déclaré le père vendredi.

Les procureurs militaires avaient envisagé de requérir une peine de 10 ans pour le soldat, selon les rapports.

Le soldat n’a pas eu droit à un enterrement militaire, car il avait déjà été démobilisé lors de son arrestation. Toutefois, le commandant de l’unité de l’officier décédé et l’officier chargé de l’assistance aux blessés ont assisté au service commémoratif marquant le 30e jour de son décès, a rapporté le radiodiffuseur public Kan.

La semaine dernière, le chef d’état-major Aviv Kohavi a défendu la décision de l’armée d’imposer un embargo strict sur la mort du soldat, affirmant qu’il était nécessaire de protéger à la fois le pays et la vie privée du militaire. Kohavi a déclaré que le soldat avait failli causer des dommages à un secret d’État, mais que ces dommages avaient été évités à la dernière minute.

L’armée a déclaré que l’officier travaillait seul et qu’il n’avait pas agi pour le compte d’un gouvernement étranger, pour un gain financier ou par idéologie, mais pour des « motivations personnelles » non précisées.

Bien qu’une autopsie ait été pratiquée – en présence d’un médecin représentant la famille – aucune cause officielle de la mort n’a encore été déterminée, selon l’armée, bien que les responsables militaires aient indiqué qu’il s’agissait apparemment d’un suicide. Les proches du soldat ont exprimé des doutes quant à sa mort par suicide.

Une autopsie du corps du soldat a révélé des traces d’antidépresseurs dans son sang, a rapporté la Treizième chaîne jeudi.

Selon l’armée, le soldat avait bénéficié de l’aide d’un avocat militaire de haut rang qui avait accès à toutes les informations concernant les accusations portées contre lui. Les audiences contre lui se sont tenues à huis clos, bien que des membres de sa famille aient été autorisés à être présents pendant certaines parties du procès, a déclaré l’armée.

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