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La gauche horrifiée par son score, Michaeli pointée du doigt

Esawi Frej, ministre du Meretz, déclare que ce sont "les délires de grandeur" de Merav Michaeli qui sont à l'origine de l'effondrement du centre-gauche

Des partisans du parti Meretz réagissent à l'annonce des résultats des élections israéliennes, à Jérusalem, le 1er novembre 2022. (Crédit : Flash90)
Des partisans du parti Meretz réagissent à l'annonce des résultats des élections israéliennes, à Jérusalem, le 1er novembre 2022. (Crédit : Flash90)

Les politiciens ont réagi avec effroi et stupéfaction, mercredi, à la victoire électorale décisive du bloc de Netanyahu, formé de partis de droite et religieux, lors des élections générales, exprimant leur inquiétude extrême face à la nouvelle forte influence du parti d’extrême-droite HaTzionout HaDatit, une influence qui pèsera probablement dans le prochain gouvernement.

Et les récriminations au sein des partis de gauche ont aussi commencé suite à ces performances médiocres dans le scrutin. Le ministre de la Coopération régionale élu sous l’étiquette du Meretz, Issawi Frej, a ainsi attribué la responsabilité de cet échec à la cheffe de la formation Avoda, la ministre des Transports Merav Michaeli, rappelant son refus de procéder à une union des deux factions.

Michaeli avait refusé avec force toute perspective d’union sur une même liste électorale entre sa formation et le Meretz, répétant que les deux factions seraient en capacité de franchir le seuil électoral en se présentant séparément.

Alors qu’environ 86 % des votes ont été dépouillés, Avoda devrait gagner seulement quatre sièges – il en avait remporté sept lors du dernier scrutin. Mais il semble que Meretz ne franchira pas le seuil électoral et qu’il perdra par conséquent toute représentation au Parlement.

« Michaeli a des délires de grandeur. Elle rêve d’être Yitzhak Rabin, » a déclaré Frej au micro de la Radio militaire, mercredi matin.

« Une erreur a été commise, l’ego a joué un rôle et on paie toujours le prix de l’ego », a continué Frej, devenu le second ministre musulman siégeant au cabinet de toute l’Histoire d’Israël grâce au gouvernement sortant.

Le ministre de la Coopération régionale Issawi Frej participe à une réunion de la faction Meretz à la Knesset, le 28 février 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre avait déjà fait part, dans la matinée, de sa préoccupation face à la démonstration de force du parti HaTzionout HaDatit, écrivant sur Twitter que les quatorze sièges que la formation d’extrême-droite a très probablement remportés étaient « quatorze sièges fruits de la haine des Arabes ».

« Le troisième parti le plus important à la Knesset est un parti raciste, kahaniste et violent qui ne veut pas que moi ou mes enfants puissions être ici. Ce n’est plus une pente glissante. Nous sommes dans l’abysse », avait-il ajouté dans son post.

S’exprimant plus tôt dans la matinée devant les journalistes de la radio militaire, Yaya Fink, candidat de la faction Avoda, a reconnu que la décision prise de ne pas unir le Meretz et les Travaillistes avait été un facteur majeur dans le succès remporté par le bloc de droite et religieux.

« Il semble rétrospectivement que ça ait été une erreur », a-t-il commenté, ajoutant que « la dirigeante du parti a pris une décision et nous nous sommes tous placés à ses côtés ».

Les partisans du parti Avoda lors de l’annonce des résultats des élections israéliennes à Tel Aviv, le 1er novembre 2022. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Quand l’ampleur de l’effondrement de la gauche était clairement apparu, mercredi matin, Fink avait publié un post au ton plus optimiste sur Twitter, notant que « chaque échec est aussi une nouvelle possibilité » et que « nous devons reconstruire la gauche sioniste à partir de zéro ».

Mossi Raz, député du Meretz, a refusé de désigner un coupable à l’origine de cette contre-performance, préférant dire que « face à l’obscurantisme et au racisme, au kahanisme et aux incitations, nous n’avons pas l’opportunité de céder au désespoir ».

Yariv Oppenheimer, candidat sur la liste du Meretz et ancien leader de l’organisation La Paix Maintenant, a pour sa part comparé l’échec électoral de la gauche à l’assassinat de feu le Premier ministre Rabin, écrivant sur Twitter : « Sommes-nous dans la matinée du 2 novembre ? Ou du 4 novembre », en référence à la date à laquelle Rabin avait été tué.

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