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La Gay Pride de Mitzpe Ramon empruntera son itinéraire initialement prévu

Il aura fallu l'intervention de la Cour Suprême pour trancher en faveur de cette décision, en dépit de l'organisation d'une contre-manifestation

Participants au tout premier défilé de la Gay Pride à Mitzpe Ramon, le 2 juillet 2021. (Crédit : Flash90)
Participants au tout premier défilé de la Gay Pride à Mitzpe Ramon, le 2 juillet 2021. (Crédit : Flash90)

La Gay Pride de Mitzpe Ramon aura finalement lieu sur l’itinéraire initialement prévu, après le retrait du veto de la police, suite à la décision de Cour Suprême.

Le défilé, prévu vendredi, passera bien devant la yeshivat hesder Midbara K’Eden  et le lycée religieux, situés dans le centre-ville, comme autorisé à l’origine par la police.

La semaine passée, cependant, la police avait informé les organisateurs que le défilé serait dévié vers la périphérie de la ville par crainte « d’atteintes graves à la sécurité et à l’ordre publics ».

Midbara K’Eden, qui avait demandé l’autorisation d’organiser une contre-manifestation, avait en revanche été autorisé à défiler sur l’itinéraire initial de la Gay Pride.

Dans la requête adressée à la Cour, les groupes de défense des droits avaient estimé que la décision de modifier le parcours du défilé en raison de la contre-manifestation était « incompatible avec le bon sens et la loi ».

« Il n’y a pas de chevauchement physique réel entre le parcours d’origine du défilé et la yeshiva », a déclaré le magistrat Uzi Vogelman au début de la procédure, a fait savoir Haaretz. « Il n’y a pas à proprement parler de pénétration dans un secteur hostile ».

Lors d’une rencontre avec les responsables de la police de Dimona, qui est en charge de Mitzpe Ramon et de ses environs, la faculté de Midbara K’Eden avait fait savoir qu’elle autoriserait ses étudiants à contre-manifester et qu’elle n’aurait « aucun contrôle sur eux » et sur leurs éventuelles actions, a indiqué Ynet.

Le juge Uzi Vogelman à la Cour suprême de Jérusalem, le 4 juin 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Ynet a aussi expliqué que les étudiants et les rabbins de l’école religieuse avaient le sentiment que les membres de la communauté LGBT avaient l’intention « d’assassiner leur rabbin », selon le commandant de la police locale Moshe Zrihan. Les membres de la communauté religieuse ont aussi dit aux membres des forces de l’ordre que Bentzi Gopstein, qui dirige le groupe d’extrême-droite Lehava, devait venir lors de la contre-manifestation, a noté le site d’information.

Quand ces déclarations et d’autres ont été évoquées lors de la procédure judiciaire, la juge Barak Erez a répondu : « Mais quel est le message ici ? Ce sont ces expressions extrêmes qui obligeraient donc la marche des Fiertés à changer d’itinéraire. Il ne faudrait pas donner l’impression que tenir des propos extrêmes paie et entraîne le résultat recherché » a-t-elle dit.

Barak Erez a recommandé que la police « fasse son travail d’abord » avant de lancer des appels à changer le parcours du défilé parce que des menaces ont été proférées.

Be Free Israel, l’une des ONGs ayant pris part à cette plainte, a salué sur Facebook le rejet de la demande de la police, disant que cette décision démontre « que ce ne sont pas un rabbin extrémiste et une poignée d’homophobes violents qui décideront de l’ordre du jour en repoussant le défilé hors des regards, que ce soit à Mitzpe [Ramon] ou n’importe où ailleurs dans le pays. »

Des participants à la première Marche des Fiertés de Mitzpe Ramon, le 3 juillet 2021. (Crédit : Flash90)

Le groupe Association for LGBT Individuals en Israël a aussi fait part de sa joie. « C’est une nouvelle formidable pour notre liberté d’être qui nous sommes, pour notre liberté de nous exprimer là où nous sommes. Nous ne devons permettre à personne de nous exclure et de nous repousser à la marge à cause d’extrémistes auxquels la police refuse de s’attaquer », a écrit l’organisation sur les réseaux sociaux.

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