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La livre libanaise plonge après une mesure de la Banque centrale

Le nouveau taux annoncé équivaut à reconnaître la dévaluation de la livre, ce qui aura un impact immédiat sur le marché noir et les prix des biens et services vont encore augmenter

Des personnes échangent des billets en livres libanaises et en dollars américains sur le marché noir à Beyrouth, la capitale du Liban, le 18 juin 2020. (Crédit : JOSEPH EID / AFP)
Des personnes échangent des billets en livres libanaises et en dollars américains sur le marché noir à Beyrouth, la capitale du Liban, le 18 juin 2020. (Crédit : JOSEPH EID / AFP)

La livre libanaise a plongé jeudi sur le marché noir après l’annonce par la Banque centrale d’une forte augmentation de la valeur des dépôts en dollars américains coincés en banque.

« La Banque du Liban (…) a décidé de relever le taux de change du dollar américain de 3 900 à 8 000 livres libanaises, » indique la Banque centrale dans un communiqué.

Si cette mesure semble favoriser les épargnants en dollars à court terme, le nouveau taux annoncé par la Banque centrale équivaut à reconnaître la dévaluation de la livre. Cela aura un impact immédiat sur le marché noir qui sert de référence à la fixation de la plupart des prix car la monnaie locale va encore dégringoler. En conséquence, les prix des biens et services vont encore augmenter.

Fixée officiellement depuis 1997 au taux de 1 500 livres pour un dollar, la monnaie nationale a déjà perdu plus de 90 % de sa valeur sur le marché. Jeudi soir, elle s’y échangeait à plus de 25 500 livres libanaises pour un dollar, se rapprochant de son record de novembre.

Selon des experts, la mesure de la Banque centrale risque d’aggraver la situation économique sans précédent du pays.

Des personnes passent devant des guichets automatiques hors service dans une banque fermée dans la capitale libanaise, Beyrouth, le 12 novembre 2019. (Crédit : Hassan Ammar/AP)

La Banque du Liban « continue de prendre des mesures unilatérales et palliatives. On ne fait que répéter la même chose », a déclaré à l’AFP l’analyste Henri Chaoul en référence à la multiplication des taux de change.

L’analyste Mike Azar a estimé de son côté que cette mesure « entraînerait davantage de pertes pour la Banque centrale et, par définition, plus de dévaluation de la livre libanaise et plus d’inflation ».

Les dépôts en banque des épargnants en devises étrangères ne peuvent plus être retirés depuis le début de la profonde crise économique et financière qui frappe le Liban depuis deux ans.

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