La lumière UV peut contribuer à protéger contre les virus – scientifiques
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La lumière UV peut contribuer à protéger contre les virus – scientifiques

Les bureaux, les écoles et les hôpitaux du monde entier devraient s'équiper de lampes à ultraviolets qui nettoient l'air et désinfectent les pièces, estime une équipe de recherche

Rendu 3D d'une pièce avec de la lumière ultraviolette (iStock)
Rendu 3D d'une pièce avec de la lumière ultraviolette (iStock)

Les lumières ultraviolettes devraient être utilisées pour rendre les bureaux et les écoles auto-désinfectants, et le matériel nécessaire ne pourrait coûter qu’un euro par employé ou étudiant, affirme une équipe de recherche internationale.

Le physicien quantique Ido Kaminer, basé à Haïfa et travaillant avec des collègues européens, a évalué l’efficacité des lampes ultraviolettes, dont certains pays se sont emparés comme méthode de désinfection, et les a trouvées très efficaces.

Compte tenu de la pandémie, les lumières sont bien adaptées à « un déploiement rapide, généralisé et économiquement viable », écrivent-ils, appelant à une poussée massive des gouvernements et des autorités sanitaires du monde entier pour les banaliser.

« Le potentiel des lampes à ultraviolets n’est pas nouveau, mais il n’est pas suffisamment exploré dans le cadre de la pandémie, et elles constituent une excellente option pour contribuer à relancer les économies tout en rendant les bureaux et les écoles sûrs, et également à rendre les hôpitaux plus propres », indique M. Kaminer au Times of Israel. « C’est pour cela que nous avons écrit notre article ».

Une image illustrant l’utilisation des rayons UV pour la désinfection, créée par Garcia de Abajo, un collègue d’Ido Kaminer faisant des recherches sur les ultraviolets. (Autorisation : Garcia de Abajo)

Il explique : « Notre équipe a examiné un grand nombre de solutions qui sont proposées pour rouvrir les économies tout en évitant les secondes vagues, comme les méthodes de nettoyage chimique et les revêtements antimicrobiens, et les UV sont les meilleurs en termes de rapidité de déploiement à grande échelle, et de prix d’installation ».

M. Kaminer a travaillé avec des chercheurs d’universités espagnoles et britanniques pour examiner le comportement de la lumière UVC et passer en revue les recherches existantes afin d’évaluer son aptitude à éliminer le coronavirus. L’équipe comprenait un spécialiste de l’optique, un épidémiologiste, un architecte et un biologiste des virus, et vient de publier ses conclusions dans la revue ACS Nano de l’American Chemical Society.

Oded Shoseyov, professeur à la faculté d’agriculture, d’alimentation et d’environnement de l’université hébraïque de Jérusalem, souligne que si l’UV est déjà utilisé dans certains endroits, le document est « important », car il met en évidence son potentiel pour la pandémie. M. Shoseyov, qui n’a pas pris part à la recherche, considère qu’il met en avant une « bonne idée » et « montre que les UV peuvent être installés à grande échelle et dans les lieux publics ».

Un agent de nettoyage désinfecte une salle de classe du lycée Gymnasia Rehavia à Jérusalem, le 3 juin 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les chercheurs écrivent que la distanciation sociale, le port du masque et le lavage des mains fonctionnent bien pour ralentir la propagation du coronavirus, mais « dans les espaces intérieurs, tels que les bureaux, les salles de classe, les établissements de santé et les véhicules de transport public partagés, ces méthodes peuvent ne pas réduire les taux de transmission virale à un niveau suffisamment bas pour empêcher la croissance exponentielle de la pandémie ».

La lumière UVC a une longueur d’onde plus courte que la plupart des autres rayons ultraviolets. Elle a été découverte en 1878, et a été produite artificiellement comme méthode de stérilisation pendant des années, bien qu’elle soit utilisée avec prudence, car elle peut être nocive pour la peau.

Le professeur Ido Kaminer du Technion – Institut israélien de Technologie (Crédit : (Nitzan Zohar, bureau du porte-parole du Technion)

M. Kaminer estime que les dirigeants doivent investir dans l’intégration des lampes UVC aux systèmes technologiques qui font fonctionner les bâtiments et les transports publics, et inciter les entreprises à faire de même sur leur lieu de travail. Il souligne que cela produira d’autres effets positifs après la pandémie de coronavirus, car ils permettront de désinfecter des espaces contre d’autres virus et bactéries.

Lorsque les bâtiments publics, les bureaux, les bus et les trains sont confirmés vides par le personnel, et que les détecteurs de mouvement vérifient que personne n’est présent, les lumières ultraviolettes devraient s’allumer pour stériliser, explique-t-il. Les salles de bain pourraient se désinfecter automatiquement lorsqu’elles sont vides.

Des lampes pourraient être installées aux points de contact élevés, comme les boutons des ascenseurs et des distributeurs automatiques de billets, et ne présenteraient aucun risque pour la peau humaine, car elles n’irradieraient jamais les gens, indique le chercheur. Des lampes UV pourraient être installées dans les unités de conditionnement d’air, pour désinfecter l’air et empêcher la transmission de maladies par voie aérienne.

Son équipe a calculé les coûts. La somme d’un euro par employé permettrait l’achat de lampes qui couvriront les espaces où les travailleurs ou les étudiants passent la plupart de leur temps, et désinfectent l’air qu’ils y respirent, affirme M. Kaminer. Avec plus d’investissements, d’autres domaines pourraient être couverts également, ajoute-t-il.

« La technologie existe déjà, elle ne serait pas coûteuse, et elle peut être utilisée pour faire la différence », assure M. Kaminer.

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