La Maison Blanche prônerait des pactes de non agression israélo-arabes
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La Maison Blanche prônerait des pactes de non agression israélo-arabes

La conseillère adjointe à la sécurité américaine Victoria Coates aurait rencontré les envoyés des Émirats arabes unis, du Bahreïn, d'Oman et du Maroc pour aborder la question

Le ministre des Affaires étrangères israélien Israel Katz et son homologue bahreïni Khalid bin Ahmed Al-Khalifa, (à droite), posent pour une photo au Département d'Etat à Washington, le 17 juillet 2019. (Autorisation)
Le ministre des Affaires étrangères israélien Israel Katz et son homologue bahreïni Khalid bin Ahmed Al-Khalifa, (à droite), posent pour une photo au Département d'Etat à Washington, le 17 juillet 2019. (Autorisation)

Un haut responsable de la Maison Blanche aurait vivement recommandé à plusieurs États arabes du Moyen-Orient de conclure des accords de non-agression avec Israël, une avancée vers une normalisation des relations avec l’État juif.

Citant des sources « israéliennes, arabes et américaines », Axios a fait savoir mardi que la conseillère-adjointe à la sécurité nationale de l’administration américaine, Victoria Coates, a rencontré la semaine dernière des ambassadeurs à Washington de quatre nations arabes – Émirats arabes unis, Oman, Maroc et Bahreïn – et indiqué que les États-Unis soutiendraient une telle initiative.

Ces réunions ont tenté de déterminer le degré de volonté des quatre pays d’améliorer leurs relations avec Israël, d’après Axios. Tous maintiennent des liens stratégiques, notamment en termes de renseignement de plus en plus solides avec Israël – un lien encore renforcé par le point de vue partagé sur l’Iran, considéré comme un ennemi régional commun.

Mais les liens en matière de Défense restent majoritairement clandestins et ne se sont pas transformés, jusqu’à présent, en relations diplomatiques officielles.

Les ambassadeurs ont tous déclaré à Victoria Coates qu’ils consulteraient leurs gouvernements et reviendraient « rapidement » apporter des réponses, a noté l’article.

Le ministre des Affaires étrangères Israel Katz au centre de la grande mosquée Sheikh Zayed à Abu Dhabi (Autorisation : Bureau de Katz)

Puis, lundi et mardi, Victoria Coates et plusieurs autres responsables américains ont rencontré une délégation israélienne pour évoquer le sujet.

Selon Axios, l’impasse politique actuelle en Israël et le désir de longue haleine des dirigeants arabes de voir progresser le processus de paix israélo-palestinien sont des facteurs qui rendront « une mise en œuvre [de cette initiative] très difficile ».

Cette initiative a été proposée en premier lieu par Israel Katz, ministre des Affaires étrangères, qui avait révélé au mois d’octobre avoir tenté d’encourager plusieurs pays arabes du Golfe à signer des pactes de non-agression similaires – une démarche « historique » qui, avait-il dit, pouvait signaler la fin du conflit opposant l’État juif et ces nations.

« J’ai récemment promu avec le soutien du Premier ministre une initiative diplomatique visant à signer des ‘pactes de non-agression’ avec les États arabes du Golfe », avait écrit Katz sur Twitter au début du mois d’octobre.

« C’est une initiative historique qui mettra un terme au conflit officiel avec ces États et qui permettra une coopération sur le plan civil jusqu’à la signature d’accords de paix », avait-il ajouté, dans ce qui avait semblé reconnaître tacitement qu’aucun pays arabe n’a actuellement la volonté d’établir des relations diplomatiques pleines et entières avec l’État juif tant que le conflit israélo-palestinien reste irrésolu.

Katz avait ensuite confirmé avoir présenté son projet à plusieurs de ses homologues arabes au cours de sa visite à New York, à la fin du mois de septembre, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Il avait également débattu de sa proposition avec l’envoyé spécial pour la paix au Moyen-Orient sortant de l’administration Trump, Jason Greenblatt, avait-il précisé.

Le 23 septembre, Katz avait écrit sur Twitter qu’il s’était entretenu avec un ministre des Affaires étrangères d’un pays arabe qui n’a pas de relations officielles avec Israël – ni l’identité de l’homme ni le pays n’avaient été précisés – et il avait ajouté que tous deux avaient « discuté des moyens de prendre en charge la menace iranienne » et d’un procédé qui permettrait de dynamiser « la coopération civile ».

Katz a convenu avec ses interlocuteurs du Golfe au cours d’une « série de rencontres » à New York de mettre en place des équipes de travail pour faire avancer le projet de pacte de non-agression, a annoncé un reportage diffusé ce mois-ci par la Douzième chaîne, en citant des sources proches du ministre des Affaires étrangères.

Ainsi, les dispositions en cours d’élaboration pourraient inclure un engagement à développer des « relations amicales et une coopération » conformément à la charte des Nations unies et au droit international ; à empêcher les hostilités ou les incitations à l’hostilité ; et à rejeter toute alliance militaire ou sécuritaire avec d’autres parties au détriment de l’un ou de l’autre des pays signataires.

Entre autres éléments, précisait le reportage télévisé, le projet de texte se penche tout particulièrement sur la coopération dans la lutte contre le terrorisme et sur l’avancée des intérêts économiques.

Le roi Mohammed VI lors d’un discours sur la place de la mosquée Hassan à Rabat, au Maroc, le 30 mars 2019 (Crédit : AP Photo/Gregorio Borgia)

Katz, qui est également ministre des Renseignements, a d’ores et déjà rencontré de hauts responsables arabes à au moins deux reprises : au début du mois de juillet, il s’était entretenu avec un officiel émirati, dont l’identité n’a pas été révélée, au cours d’une visite à Abu Dhabi, ville du Golfe. A la fin du même mois, il avait posé pour une photographie en compagnie du ministre des Affaires étrangères du Bahreïn, Ahmed Al Khalifa, au cours d’un événement organisé par le département d’État américain à Washington. Cela avait été un rare exemple d’un haut responsable arabe rencontrant publiquement une personnalité israélienne d’importance.

Au mois de novembre 2018, Katz était allé à Oman pour assister à une conférence internationale consacrée aux transports.

« De mon point de vue, la coopération entre Israël et les États du Golfe peut – et elle doit – s’élargir », avait-il déclaré à ce moment-là. « Israël a beaucoup à offrir en termes de dessalement et d’irrigation, d’agriculture et de médecine ».

Dans son discours prononcé devant les Nations unies, le mois dernier, Katz a souligné que l’Etat juif « a une politique claire : celle de développer les liens et celle de la normalisation avec les États arabes du Golfe. Aucun conflit ne nous oppose aux États du Golfe, et nous avons des intérêts communs dans le secteur de la sécurité, contre la menace iranienne, ainsi que dans celui du développement d’un grand nombre d’initiatives civiles », avait-il expliqué.

« Israël a de nombreuses capacités dans de nombreux secteurs, notamment dans les hautes technologies, l’innovation, les technologies agricoles et de l’eau, qui peuvent aider les États arabes, et les États arabes ont de nombreuses capacités qui peuvent également aider Israël », avait-il noté. « J’espère que cette coopération débouchera sur la signature d’accords de paix entre nos pays comme nous l’avons déjà fait avec l’Égypte et la Jordanie ».

Au mois d’août, le chef de la diplomatie avait estimé qu’il était réaliste d’envisager la signature d’accords de paix officiels avec les États sunnites modérés d’ici quelques années.

Interrogé sur la nouvelle initiative de pacte de non-agression que prônerait actuellement la Maison Blanche de Trump, un « haut responsable de l’administration » a confié à Axios que les États-Unis « salueraient très certainement l’élargissement des relations entre nos alliés et partenaires principaux au Moyen-Orient », mais il s’est toutefois refusé à davantage commenter ou à confirmer des démarches précises.

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