La mère d’un bébé mort prend la défense des employées de la crèche illégale de Jérusalem
Selon Chani Katz, son fils Ari, 6 mois, serait mort par "décret divin" dans la crèche surpeuplée, où un autre nourrisson est décédé et 53 bébés et enfants ont été blessés

Chani Katz, la mère de l’un des deux nourrissons retrouvés morts au début de la semaine dans une crèche ultra-orthodoxe illégale de Jérusalem, s’est opposée aux poursuites judiciaires engagées contre les employées tenues pour responsables de ce décès, affirmant que la mort de son fils Ari était prédestinée.
« Miriam et Mali ont également enterré un enfant. C’est quelque chose qu’elles porteront toute leur vie. Elles sont innocentes », a déclaré Katz à propos de Miriam Friedman et Mali Shmuel Eliyahu, employées au sein de cette garderie, que le tribunal de première instance de Jérusalem a libérées jeudi en les assignant à résidence pour neuf jours.
Interdites d’exercer leur activité pendant 45 jours, il leur est également interdit d’entrer en contact avec les familles des victimes pendant 30 jours. S’adressant à la presse avant l’audience, Katz a estimé que « ce qu’on leur fait subir est une injustice ».
Elle a ajouté que son fils Ari était mort par « décret divin ».
« Mon Ari devait mourir ce jour-là, à l’heure précise où il est décédé », a-t-elle déclaré, refusant de spéculer sur la cause de son décès. « S’il devait mourir, cela devait être avec Miriam Friedman, et j’ai choisi Miriam. »
Katz a précisé qu’elle connaissait Friedman depuis sept ans et qu’elle lui avait confié trois de ses enfants, décrivant l’employée comme la « deuxième mère » d’Ari.
« Je ne sais pas si elle est sa deuxième mère ou la première. Nous sommes en concurrence », a-t-elle ajouté. « C’est dommage pour Ari qu’il n’ait pas pu rester plus longtemps avec elle. »
« Une fois que justice aura été faite, il pourra reposer en paix », a-t-elle conclu.
Les corps sans vie du fils de Katz et de Leah Goloventzitz, âgée de quatre mois, ont été retrouvés lundi matin dans la crèche haredi surpeuplée du quartier de Romema, à Jérusalem, aux côtés de 53 autres bébés et enfants en bas âge souffrant de blessures plus ou moins graves.
Selon certaines informations, la police pense que les deux décès pourraient avoir été causés par un coup de chaleur et par une déshydratation entraînés par un système de chauffage défectueux. Les autorités ont cherché à pratiquer des autopsies sur les deux nourrissons, mais la procédure a été bloquée par la Cour suprême en raison de l’opposition des parents. Des manifestations haredies contre ces examens post-mortem ont tourné à l’émeute.
Des élus haredim ont imputé la responsabilité des décès à l’État, évoquant les coupes budgétaires dans les subventions accordées aux crèches destinées aux jeunes hommes haredim non appelés sous les drapeaux. Le bureau de la procureure générale a ordonné ces réductions après que la Cour suprême a jugé, en juin 2024, que l’exemption du service militaire dont bénéficiaient les haredim depuis des dizaines d’années ne reposait sur aucun fondement juridique.







