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La monnaie plonge en Egypte après une augmentation record du taux d’intérêt

Deux tiers des 106 millions d'Egyptiens vivent en dessous ou juste au-dessus du seuil de pauvreté, alors que l'inflation s'élève aujourd'hui à 35 %

La tour commerciale servant de siège moderne de la Banque Misr (Bank of Egypt), au Caire, le 9 février 2023. (Crédit : Amir MAKAR / AFP)
La tour commerciale servant de siège moderne de la Banque Misr (Bank of Egypt), au Caire, le 9 février 2023. (Crédit : Amir MAKAR / AFP)

L’Egypte a relevé mercredi son taux directeur à un record de 27,25 %, provoquant une chute de la livre de plus d’un tiers de sa valeur face au dollar, pour tenter de juguler l’inflation et la pire crise économique de son histoire.

Le Caire, fortement endetté, a déjà procédé à une dévaluation de 50 % ces derniers mois, alors qu’il négocie de nouveaux crédits avec le Fond monétaire international (FMI) qui fait du flottement de la livre une condition à son aide.

« L’unification du taux de change est cruciale car elle aide à éliminer les arriérés en devises en réduisant l’écart entre le taux de change officiel et celui du marché noir », indique le communiqué publié par la Banque centrale à l’issue de la réunion de son Comité de politique monétaire.

A 13H30 (11H00 GMT), 50,6 livres égyptiennes s’échangeaient pour un dollar. Contre 31 à l’ouverture des banques.

Dans l’immédiat, impossible de savoir si Le Caire dévalue sa monnaie ou adopte un taux de change flottant.

Accord avec le FMI imminent

Le FMI a accordé un prêt de trois milliards de dollars à l’Egypte fin 2022, mais les tranches de prêt et les examens de programme ont été maintes fois reportés jusqu’à ce que Le Caire avance sur les réformes économiques réclamées, en tête desquelles un « taux de change entièrement flexible ».

Mercredi, la Banque centrale insiste sur le fait qu’elle va continuer à lutter contre l’inflation, notamment « en autorisant le taux de change à être déterminé par les forces du marché ».

La télévision Extra news, proche des services de renseignement, affirme qu’un accord avec le FMI « devrait intervenir dans la journée », citant un « haut responsable ». Et une conférence de presse de la Banque centrale est prévue en fin de journée.

Alors que l’inflation s’élevait ces derniers mois jusqu’à près de 40 %, le marché noir a atteint un record à 70 livres pour un dollar. Il est ensuite redescendu brusquement aux alentours du nouveau taux officiel avec l’injection fin février par les Emirats arabes unis de 35 milliards d’investissements et de dépôts dans l’économie égyptienne.

Ecrasé par sa dette extérieure – près de 165 milliards de dollars –, le gouvernement compte sur ces investissements étrangers pour tenter de résoudre sa crise des devises.

Depuis sa prise de pouvoir en 2013, le président Abdel Fattah al-Sissi dit vouloir faire du « développement » sa priorité, quitte à faire tripler dans cet intervalle la dette nationale.

Raisons supplémentaires de s’inquiéter

Les économistes dénoncent ses mégaprojets – villes nouvelles dont la nouvelle capitale, trains à grande vitesse, ponts et routes – qui n’ont fait, selon eux, que siphonner les caisses de l’État sans créer de nouvelles sources de revenus.

L’Egypte est actuellement le deuxième pays le plus à risque de faire défaut de sa dette, juste derrière l’Ukraine en guerre, et les experts recensent des raisons supplémentaires de s’inquiéter.

Les rentrées en devises du tourisme sont en baisse depuis des années – après le COVID et la guerre en Ukraine, l’Egypte pâtit désormais de la guerre dans la bande de Gaza voisine.

Les attaques des rebelles houthis du Yémen en mer Rouge et dans le golfe d’Aden ont fait baisser les revenus en dollars du canal de Suez, passage crucial pour le commerce mondial, « de 40 à 50 % » depuis le début de l’année.

Et, pire encore, les envois d’argent des travailleurs égyptiens à l’étranger – loin devant les recettes du tourisme et du canal de Suez – ont baissé d’un tiers au premier trimestre 2023/2024.

Deux tiers des 106 millions d’Egyptiens vivent en dessous ou juste au-dessus du seuil de pauvreté, alors que l’inflation s’élève aujourd’hui à 35 %.

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