La police recommande des poursuites contre un ancien ténor du barreau
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La police recommande des poursuites contre un ancien ténor du barreau

Efi Nave est soupçonné d'avoir aidé une consœur à devenir juge alors qu'ils entretenaient une liaison

Le président de l’Association du barreau israélien Effi Naveh au tribunal de Tel Aviv, le 16 janvier 2019. (Crédit : Koko/Pool/Flash90)
Le président de l’Association du barreau israélien Effi Naveh au tribunal de Tel Aviv, le 16 janvier 2019. (Crédit : Koko/Pool/Flash90)

La police a indiqué lundi qu’elle disposait de suffisamment d’éléments pour prouver qu’un avocat réputé avait commis des infractions pour faire évoluer la carrière d’une consœur avec qui il entretenait une liaison, notamment en facilitant sa nomination au poste de juge. Ce scandale sexuel avait ébranlé le système judiciaire.

Dans son communiqué, la police a également indiqué qu’elle disposait de suffisamment de preuves d’obstruction à la justice et destruction de preuves dans cette affaire. La police a fait savoir qu’elle pouvait prouver que l’ancien président de l’Association du barreau israélien, Efi Nave, avait agi pour Eti Craif, ultérieurement devenue juge de la Cour des magistrats de Rishon Lezion, en dépit d’un conflit d’intérêts émanant de leur relation.

Efi Nave, qui a démissionné après son arrestation au début de l’année, était l’un des neufs membres de la puissante Commission judiciaire des nominations, qui décide du placement et de l’évolution de carrière des juges dans le système judiciaire israélien, composé de trois niveaux. Cette position lui conférait une influence considérable et lui permettait d’aider des avocats à évoluer sur le plan professionnel, et la police le soupçonne d’avoir profité de cette influence pour obtenir des faveurs sexuelles. Efi Nave est soupçonné d’avoir agi « dans le cadre de ses fonctions de président de l’Association du barreau israélien dans l’intérêt d’autres personnes avec lesquelles il entretenait des relations, ce qui constitue un conflit d’intérêts », a fait savoir la police.

Pendant les enquêtes dont a fait l’objet l’avocat, la police a découvert qu’Eti Craif s’était rendue coupable d’obstruction à la justice et de destruction de preuves, après qu’une enquête a été menée sur sa relation avec Efi Nave, précise le communiqué.

L’unité anti-corruption Lahav 433 a imposé un embargo sur cette affaire, appelée Affaire 1454.

La magistrate Eti Craif, dont le nom a été autorisé à la publication par la Cour suprême. (Site internet du tribunal Israel)

Arrêté en janvier, Efi Nave est également soupçonné d’avoir agi en faveur d’une autre avocate et d’une experte judiciaire du secteur privé, avec lesquelles il entretenait également des liaisons, a fait savoir la police. L’identité de ces deux femmes fait l’objet d’un embargo.

Le procureur d’Etat se saisira de l’affaire dans les jours à venir.

Dans un communiqué, les avocats qui représentent Efi Nave ont déclaré que les procureurs établiront que les accusations portées contre leur client sont « infondées ».

Un avocat représentant Eti Craif a fait savoir dans un communiqué que « la juge nie avoir commis un délit et est certaine » que les autorités l’innocenteront.

La police a indiqué qu’une enquête sur une violation de la vie privée autour des preuves obtenues par les journalistes du téléphone d’Efi Nave et de ses ordinateurs a également été réalisée et sera transférée au procureur d’Etat.

En février, Efi Nave a porté plainte au civil contre la radio militaire et plusieurs de ses journalistes qui s’étaient procurés son téléphone portable personnel et en avait extrait des messages accablants – probablement liés au scandale sexuel.

Durant l’enquête, d’autres membres de la Commission judiciaire des nominations, notamment l’ex-ministre de la Justice Ayelet Shaked, le ministre des Finances Moshe Kahlon, l’ancienne présidente de la Cour suprême Miriam Naor et le président du tribunal du travail Micha Spitzer ont témoigné devant les enquêteurs de l’unité Lahav 433 au sujet du processus de nomination des juges pendant leur mandat.

Efi Nave a également été mis en examen, soupçonné d’avoir fait illégalement sortir une de ses connaissances du pays pour un voyage à l’étranger, puis tenté de la faire entrer de nouveau sans passer le contrôle aux frontières.

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