La police va durcir l’application des directives, annonce une responsable
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La police va durcir l’application des directives, annonce une responsable

Sigal Bar-Tzvi a indiqué au ToI que les agents feront appliquer les restrictions dans toutes les communautés alors que des critiques accusent les Haredim de violer les règles

La police israélienne fait appliquer les règles du coronavirus (Autorisation : Police israélienne)
La police israélienne fait appliquer les règles du coronavirus (Autorisation : Police israélienne)

La responsable de la police de proximité, qui est chargée de l’application des directives relatives au coronavirus, a indiqué que ses agents étaient passés à la vitesse supérieure et, qu’après avoir sensibilisé le public aux règles variées introduites, la semaine dernière, dans le cadre du renforcement du confinement, ils allaient dorénavant les faire appliquer strictement.

« Nous venons d’achever la phase d’explication des directives au public et nous travaillerons dorénavant en partant du principe que tout le monde a compris les règles et que leur application va dorénavant devenir stricte », a déclaré Sigal Bar-Tzvi, responsable de la police de proximité, au Times of Israël dans la journée de jeudi.

Elle a ajouté que les agents seraient massivement déployés sur le terrain pendant la fête de Souccot, qui commence ce vendredi soir, même si les troupes sont elles-mêmes diminuées à cause de la pandémie. Selon Bar-Tzvi, environ 3 000 des 29 000 policiers israéliens se trouvent actuellement en quarantaine.

Bar-Tzvi a déclaré qu’environ 400 agents sont aujourd’hui atteints par le coronavirus – et notamment deux qui reviennent tout juste d’Ouman, en Ukraine, où ils supervisaient un pèlerinage hassidique qui avait été maintenu malgré les appels du gouvernement israélien à y renoncer en raison de la crise sanitaire.

Des milliers de pèlerins y avaient néanmoins assisté, en dépit des mises en garde. Des cas de coronavirus auraient par la suite été confirmés à bord de 17 vols différents, partis d’Ukraine et de Biélorussie, en direction de Tel Aviv.

Des policiers israéliens arrêtent une voiture à un checkpoint à Jérusalem-Est pour faire appliquer le confinement national mis en place dans la lutte contre le coronavirus, le 25 septembre 2020. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

Interrogé sur l’impact des mises en quarantaine et des infections au COVID-19 parmi les agents en opération, le porte-parole de la police, Micky Rosenfeld, a déclaré que ses forces « continuaient à fonctionner clairement malgré un nombre très important d’agents placés à l’isolement ».

Les policiers vont recevoir l’aide de l’armée. Celle-ci a annoncé, jeudi, que 1 000 soldats viendraient soutenir les forces de l’ordre « pour superviser le respect des instructions dans le secteur civil ».

Des milliers d’autres militaires ont été déployés pour mener à bien d’autres missions dans le cadre de la pandémie.

Sigal Bar-Tzvi, cheffe de la police de proximité israélienne. (Autorisation : Police israélienne)

Bar-Tzvi a déclaré que les niveaux de contamination et de quatorzaine parmi les policiers étaient en partie relatifs aux rencontres avec des personnes infectées, dont certaines refusent intentionnellement de respecter les règles exigeant leur mise à l’isolement.

Elle a précisé que des dizaines de personnes, tous les mois, se déplaçaient dans tout le pays alors qu’elles étaient malades et présentaient des symptômes, et que ce phénomène continuait pendant le confinement.

« Encore hier, nous avons vu une personne de 52 ans qui circulait à bord d’une voiture avec deux autres individus à Tel Aviv, et il toussait et toussait encore en donnant à un policier sa carte d’identité », raconte-t-elle. « Notre base de données nous a appris qu’il avait été testé positif au coronavirus. »

Bar-Tzvi a expliqué que la phase de mise en vigueur plus stricte des mesures, qui a commencé jeudi soir, se fera ressentir notamment dans les communautés ultra-orthodoxes, qui ont pu être critiquées pour leurs violations des limitations.

« La population toute entière – y-compris les ultra-orthodoxes – savent que tout cela est grave », a-t-elle dit. « Si des personnes, au sein de la communauté Haredi, organisent des prières et des sessions d’étude qui contreviennent aux règles, nous serons là pour protéger ceux qui, dans la communauté, doivent être protégés. »

Jeudi, alors que la police commençait à renforcer ses contrôles, les agents avaient fait fermer trois synagogues où un grand nombre de fidèles s’étaient réunis à Bnei Brak.

Une synagogue de Bnei Brak fermée par la police, le 1er octobre, après avoir accueilli un très grand nombre de personnes en violation des règles. (Autorisation : Police israélienne)

Bar-Tzvi s’est dite optimiste sur le fait que les désobéissances, au sein de la communauté ultra-orthodoxe, seraient freinées au cours de la fête et que les prédictions de nombreuses violations des règles du confinement s’avéreraient mensongères. « On ne peut pas aller dans la population Haredi comme on va dans la population laïque, en se contentant de médiatiser la règle disant qu’il est interdit d’accueillir qui que ce soit à Souccot : il faut qu’on se tourne vers les rabbins, c’est ce qu’on a fait et on les a trouvés réceptifs. »

« Je pense qu’il n’y aura pas de larges rassemblements pour Simchat Beit Hashoeva [une célébration de Souccot] ou pour la fête, le 10 octobre, de Simchat Torah. »

Bar-Tzvi a reconnu que les règles interdisant aux Israéliens d’accueillir des visiteurs chez eux ou dans les Souccot sont compliquées pour la population, ajoutant que cela n’empêchera pas les agents de les faire respecter.

« Nous savons que c’est une fête de l’accueil, mais ces règles et ces directives sont essentielles et absolument nécessaires », a-t-elle continué.

Les agents feront preuve de discrétion dans le cadre familial, mais ils afficheront une tolérance zéro face à certaines violations, a-t-elle précisé, citant la rupture de la quatorzaine chez les personnes placées par précaution à l’isolement et par les personnes qui sont effectivement malades.

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