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La police va inculper 4 hommes dans une fusillade dans une ville arabe

La police indique avoir résolu l'affaire et s'apprêter à mettre en examen les quatre hommes soupçonnés du meurtre d'Ovad Latif Qassem dans la ville de Qalansawe le mois dernier

Capture écran d'une vidéo d'une fusillade mortelle dans la ville israélo-arabe de Qalansawe, le 6 septembre 2019. (Crédit : Treizième chaîne)
Capture écran d'une vidéo d'une fusillade mortelle dans la ville israélo-arabe de Qalansawe, le 6 septembre 2019. (Crédit : Treizième chaîne)

La police a fait savoir dimanche qu’elle avait identifié les responsables de la fusillade mortelle survenue le mois dernier dans la ville israélo-arabe de Qalansawe, dans le centre du pays.

Quatre hommes vont ainsi être inculpés du meurtre d’Ovad Latif Qassem, a-t-elle indiqué.

Cela fait quelques semaines que les responsables politiques et associations citoyennes israéliens arabes protestent et manifestent contre l’inaction présumée du gouvernement contre la violence dans leurs communautés.

Les quatre hommes sont accusés du meurtre d’Ovad Latif Qassem, abattu dans sa voiture le 6 septembre dernier. Il avait succombé à ses blessures cinq jours plus tard à l’hôpital.

Mohammad Kahman, 24 ans, sera mis en examen pour l’assassinat, tandis qu’Ihab Kahman, 26 ans, et deux autres hommes seront inculpés d’autres fait liés au meurtre.

D’après la police, les quatre accusés et Qassem étaient visiblement en conflit.

La fusillade a été filmée par des caméras de vidéosurveillance qui ont enregistré les quatre hommes s’en prendre à la victime.

Ihab Kahman a attaqué Qassem avec une matraque avant de briser la vitre du véhicule de ce dernier qui tentait de s’enfuir. Trois individus sont ensuite arrivés, dont l’un d’eux, Mohammad Kahman, a sorti un revolver et tiré a plusieurs reprises sur la voiture, blessant Qassem. La victime est décédée à l’hôpital d’une balle reçue à la tête.

Ihab Kahman avait été interpelé après le meurtre. Mohamad Kahman et les deux autres hommes qui l’accompagnaient ont fui les lieux en voiture pour se réfugier dans les territoires de Cisjordanie contrôlés par l’Autorité palestinienne.

Ils se sont rendus aux forces de sécurité israéliennes deux semaines plus tard.

Les détails de l’affaire étaient jusque-là soumis à la censure. La police a précisé qu’il s’agissait de la 31e affaire de meurtre qu’elle résolvait dans la communauté arabe cette année.

Des centaines d’Israéliens arabes ont manifesté samedi dans plusieurs villes du pays pour dénoncer la violence et les meurtres dans leurs communautés.

La commission supérieure de contrôle arabe, organisation-cadre des instances arabes israéliennes, a annoncé qu’elle projetait de mettre en place d’autres manifestations avec notamment un convoi de véhicules venus des communautés du nord et du sud qui convergera vers le bureau du Premier ministre à Jérusalem

Vendredi, des milliers de personnes sont descendues dans les rues, bloquant les routes – dont les intersections menant aux autoroutes majeures du nord du pays. Un appel à la grève a été lancée dans la communauté.

Des milliers d’Arabes israéliens protestent contre les violences, le crime organisé et les meurtres récents au sein de leurs communautés dans la ville arabe de Majd al-Krum, dans le nord d’Israël, le 3 octobre 2019 (Crédit : David Cohen/FLASH90)

Selon la police, plus de 70 meurtres ont été commis dans les communautés arabes cette année – presque autant que sur les deux années précédentes – alors que les Arabes, qui forment 20 % de la population générale, représentent plus de la moitié de toutes les victimes de meurtre dans le pays. Au début de la semaine dernière, deux frères et un troisième individu ont été tués dans une rixe impliquant des armes blanches et des armes à feu à Majd al-Krum.

Les leaders arabes reprochent à la police israélienne de fermer les yeux sur les violences au sein de leurs communautés – des querelles familiales aux guerres de clans du crime organisé, en passant par les violences conjugales et les crimes d’honneur.

Des manifestations de masse sont prévues les  21 et 27 octobre prochains devant le siège de la police à Nazareth et Ramlé. Le 27, les organisateurs prévoient de dresser des chapiteaux à proximité des bureaux du gouvernement dans la capitale.

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