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Violences dans la communauté arabe : Des manifestations prévues en octobre

Des centaines de personnes se sont rassemblées samedi ; les organisateurs s'apprêtent à dresser des chapiteaux de protestation aux abords des bureaux gouvernementaux

Les Arabes israéliens manifestent contre les violences, le crime organisé et les récents meurtres au sein de leurs communautés à Majd al-Krum, le 3 octobre 2019 (Crédit : David Cohen/Flash90)
Les Arabes israéliens manifestent contre les violences, le crime organisé et les récents meurtres au sein de leurs communautés à Majd al-Krum, le 3 octobre 2019 (Crédit : David Cohen/Flash90)

Des centaines d’Arabes israéliens ont manifesté samedi dans plusieurs endroits du pays dans le cadre d’un mouvement de protestation continu contre les violences et les meurtres au sein des communautés arabes.

La commission supérieure de contrôle arabe, organisation-cadre des instances arabes israéliennes, a annoncé qu’elle projetait de mettre en place d’autres manifestations avec notamment un convoi de véhicules venus des communautés du nord et du sud qui convergera vers le bureau du Premier ministre à Jérusalem.

Des manifestations de masse sont programmées en date du 21 et du 27 octobre aux abords du siège de la police à Nazareth et Ramlé. Le 27, les organisateurs prévoient de dresser des chapiteaux à proximité des bureaux du gouvernement, au sein de la capitale.

Vendredi, ce sont des milliers de personnes qui sont descendues dans les rues, bloquant les routes – dont les intersections menant aux autoroutes majeures du nord du pays. Les protestataires brandissaient des pancartes disant : « Le sang de nos enfants a de la valeur » et ont scandé des slogans dénonçant ce qui s’apparente, selon eux, à une inaction de la police.

Ayman Odeh, chef de la Liste arabe unie – l’alliance des partis à majorité arabe dans le pays – a appelé la communauté juive à rejoindre ces manifestations, disant qu’une société sans armes devait être l’idéal pour tous.

Des milliers d’Arabes israéliens protestent contre les violences, le crime organisé et les meurtres récents au sein de leur communauté dans la ville arabe de Majd al-Krum, dans le nord d’Israël, le 3 octobre 2019. (Crédit : David Cohen/FLASH90)

Le député Yousuf Jabareen de la Liste arabe unie, qui a rejoint les manifestants qui bloquaient une autoroute dans le nord d’Israël, a déclaré que le mouvement de protestation perdurerait jusqu’à ce qu’un passage à l’action tangible ait lieu.

« Plus d’un millier de manifestants a bloqué la route de Wasi Ara en signe de protestation contre les violences et le crime en hausse dans la société arabe et contre le scandale représenté par l’inaction des agences chargées de l’application de la loi », a-t-il dit au site Walla.

« Nous continuerons à renforcer notre combat public et à intensifier nos initiatives dans les semaines à venir jusqu’à ce que nous constations un changement sur le terrain », a-t-il ajouté.

Les manifestations ont suivi celles de jeudi, journée lors de laquelle une grève générale à travers l’ensemble de la communauté arabe était organisée.

Les 13 nouveaux élus de la Liste arabe unie ont ainsi boycotté la cérémonie de prestation de serment des députés à la Knesset en raison de cette grève. La faction a fait de l’amélioration de la sécurité publique l’une de ses plus hautes priorités.

Selon la police, il y a eu plus de 70 meurtres dans les communautés arabes cette année – presque autant que sur les deux années précédentes – alors que les Arabes, qui forment 20 % de la population générale, représentent plus de la moitié de toutes les victimes de meurtre dans le pays.

Au début de la semaine, deux frères et un troisième individu ont été tués dans une rixe impliquant des armes blanches et des armes à feu à Majd al-Krum.

Les leaders arabes disent que la police israélienne ignore largement les violences au sein de leurs communautés – des querelles familiales et des guerres de clans du crime organisé, en passant par les violences conjugales et les crimes d’honneur.

Les citoyens arabes israéliens sont les descendants des Palestiniens qui sont restés dans l’Etat après sa création, en 1948. Ils ont le droit de voter mais un grand nombre d’entre eux affirment subir des discriminations.

La police rejette avec force ces accusations d’indifférence, disant qu’elle fait tout ce qui est en son pouvoir pour juguler les violences.

« La police continue d’échanger avec les leaders des communautés afin de tenter de prévenir les incidents tout en travaillant également au sein même des communautés, avec davantage de patrouilles », a expliqué le porte-parole de la police, Micky Rosenfeld.

Les Arabes israéliens manifestent contre les violences, le crime organisé et les récents meurtres au sein de leurs communautés à Majd al-Krum, le 3 octobre 2019. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Il a expliqué que sept nouveaux commissariats avaient ouvert leurs portes dans les villes arabes cette année, et que huit autres devaient être mis en place dans les mois à venir.

Cette année, la police a confisqué 4 000 armes et arrêté environ 2 000 personnes pour répondre d’accusations liées à des possessions d’armes, selon Rosenfeld.

Mais il a également ajouté que les responsables locaux devaient coopérer davantage avec la police pour empêcher les violences.

« Il faut que ça vienne aussi de l’intérieur de la communauté », a-t-il dit. « On ne peut pas décider lors d’un mariage de tirer des balles en l’air. Ce sont des problèmes de base qui doivent être pris en charge par les dirigeants des communautés. »

Les écoles et les entreprises, dans les villes et villages arabes, ont été fermés jeudi suite à un appel lancé par les leaders arabes locaux et nationaux.

Les arabes israéliens manifestent contre les violences, le crime organisé et les récents meurtres au sein de leurs communautés à Majd al-Krum, le 3 octobre 2019. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a expliqué mercredi qu’il allait organiser une rencontre d’urgence avec les responsables de la police.

« Le niveau de violence et de crime au sein des communautés arabes exige un combat déterminé à l’aide de tous les outils qui sont à la disposition de l’Etat », a déclaré Erdan, dont le ministère supervise le travail des forces de l’ordre, dans un communiqué.

« L’Etat d’urgence doit être prononcé », a-t-il poursuivi.

La Treizième chaîne a fait savoir mercredi que la présence policière sera renforcée dans les villes arabes où les violences sont plus nombreuses que la moyenne, notamment dans les villes de Nazareth, Akko et Umm al-Fahm.

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