La presse arabe évoque peu la mort de Ben-Eliezer
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Revue de presse arabe

La presse arabe évoque peu la mort de Ben-Eliezer

Les sites affiliés aux groupes terroristes de la région se rappellent des allégations de crimes de guerre qui pesaient sur Ben-Eliezer

Binyamin Ben-Eliezer, ancien député et ministre de la Défense, est décédé le 28 août 2016 à 80 ans. (Crédit : Flash90)
Binyamin Ben-Eliezer, ancien député et ministre de la Défense, est décédé le 28 août 2016 à 80 ans. (Crédit : Flash90)

Concernant la mort de l’ancien ministre israélien de la Défense Binyamin « Fuad » Ben-Eliezer, la presse arabe n’a généralement pas sauté sur l’occasion de rappeler les allégations de crimes de guerre de l’ex-général décoré. Elle s’est plutôt mollement concentrée sur sa relation avec l’ancien dictateur égyptien et la corruption présumée qui a entaché sa carrière.

Né dans le sud de l’Irak, Ben-Eliezer – qui était âgé de 80 ans quand il est mort dimanche – a eu une carrière légendaire en tant que commandant militaire, politique et négociateur de paix en Israël. Il était connu comme étant le premier ministre israélien à rencontrer le dirigeant palestinien, Yasser Arafat, en 1994 et pour sa relation chaleureuse avec Hosni Moubarak.

Al-Ahram, le quotidien le plus diffusé de l’Egypte, a dit peu de choses sur la vie de Ben-Eliezer mais titrait le fait que l’ancien ministre de la Défense était « l’homme politique d’Israël le plus proche » de Moubarak.

Le journal du gouvernement égyptien Al-Youm a-Saba a déclaré que Ben-Eliezer avait été « un ami proche » du dictateur déchu et a ajouté une grande capture d’écran du site Ynet annonçant sa mort.

Bien que Ben-Eliezer fut ministre de la Défense au cours de la deuxième Intifada, qui a vu la Cisjordanie devenir une zone de guerre à l’occasion, l’Autorité palestinienne est restée silencieuse sur sa mort sur son site officiel, Wafa.

D’autre part, les médias affiliés au Hamas ont saisi l’occasion d’avoir le dernier mot contre l’un des rivaux du groupe terroriste. Le site Al Aqsa Voice a écrit un article intitulé « Les dix premiers crimes commis par Ben-Eliezer », qui, selon le site inclut, l’assassinat de Salah Shehade, l’ancien chef de la branche militaire du Hamas 2002. Shehade a été tué – avec 14 autres innocents, y compris des membres de sa famille proche – quand un F-16 israélien a largué une bombe d’une tonne sur sa maison.

« On aurait pu écrire son curriculum vitae avec du sang plutôt que de l’encre », a écrit al Aqsa VOice. Le site Internet du Hamas a ajouté que c’était « ironique » que Ben-Eliezer ait combattu les Arabes parce qu’il avait émigré en Israël d’Irak.

As-Saffir, un quotidien libanais important qui défend une position pro-Hezbollah, décrit Ben-Eliezer comme un « planificateur clé de l’invasion du Liban en 1982 ».

Au milieu des années soixante-dix, Ben-Eliezer a été l’un des premiers Israéliens à se rendre clandestinement au Liban pour établir des liens avec la force des Phalanges libanaises. Pendant la guerre, cette force a pris part aux massacres de milliers de Libanais-Palestiniens à Sabra et Chatila.

Le quotidien pro-Hezbollah a également mentionné l’allégation, qui a été évoqué dans un documentaire israélien de 2007, que l’unité de commando Shaked de Ben-Eliezer a exécuté 250 prisonniers de guerre égyptiens dans la péninsule du Sinaï immédiatement après la cessation des hostilités à la fin de la guerre des Six Jours en 1967. Ben-Eliezer a nié ces accusations et a affirmé que ces hommes avaient été tués dans la bataille.

As-Saffir a également mentionné l’ancien appel du général pour entamer des négociations avec les Palestiniens au cours de la deuxième Intifada, afin d’arrêter la « violence » (As-Saffir a mis des guillemets autour du mot violence) contre les Israéliens, ainsi que sur ses liens « forts » avec Moubarak.

Le site d’informations panarabe basé à Londres Al Araby al Jadeed a décrit Ben-Eliezer comme « l’homme qui a assiégé Arafat » – se référant à son rôle en tant que ministre de la Défense pendant la Seconde Intifada – et de l’homme qui « a tué des prisonniers égyptiens ».

Cependant, d’autres médias panarabes basés à Londres ont rapporté la mort de Ben-Eliezer mais sans l’évoquer de manière négative.

Al Quds Al Araby, qui prend habituellement une position critique à l’égard d’Israël, a publié un article court et sec qui s’attardait sur les présumées malversations financières de Ben-Eliezer.

Le service public de Ben-Eliezer a été éclipsé plus tard dans sa vie par des allégations selon lesquelles il aurait accepté des pots-de-vin, ce qui a entraîné un procès prolongé qui a traîné tandis que sa santé s’est détériorée.

Rai al-Youm, basé à Londres, s’est également concentré sur les allégations de corruption, sans trop entrer trop dans son passé militaire.

Al Jazeera, la chaîne qatarie souvent critique envers Israël, a publié un bref article sur la mort de Fuad, mentionnant vaguement son amitié avec Moubarak.

The Times of Israel n’a pas pu trouver une seule déclaration d’un dirigeant arabe se référant à la mort de Ben-Eliezer.

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