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La rencontre avec Gantz saluée, Abbas se montre moins optimiste auprès de Poutine

Alors que Jérusalem affirme que la rencontre était axée sur les questions civiles et de sécurité, les dirigeants mondiaux souhaitent discuter des principaux désaccords politiques

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le ministre de la Défense Benny Gantz (à gauche) assiste à une conférence dans la région d'Eshkol, dans le sud d'Israël, le 13 juillet 2021. Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas prononce un discours au sujet de la COVID-19, au siège de l'Autorité palestinienne, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 5 mai 2020. (Crédit : Flash90)
Le ministre de la Défense Benny Gantz (à gauche) assiste à une conférence dans la région d'Eshkol, dans le sud d'Israël, le 13 juillet 2021. Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas prononce un discours au sujet de la COVID-19, au siège de l'Autorité palestinienne, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 5 mai 2020. (Crédit : Flash90)

De hauts représentants des États-Unis, de l’Union européenne (UE), des Nations unies et de divers pays du monde ont salué la rare rencontre qui a eu lieu mardi entre le ministre de la Défense Benny Gantz et le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas au domicile du ministre israélien à Rosh Haayin.

« Les États-Unis sont très heureux que le ministre de la Défense (Gantz) ait accueilli le président de l’Autorité palestinienne, M. Abbas, dans sa maison en Israël. Nous espérons que les mesures de confiance discutées permettront d’accélérer la dynamique visant à faire progresser la liberté, la sécurité et la prospérité pour les Palestiniens et les Israéliens en 2022 », a tweeté Ned Price, porte-parole du département d’État américain, mercredi, à l’instar de l’envoyé américain en Israël, Tom Nides.

Le bureau de Gantz a déclaré que lui et Abbas avaient discuté des mesures civiles et de sécurité qu’Israël peut prendre pour renforcer l’AP, tandis que le compte-rendu palestinien a déclaré que les parties avaient souligné « l’importance de créer un horizon politique » pour mettre fin au conflit.

Et bon nombre des dirigeants qui ont commenté l’entrevue semblaient préférer cette dernière version de la réunion.

Le représentant spécial de l’UE pour le processus de paix au Moyen-Orient, Sven Koopmans, a tweeté qu’il était heureux de voir les rapports de la réunion. « Des mesures urgentes, substantielles et structurelles sont nécessaires dans l’intérêt des Palestiniens et des Israéliens ; par conséquent, investir dans les relations personnelles est nécessaire et intrinsèquement positif », a-t-il déclaré.

L’envoyé spécial de la Norvège pour le processus de paix au Moyen-Orient Tor Wennesland, à gauche. lors d’une réunion avec le Premier ministre de l’Autorité palestinienne Mohammed Shtayyeh à Ramallah en juin 2020 (Crédit : WAFA)

Le coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Tor Wennesland, a écrit que la rencontre « était une étape opportune et encourageante. Un dialogue de haut niveau est essentiel pour relever les défis urgents en matière de sécurité et d’économie et pour tracer la voie vers le traitement des questions politiques essentielles. »

Le ministère allemand des Affaires étrangères a tweeté : « Les contacts personnels et les discussions sur les mesures de confiance sont essentiels pour poursuivre la coopération et réduire les tensions. Nous espérons que 2022 verra plus de progrès sur cette voie, que l’Allemagne est prête à soutenir. »

La visite d’Abbas constituait la première rencontre du dirigeant palestinien avec un haut responsable israélien à l’intérieur d’Israël depuis 2010. Il s’agissait de la deuxième rencontre entre Gantz et Abbas depuis la formation du nouveau gouvernement israélien en juin, la première ayant eu lieu à Ramallah en août dernier.

En rapportant les détails de la conversation mercredi, les Douzième et Treizième chaînes israéliennes ont cité Abbas disant à Gantz qu’il ne soutiendrait pas un retour à la violence en Cisjordanie, « même si un pistolet était pointé sur ma tête ».

Cependant, Abbas a dit à Gantz qu’il était préoccupé par l’éruption de violence à Jérusalem, en particulier autour du mont du Temple. Abbas a dit à Gantz que s’il y avait un changement des éléments religieux sur le lieu saint, cela conduirait à une escalade « imparable », selon la Treizième chaîne.

Des Palestiniens scandent des slogans après la prière du vendredi dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa sur le mont du Temple à Jérusalem, le 18 juin 2021. (AHMAD GHARABLI / AFP)

Au cours de la réunion, Abbas aurait également demandé à Gantz d’accorder une plus grande liberté d’action aux forces de sécurité palestiniennes en Cisjordanie, promettant de réprimer toute violence envers Israël. Il a également demandé à Tsahal de réduire son profil en Cisjordanie où elle a mené une série de raids visant à déraciner les cellules terroristes du Hamas.

Citant des sources palestiniennes, le radiodiffuseur public Kan a déclaré que Gantz avait remercié Abbas pour le rôle joué par l’AP dans le sauvetage de deux Israéliens à Ramallah au début du mois, après qu’ils se sont égarés et ont été encerclés par une foule palestinienne. Abbas a ajouté que les frictions devaient être réduites entre les résidents des implantations et les Palestiniens en Cisjordanie.

Le groupe terroriste palestinien du Hamas a lui fustigé la rencontre, la qualifiant de « répréhensible et condamnable ». « C’est une attaque contre le soulèvement qui a lieu actuellement en Cisjordanie », a déclaré Hazim Qasim, porte-parole du groupe, une référence apparente aux attaques récentes qui ont été commises contre des soldats et des civils israéliens.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas avec le président russe Vladimir Poutine durant leur réunion au Kremlin, à Moscou, le 14 juillet 2018 (Crédit : AFP PHOTO / Yuri KADOBNOV)

Lors d’un entretien téléphonique avec le président russe Vladimir Poutine, le chef de l’AP s’est montré moins enthousiaste. Les politiques israéliennes risquent de mener à une véritable « explosion » en Cisjordanie, a-t-il estimé jeudi auprès du chef russe, dont le pays est membre du Quartette (ONU, UE, USA, Russie) pour le Proche-Orient.

Abbas, dont le leadership est contesté depuis de très nombreuses années, « a souligné l’importance de mettre fin aux pratiques unilatérales d’Israël quant aux colonies, à la confiscation des terres, à l’expulsion de Palestiniens à Jérusalem-Est (…) et au terrorisme des colons car ces mesures israéliennes vont mener à une explosion de la situation », a indiqué l’agence officielle palestinienne Wafa.

« Les mesures économiques et sécuritaires ne sont pas un substitut à un processus politique », a indiqué jeudi M. Abbas à Vladimir Poutine, affirmant que les Palestiniens devront prendre des « décisions clés » lors du Conseil central de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) prévu dans les prochains mois.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha) a répertorié 410 attaques d’Israéliens contre des Palestiniens sur les 10 premiers mois de 2021, contre 358 sur toute l’année 2020.

Quelque 45 oliviers appartenant à des agriculteurs palestiniens près de la ville de Naplouse en Cisjordanie ont été arrachés du sol ces derniers jours, selon le groupe de défense des droits israélien Yesh Din. L’organisation affirme que certains des arbres près du village de Burin avaient plus de 70 ans, ajoutant que de lourds dommages avaient été causés à plusieurs parcelles.

Selon le rapport annuel de l’armée israélienne, 100 attaques ont été perpétrées en 2021 contre des Israéliens en Cisjordanie, contre 60 un an plus tôt, auxquels s’ajoutent 5 532 incidents impliquant des jets de pierres contre 4 000 l’année précédente.

L’AFP a contribué à cet article.

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