La rougeole s’exporte en GB : 500 enfants vaccinés d’urgence
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La rougeole s’exporte en GB : 500 enfants vaccinés d’urgence

Un médecin londonien a déclaré que l'épidémie est concentrée sur la communauté ultra-orthodoxe en raison d'un "manque de confiance" dans les autorités de santé publique

Photo d'illustration : Un homme se fait vacciner à Safed, le 6 novembre 2018 (Crédit : David Cohen/FLASH90)
Photo d'illustration : Un homme se fait vacciner à Safed, le 6 novembre 2018 (Crédit : David Cohen/FLASH90)

Plus de cinq cents enfants issus de la communauté juive ultra-orthodoxe de Grande-Bretagne ont été vaccinés d’urgence ces derniers mois, sur fond d’épidémie de rougeole, dont le premier patient serait un juif britannique venu passer les fêtes du Nouvel An en Israël.

Israël est actuellement en proie à une épidémie de rougeole, qui s’explique par le refus de certaines personnes de se faire vacciner ou de vacciner leurs enfants, notamment pour des raisons idéologiques.

Cette épidémie s’est concentrée sur les communautés ultra-orthodoxes, où le taux vaccinal est généralement assez bas. Les autorités médicales se battent pour faire vacciner des milliers de personnes à Jérusalem, à Beit Shemesh et dans d’autres villes.

Au Royaume-Uni, plus de 60 cas de rougeole ont été signalés depuis le mois d’octobre, ce qui correspond à une augmentation de 253 % par rapport au mois de janvier. Ces cas sont majoritairement signalés dans les quartiers d’Hackney et Haringey, au nord de Londres, qui abritent une importante population ultra-orthodoxe, a fait savoir le Jewish Chronicle mercredi.

Un juif ultra-orthodoxe devant la synagogue Ahavas Torah, à Stamford Hill, dans le nord de Londres, le 22 mars 2015. Illustration. (Crédit : Niklas Halle’n/AFP)

Selon le docteur Joseph Spitzer du centre médical Cranwich Road Surgery de Londres, le taux d’immunisation de la communauté ultra-orthodoxe est « clairement inférieur à celui de l’ensemble de la population, et il y a de nombreuses raisons à cela ».

Entre autres raisons, il a souligné que les familles nombreuses typiques du milieu haredi n’ont pas le temps de faire vacciner leurs enfants, croient à des mythes – largement démentis – sur les « dangers » du vaccin ROR, et manquent de confiance dans les autorités publiques.

« Les parents qui ne se rendent pas disponibles pour immuniser leurs enfants sont totalement irresponsables », a déclaré Spitzer au Jewish Chronicle. « L’épidémie s’éteindra d’elle-même, comme c’est toujours le cas, mais j’espère que les gens en tireront une leçon et arrêteront de jouer à la roulette russe avec leurs enfants. »

Des centaines de personnes en Israël sont tombées malades à cause de ce virus infectieux cette année, et un bébé de 18 mois en est mort à Jérusalem. C’est le premier cas de mort suite à une rougeole depuis 15 ans.

Le phénomène d’anti-vaccination a pris de l’ampleur ces dernières années, à cause de certaines théories – démenties – qui considèrent la vaccination comme étant dangereuse.

Un bébé souffrant de la rougeole. Illustration. (Crédit : CDC Global/CC BY/Flickr)

Parallèlement, des responsables de la santé opérant dans les hôpitaux israéliens ont accusé le ministère de la Santé de ne pas réussir à contenir l’épidémie de rougeole, affirmant qu’il était « déraisonnable » de s’attendre à ce qu’ils puissent entrer en contact avec chaque patient, –  appelant par ailleurs au lancement d’une campagne de vaccination nationale pour immuniser l’ensemble de la population, a indiqué Yediot Aharonoth.

Ils ont également le manque de salles pour mettre en quarantaine les patients atteints de rougeole, a indiqué le quotidien.

Le ministère de la Santé à accusé l’hôpital du manque de salles de quarantaines et de son échec à vacciner les employés.

Le mois dernier, les députés ont voté en faveur d’un projet de loi qui donnerait aux autorités israéliennes la capacité d’interdire l’accès à toutes les structures liées à l’éducation aux enfants ou individus n’ayant pas été vaccinés contre une maladie en cas de risque d’épidémie dans le pays.

Si le texte est adopté dans sa version actuelle, le ministère de la Santé serait autorisé à suivre les enfants qui ne sont pas vaccinés dans les centres de santé publics et à adresser aux parents un avertissement officiel s’ils persistent. Les ministères pourraient décider d’appliquer des sanctions financières afin de les inciter à vacciner.

Ces sanctions prendront la forme de déductions d’impôts et d’allocations, ce qui pourrait correspondre à une perte de plus de 2 000 shekels par mois.

Raoul Wootliff a contribué à cet article.

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