La Syrie veut aussi récupérer le Golan
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La Syrie veut aussi récupérer le Golan

Dans son discours aux Nations unies, Walid Muallem, le ministre syrien des Affaires étrangères, a accusé Israël de soutenir et de protéger les terroristes au sud de la Syrie

Walid Al-Moualem, ministre des affaires étrangères de Syrie, lors de la 71ème session de l'Assemblée générale des Nations unies au siège de l'ONU à New York, le 24 septembre 2016 (Crédit : AFP/Kena Betancur)
Walid Al-Moualem, ministre des affaires étrangères de Syrie, lors de la 71ème session de l'Assemblée générale des Nations unies au siège de l'ONU à New York, le 24 septembre 2016 (Crédit : AFP/Kena Betancur)

Samedi, le ministre syrien de Affaires étrangères a déclaré que son pays souhaitait réoccuper le plateau du Golan contrôlé par Israël. Il a accusé l’Etat juif de soutenir des « organisations terroristes » combattant les forces du président syrien Bachar Assad ; il a aussi déclaré, qu’après sept années de guerre civile, la victoire était presque à portée de main.

S’exprimant devant l’Assemblée générale des Nations unies, le ministre syrien des Affaires étrangères a déclaré que Damas chercherait à récupérer le plateau du Golan, tout comme il venait de reprendre le contrôle du Golan syrien dans une offensive soutenue par la Russie.

« Tout comme nous avons libéré la sud de la Syrie des terroristes, nous sommes déterminés à libérer totalement le Golan syrien occupé selon les lignes du 4 juin 1967 », a-t-il affirmé.

Le Golan a été capturé par Israël en 1967 quand l’Etat juif a combattu contre l’Egypte, la Syrie et la Jordanie pendant la Guerre des Six jours. Il a ensuite été annexé par Israël dans une décision qui n’a pas été officiellement reconnue internationalement.

Une photo prise depuis le Golan montre de la fumée dans une zone où les forces gouvernementales soutenues par les Russes ont mené des raids aériens près cu village d’Al-Rafid dans la province de Quneitra, dans le sud de la Syrie, le 19 juillet 2018 (Crédit : AFP/ JALAA MAREY)

Muallem a aussi accusé Israël de soutenir des groupes terroristes dans le sud de la Syrie. Il faisait probablement référence au soutien qu’Israël a fourni à des groupes rebelles, selon des articles parus dans la presse étrangère, tout comme à l’aide donnée aux réfugiés qui ont fui à la frontière d’Israël pendant les années du conflit.

Il a dit qu’Israël « les protégeait par le biais d’une intervention militaire directe, en lançant des attaques répétées contre la Syrie ».

Une photo prise depuis le plateau du Golan montre les réfugiés venant à la frontière entre la Syrie et Israël depuis un camp de personnes déplacées situé à proximité du village syrien de Burayqah, dans le sud de la province de Quneitra, le 17 juillet 2018. (Crédit : AFP /JALAA MAREY)Y

Des médias de l’État syrien ont souvent décrit les frappes aériennes israéliennes contre des sites syriens et iraniens comme un soutien aux groupes terroristes.

Dans son discours optimiste, Muallem a salué l’armée et le peuple syriens pour avoir « résisté » pendant la guerre, étant « parfaitement convaincus qu’il s’agissait d’une bataille pour leur existence ». Il a fustigé l’Occident et d’autres pays qui soutiennent l’opposition, en faisant allusion à leurs efforts manqués pour mettre en place un gouvernement de transition et à se débarrasser d’Assad.

« Malgré la déception de certains, nous sommes ici, après plus de sept années d’une guerre sale contre mon pays, pour annoncer au monde que la situation sur le terrain est devenue plus sure et stable, et que notre bataille contre le terrorisme est presque terminée », a déclaré Muallem.

Les forces du gouvernement syrien, soutenues par la Russie et l’Iran, ont repris la majorité des territoires rebelles conquis lors de la guerre qui a coûté la vie à plus de 400 000 personnes et fait fuir des millions d’autres civils. Le gouvernement du président Bachar Assad qualifie toutes les troupes armées d’opposition et les groupes rebelles combattant les forces syriennes de « terroristes », pas seulement l’Etat islamique ou al-Qaeda.

L’ambassadeur syrien a dénoncé les forces américaines, françaises et turques opérant dans son pays comme étant des « forces d’occupation » et leur a demandé de partir immédiatement.

Muallem a déclaré que les forces étrangères étaient illégalement sur le sol syrien, sous le prétexte de combattre le terrorisme, et ces forces « seront traitées en conséquence ».

« Elles doivent se retirer immédiatement sans conditions », a-t-il déclaré à l’assemblée.

Un soldat américain assis sur un véhicule blindé à un nouveau poste de Manbij, au nord de la Syrie, le 4 avril 2018 (Crédit : Hussein Malla/AP)

La semaine dernière, la Russie et la Turquie ont trouvé un accord qui arrêtait une offensive imminente du gouvernement syrien pour reprendre le dernier bastion rebelle dans la province septentrionale d’Idleb. L’accord vise à mettre en place une zone démilitarisée autour d’Idleb pour séparer les forces du gouvernement des rebelles, y compris ceux du groupe associé à al-Qaeda, aussi connu sous le nom de Front Nusra.

« Nous espérons que quand l’accord sera appliqué, le Front Nosra et d’autres terroristes seront éradiqués, éliminant ainsi les dernières poches de terrorisme de Syrie », a déclaré Muallem.

Des rebelles syriens du Front national de la Libération, près du village d’Abu Dali, dans la province d’Idleb, le 1er septembre 2018. (Crédit : AFP / Nazeer AL-KHATIB)

Il n’a fourni aucun élément pour étayer ses affirmations selon lesquelles la victoire était proche. Les Etats-Unis, la France et la Turquie n’ont pas immédiatement répondu à nos emails pour réagir à ces accusations.

Muallem a déclaré que Damas continuerait à « mener cette bataille sacrée jusqu’à ce que nous purgions tout le territoire syrien », à la fois des groupes terroristes et « de toute présence étrangère illégale ».

Les Etats-Unis disposent d’environ 2 000 soldats en Syrie, principalement des formateurs et des conseillers des forces kurdes et des Arabes syriens opposés à Assad. La France a plus de 1 000 soldats sur le terrain dans le pays ravagé par la guerre.

La situation sur le terrain « est plus stable et plus sure grâce à la lutte contre le terrorisme » et « toutes les conditions sont maintenant présentes pour le retour volontaire des réfugiés », a-t-il déclaré.

Muallem a critiqué la communauté internationale pour « avoir propagé des peurs irrationnelles » qui poussent les réfugiés à ne pas rentrer au pays.

« Nous devons appeler la communauté internationale et des organisations humanitaires à faciliter ces retours », a-t-il déclaré. « Ils donnent une tournure politique à ce qui devrait seulement être une question humanitaire ».

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