La ville d’Afula autorise à nouveau les non-résidents dans ses parcs
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La ville d’Afula autorise à nouveau les non-résidents dans ses parcs

La municipalité du nord d'Israël accusée de discrimination revient sur son arrêté suite aux pressions d'un tribunal et du procureur général

Une vue d'une rue de la ville d'Afula. (Shay Levy / Flash90)
Une vue d'une rue de la ville d'Afula. (Shay Levy / Flash90)

La municipalité d’Afula a accepté dimanche d’ouvrir ses parcs à l’ensemble du public, revenant sur un arrêté municipal controversé qui en interdisait l’accès aux non-résidents et que plusieurs jugeaient comme destiné à exclure les Arabes des villes voisines de la ville majoritairement juive.

La ville a accepté de changer sa politique sur les recommandations du tribunal de district de Nazareth, où la municipalité est poursuivie pour sa politique discriminatoire par le groupe de défense Adalah.

Avant le verdict, des responsables municipaux d’Afula ont assuré à la cour que les panneaux interdisant les non-résidents seraient enlevés d’ici mardi.

Dans sa décision, le juge a indiqué que limiter l’accès de ses parcs publics était illégal, mais n’a pas fait référence aux allégations d’Adalah selon lesquelles cette interdiction était fondée sur un racisme anti-arabe.

« La loi est claire : on ne peut pas restreindre ou faire payer l’accès aux espaces publics », a-t-il rappelé. « Tout comme il serait illégal de fermer une rue, il est illégal de restreindre l’accès à un parc public, que les motivations soient discriminatoires ou non. »

Avi Elkabetz, maire d’Afula, dans une capture d’écran du 16 juin 2019. (Facebook)

Le mois dernier, le nouveau maire d’Afula, Avi Elkabetz, a interdit les non-résidents des parcs de la ville après avoir promis pendant sa campagne que « la conquête du parc municipal doit prendre fin. Nous devons faire flotter fièrement des drapeaux israéliens dans le parc et y entendre de la musique en hébreu ».

Adalah avait déposé une requête auprès du tribunal de Nazareth pour faire annuler l’arrêté. Pour l’organisation, il faisait suite à la promesse électorale « explicite » d’Elkabetz de chasser d’Afula les habitants des villes arabes voisines.

Même si la ville a affirmé avec insistance que cette interdiction ne reposait pas sur ce motif, des témoignages et deux reportages distincts ont révélé qu’elle s’appliquait bien aux visiteurs arabes.

La requête d’Adalah mentionnait le nom d’une résidente de Nazareth, Nariman Shehada Zoabi, qui a indiqué qu’elle et son bébé avaient été contraints de quitter un parc d’Afula.

Elle a dit s’être sentie « profondément humiliée » lorsque le gardien lui a demandé de partir, d’après la requête. « Les résidents juifs marchaient librement à côté de moi fans ce parc dans lequel j’allais souvent avec mon fils, alors qu’on m’a empêchée d’y accéder et forcée à en partir – pour le simple fait que je vienne de la ville arabe de Nazareth. »

Jeudi, le procureur général Avichai Mandelblit s’est rangé du côté d’Adalah, indiquant au tribunal de Nazareth que l’arrêté de la ville était illégal.

Il a estimé que « les motivations derrière la décision sans précédent de la municipalité d’Afula de fermer le parc soulevait de graves questions ».

« La décision d’accorder l’accès aux parcs municipaux, qui sont des espaces publics, ne peut reposer sur des considérations liées à la race, la religion, la nationalité, le pays d’origine, le sexe, l’orientation sexuelle ou tout autre caractéristique inhérente à un individu ».

« Une décision ostensiblement basée [sur la race, la religion, la nationalité, le pays d’origine, le sexe, l’orientation sexuelle] est une décision parfaitement inacceptable qui doit être annulée », a-t-il écrit.

Les tensions entre Juifs et Arabes à Afula se sont accrues depuis l’élection d’Elkabetz au poste de maire en novembre dernier. Son programme électoral reposait sur la « préservation du caractère juif d’Afula ». Après sa victoire, il aurait également demandé aux conseillers municipaux de prêter serment à ce sujet.

Le mois dernier, son adjoint et lui se sont joints à des dizaines de manifestants, dont des membres du conseil municipal de sa ville, qui protestaient contre la vente d’une maison à une famille arabe.

« À tous ceux qui cherchent une ville mixte — Afula n’est pas le bon endroit », a déclaré un conseiller municipal à la Radio de l’armée dimanche matin. « Nous sommes une ville de droite avec des caractéristiques juives. »

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