L’ADL demande au Congrès de lutter contre la haine en ligne
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L’ADL demande au Congrès de lutter contre la haine en ligne

Jonathan Greenblatt estime que les réseaux sociaux auraient dû s'attaquer à la prolifération de l'antisémitisme il y a longtemps

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Jonathan Greenblatt, chef de la direction et directeur national de la Ligue anti-diffamation (ADL), témoigne au Capitole à Washington, le mardi 2 mai 2017, devant une commission judiciaire du Sénat sur les réponses à l'augmentation des crimes haineux religieux. (Photo AP / Carolyn Kaster)
Jonathan Greenblatt, chef de la direction et directeur national de la Ligue anti-diffamation (ADL), témoigne au Capitole à Washington, le mardi 2 mai 2017, devant une commission judiciaire du Sénat sur les réponses à l'augmentation des crimes haineux religieux. (Photo AP / Carolyn Kaster)

WASHINGTON — Mercredi, le chef de l’Anti-Defamation League (ADL) a demandé à la Chambre des Représentants de rédiger des lois qui forceraient les géants des réseaux sociaux à exclure les néo-nazis et autres personnes déversant leur haine antisémite de leurs sites, si ceux-ci ne le font pas eux-mêmes.

Lors de son témoignage devant la Chambre des représentants sur la sécurité intérieure, Jonathan Greenblatt a attribué la montée des incidents antisémites aux États-Unis en partie aux propos racistes qu’amplifient les sites comme Facebook, Twitter et d’autres.

« Cela fait longtemps que les réseaux sociaux auraient dû agir et interdire les néo-nazis et leurs idées », a dénoncé Greenblatt devant les parlementaires. « Des entreprises comme Twitter et Facebook doivent investir autant d’énergie à protéger les utilisateurs vulnérables qu’à protéger leurs profits ».

« Si elles ne réagissent pas face à ce problème, a-t-il ajouté, ce sera sans doute à vous de le faire ».

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Jonathan Greenblatt a encouragé l’adoption de la Loi de modernisation de la sécurité en ligne, qui développe et renforce l’application des sanctions pour le harcèlement et les crimes en ligne.

S’il a reconnu que Facebook, Twitter et Reddit ont récemment mis en vigueur de nouvelles règles, il estime que ces entreprises ne sont pas allées suffisamment loin pour éradiquer l’antisémitisme violent sur leurs réseaux.

Ces dernières années, les inquiétudes autour de l’antisémitisme se sont renforcées, le nombre d’incidents antisémites ayant augmenté.

Les données récentes de l’ADL montrent que les incidents antisémites ont grimpé en flèche dans le pays. Rien qu’en 2018, 1 879 cas ont été recensés, selon l’organisation juive de défense de droits civiques, et 13 % ont été commis par des suprémacistes blancs. Cela inclut la tuerie de Pittsburgh à la synagogue de l’Arbre de vie, où 11 personnes ont été tuées dans l’attaque antisémite la plus meurtrière survenue sur le sol américain.

Nathan Diament, le directeur de la politique de l’Union orthodoxe, a déclaré aux élus que les Juifs aux États-Unis « ont peur comme jamais auparavant ».

« Nous sommes sous la menace de violences quand nous marchons dans la rue ou quand nous entrons dans nos synagogues pour prier », a-t-il déploré.

« Des Juifs ont été abattus alors qu’ils priaient dans des synagogues à Pittsburgh et Poway ou pendant qu’ils faisaient des courses dans un magasin casher à Jersey City. Des Juifs clairement identifiables – des Juifs orthodoxes et ultra-orthodoxes – ont été attaqués dans les rues de New York, Miami et ailleurs ».

Dans ses remarques d’ouverture, Max Rose, le président du sous-comité du renseignement et du contre-terrorisme et élu démocrate de New York, a estimé que les extrémistes étaient encouragés par les contenus sur les réseaux sociaux.

« Le gouvernement devrait encourager les réseaux sociaux à donner la priorité au retrait des contenus terroristes – dont les contenus antisémites violents – afin d’empêcher la haine en ligne de se transformer en violence dans la vie réelle », a-t-il déclaré.

Dans le passé, l’ADL a appelé les géants des réseaux sociaux de la Silicon Valley à mettre en place des règles plus strictes afin d’éradiquer l’antisémitisme et d’autres formes de racisme et de contenus haineux.

Le principal remède, avait expliqué Jonathan Greenblatt au Times of Israël en janvier, est d’exclure les utilisateurs qui publient des contenus antisémites violents. Selon lui, cela revient à crier des insultes antisémites dans un café ou un restaurant – dans ce cas, on vous ferait quitter les lieux.

« Si vous allez sur Facebook, Youtube, Twitter ou toute autre plateforme et que vous dites des choses terribles sur les Juifs, ou les Mexicains, ou les musulmans, vous devriez en être exclus », avait-il fustigé. « Ce sont des commerces. Ce ne sont pas des zones de parole libre – elles sont gouvernées par les mêmes lois que Starbucks et qu’un restaurant ».

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