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L’AIEA de plus en plus « inquiète » face à l’escalade nucléaire de l’Iran

Les Conseils de gouverneurs s'enchaînent et se contentent de simples déclarations pour condamner le manque de coopération de l'Iran. Aucune résolution n'a été présentée depuis novembre 2022 même si des limites ont régulièrement été franchies

Des centrifugeuses construites en Iran visibles dans le cadre d'une exposition sur les réalisations nucléaires du pays, à Téhéran, en Iran, le 8 février 2023. (Crédit : Vahid Salemi/AP)
Des centrifugeuses construites en Iran visibles dans le cadre d'une exposition sur les réalisations nucléaires du pays, à Téhéran, en Iran, le 8 février 2023. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), chargée de vérifier le caractère pacifique du programme nucléaire iranien, a fait part de ses « inquiétudes grandissantes » dans des rapports consultés lundi par l’AFP.

A une semaine d’une réunion du Conseil des gouverneurs au siège de Vienne, son directeur général Rafael Grossi appelle de nouveau Téhéran à « coopérer pleinement », alors que les relations entre les deux parties ne cessent de se dégrader.

Il évoque dans ces documents encore confidentiels « des déclarations publiques en Iran sur les capacités techniques de production d’armes nucléaires, ce qui renforce les inquiétudes quant à l’exactitude » des comptes-rendus de Téhéran.

Si la République islamique nie vouloir se doter de la bombe, certains dans la classe politique se livrent à des propos alarmants, a expliqué une source diplomatique.

Stock à 60% réduit

Parallèlement, l’Iran poursuit son escalade et dispose désormais de suffisamment de matière pour fabriquer plusieurs bombes atomiques.

Le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, à droite, visitant une exposition sur les projets nucléaires de l’Iran, à Téhéran, en Iran, le 11 juin 2023. (Crédit : Bureau du Guide suprême iranien/AP)

D’après le point d’étape de l’instance onusienne, les stocks s’élevaient à 5.525,5 kg à la date du 10 février (contre 4.486,8 kg fin octobre). Soit plus de 27 fois la limite autorisée par l’accord international de 2015 encadrant les activités atomiques de Téhéran en échange d’une levée des sanctions internationales.

L’Iran s’est affranchi progressivement des engagements pris dans le cadre de ce pacte connu sous l’acronyme JCPOA, en réaction au retrait des Etats-Unis décidé en 2018 par le président d’alors, Donald Trump.

Des discussions menées à Vienne pour le ranimer ont échoué à l’été 2022.

Outre l’accumulation de ses stocks, Téhéran a largement dépassé le plafond fixé à 3,67 % – équivalant à ce qui est utilisé dans les centrales nucléaires pour la production d’électricité : il possède 712,2 kg de matière enrichie à 20% (contre 567,1 kg trois mois auparavant).

Dans le cas du seuil de 60 %, proche des 90 % nécessaires pour élaborer une arme atomique, Téhéran a cependant réduit le stock à 121,5 kilos (contre 128,3 kg précédemment).

« Ils ont décidé de procéder à une opération de dilution en début d’année », a précisé le même diplomate. « Peut-être ne veulent-ils pas accroître les tensions » avec les puissances occidentales, a-t-il avancé.

« Aucune justification civile »

Les Occidentaux préfèrent eux aussi calmer le jeu dans le contexte géopolitique actuel, soucieux d’éviter un embrasement au Proche-Orient.

 

Les Conseils de gouverneurs de l’AIEA s’enchaînent et se contentent de simples déclarations pour condamner le manque de coopération de l’Iran. Aucune résolution n’a été présentée depuis novembre 2022 même si des limites ont régulièrement été franchies.

Lundi, les Etats-Unis se sont dits « extrêmement préoccupés par l’expansion continue du programme nucléaire de l’Iran, sans aucune justification civile crédible », selon le porte-parole de la diplomatie Matthew Miller.

« Le tableau d’ensemble demeure très sombre », renchérit Eric Brewer, de l’institut de recherches américain Nuclear Threat Initiative (NTI). Et « aucune voie diplomatique ne semble être en mesure de stopper l’escalade dans un avenir proche », dit-il à l’AFP.

Dans ces conditions, l’AIEA apparaît impuissante.

L’Iran a restreint « d’une manière sans précédent » sa coopération, déplorait récemment son directeur général, dénonçant une « prise en otage ».

Les inspections ont été fortement réduites, les caméras de surveillance débranchées et l’accréditions d’un groupe d’experts retirée.

Rafael Grossi a d’ailleurs « vivement regretté » le fait que l’Iran ne soit pas revenu sur sa décision de bannir plusieurs de ses employés. Ils sont huit à être concernés, de nationalité française et allemande, d’après une autre source diplomatique.

Face à ces critiques, le gouvernement iranien avait annoncé la semaine dernière avoir invité M. Grossi à venir à Téhéran en mai, à l’occasion d’une conférence internationale sur l’énergie.

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