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L’Algérie prête 300 millions de dollars à la Tunisie

La Tunisie est confrontée à une grave crise économique, avec une instabilité chronique freinant les ardeurs des investisseurs et des bailleurs de fonds

DOSSIER - Dans cette photo d'archives du jeudi 19 décembre 2019, le président algérien Abdelmadjid Tebboune prononce un discours lors d'une cérémonie d'inauguration au palais présidentiel, à Alger, en Algérie. (Crédit : AP Photo/Toufik Doudou, DOSSIER)
DOSSIER - Dans cette photo d'archives du jeudi 19 décembre 2019, le président algérien Abdelmadjid Tebboune prononce un discours lors d'une cérémonie d'inauguration au palais présidentiel, à Alger, en Algérie. (Crédit : AP Photo/Toufik Doudou, DOSSIER)

La Tunisie a annoncé mardi avoir obtenu un prêt de 300 millions de dollars de l’Algérie, à la veille d’une visite du président algérien Abdelmadjid Tebboune à Tunis.

Selon l’édition de mardi du Journal officiel de la République tunisienne, le président Kais Saied a ratifié par décret un protocole financier, conclu le 9 décembre, relatif à l’octroi par l’Algérie à la Tunisie « d’un prêt d’un montant de 300 millions de dollars », soit 266,2 millions d’euros.

Cette annonce survient à la veille d’une visite de deux jours que le président algérien Abdelmadjid Tebboune doit effectuer en Tunisie.

Le Fonds monétaire international (FMI) avait annoncé le 18 novembre avoir reçu « récemment » une demande d’aide du nouveau gouvernement tunisien et que des discussions techniques étaient en cours pour « définir les priorités économiques » du pays.

La Tunisie est confrontée à une grave crise économique, avec une instabilité chronique freinant les ardeurs des investisseurs et des bailleurs de fonds.

Le nouveau président tunisien Kais Saied prête serment, le 23 octobre 2019. (Crédit : Fethi Belaid / AFP)

Le pays a connu une grave crise politique cet été quand le président Saied s’est arrogé les pleins pouvoir avec le limogeage du gouvernement et la suspension du Parlement dominé par le parti d’inspiration islamiste Ennadha. M. Saied a annoncé lundi le prolongement de cette suspension jusqu’à la tenue de nouvelles élections en décembre 2022.

La crise économique tunisienne, caractérisée par une croissance en berne depuis 10 ans (0,6 % par an en moyenne) et une forte inflation de 6 % par an, a été aggravée par la pandémie qui a mis le pays à l’arrêt et l’a privé de cruciales recettes touristiques.

Pour sortir de l’ornière, à côté des aides reçues notamment de l’Union européenne, Tunis se tourne pour la quatrième fois en 10 ans vers le FMI, dont elle espère obtenir avant la fin de l’année un prêt de près de 4 milliards de dollars (3,3 milliards d’euros).

En octobre, un responsable de la Banque centrale de Tunisie avait indiqué que son pays était en discussion avec les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite pour renflouer les caisses de l’Etat, mais aucune annonce sur l’avancement de ces tractations n’a été faite depuis.

Rassemblement de soutien aux Palestiniens à l’appel d’Ennahda, le 7 novembre 2015 (Crédit : AFP/Fethi Belaid)

M. Saied a reçu le soutien des Emirats et de l’Arabie saoudite, deux pays en première ligne de la lutte contre l’islam politique – dont Ennadha est l’émanation en Tunisie.

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