L’Allemagne ne va pas placer l’aile politique du Hezbollah sur une liste noire
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L’Allemagne ne va pas placer l’aile politique du Hezbollah sur une liste noire

Le ministre d’État Niels Annen a insisté que Berlin et l’UE ne seront pas influencés par la décision du Royaume-Uni de désigner l’ensemble du Hezbollah comme un groupe terroriste

La foule brandit les drapeaux de l'organisation terroriste libanaise Hezbollah (jaune) et les drapeaux nationaux libanais lors de la Journée de Jérusalem dans le village de Maroun al-Ras, près de la frontière israélo-libanaise, le 8 juin 2018. (Crédit : AFP Photo/Mahmoud Zayyat)
La foule brandit les drapeaux de l'organisation terroriste libanaise Hezbollah (jaune) et les drapeaux nationaux libanais lors de la Journée de Jérusalem dans le village de Maroun al-Ras, près de la frontière israélo-libanaise, le 8 juin 2018. (Crédit : AFP Photo/Mahmoud Zayyat)

Vendredi, un haut responsable allemand a déclaré que Berlin ne suivra pas le Royaume-Uni dans son interdiction du Hezbollah libanais en tant que groupe terroriste.

Niels Annen, qui officie au ministère des Affaires étrangères allemand, a déclaré au magazine Der Spiegel que le Hezbollah est un élément important de la société libanaise et que l’intérêt de l’Allemagne portait sur la sécurité du Liban, a rapporté Reuters.

Il a également noté que l’Union européenne désigne actuellement l’aile militaire du Hezbollah comme une organisation terroriste et que ni la position de l’UE ni celle de l’Allemagne ne seraient influencées par l’annonce du Royaume-Uni de proscrire la branche politique de l’organisation libanaise.

Le ministre s’est entretenu avec l’hebdomadaire allemand après s’être rendu au Liban, où il a rencontré le Président et le Premier ministre du pays.

Avant la décision du mois dernier d’interdire le Hezbollah dans son intégralité, des ministres britanniques avaient déclaré qu’il n’y avait aucune différence entre l’aile militaire du groupe chiite et sa branche politique. Les Britanniques ont accusé le Hezbollah de déstabiliser le Moyen-Orient.

La décision a été saluée par les Etats-Unis et Israël. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait savoir à son homologue britannique Theresa May qu’il s’attendait à ce que d’autres pays prennent la même direction.

L’interdiction britannique est intervenue après que le puissant groupe chiite est entré dans le nouveau gouvernement libanais. Alors que la cabinet est présidé par Saad Hariri, un responsable politique sunnite soutenu par l’Occident occupant la fonction depuis 2016, le Hezbollah a accumulé des victoires politiques significatives aux dépens du principal parti sunnite. Le groupe terroriste est maintenant en charge de trois ministères.

En janvier, l’ambassadrice américaine au Liban a décrit ce qu’elle qualifiait de rôle « croissant » du Hezbollah dans le nouveau cabinet libanais comme d’une menace à la stabilité du pays. De son côté, Netanyahu a déclaré que l’arrivée dans le gouvernement libanais du groupe soutenu par l’Iran montrait que Téhéran tirait les ficelles.

Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah prononce un discours diffusé en direct lors d’un rassemblement pour commémorer le 40e anniversaire de la Révolution islamique d’Iran, dans le sud de Beyrouth, au Liban, le mercredi 6 février 2019. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla)

Après l’inscription du Hezbollah sur la liste noire du Royaume-Uni et alors que les Etats-Unis renforcent leurs sanctions, Hassan Nasrallah, le chef du groupe terroriste, a appelé vendredi ses militants à faire des donations.

« Les sanctions et les listes terroristes sont une forme de guerre contre la résistance, et nous devons les traiter en tant que telles », a déclaré Nasrallah.

« J’annonce aujourd’hui que nous avons besoin du soutien de notre base populaire, » a ajouté Nasrallah. « C’est la responsabilité de la résistance libanaise, sa base populaire, son milieu » de s’opposer à ces mesures.

Nasrallah a dit qu’il s’attendait à ce que les sanctions américaines « à notre encontre et celle de nos soutiens se renforcent ».

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