Nasrallah : Israël, qui n’est pas prêt à la guerre, a « peur »
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Nasrallah : Israël, qui n’est pas prêt à la guerre, a « peur »

Selon le chef du Hezbollah, le déploiement des systèmes américains anti-missiles montre que les Israéliens ne croient pas en leurs propres capacités militaires

Sur cette photo du 13 avril 2018, des partisans du leader du Hezbollah Sayyed Hassan Nasrallah brandissent une banderole avec son portrait et un texte en arabe : "Loyauté à l'homme noble". (AP /Hussein Malla)
Sur cette photo du 13 avril 2018, des partisans du leader du Hezbollah Sayyed Hassan Nasrallah brandissent une banderole avec son portrait et un texte en arabe : "Loyauté à l'homme noble". (AP /Hussein Malla)

Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a affirmé vendredi qu’Israël avait « peur » d’une autre guerre qui l’opposerait au groupe terroriste du Liban, clamant que les militaires israéliens ne sont pas préparés à un tel conflit.

Dans un discours télévisé, Nasrallah a laissé entendre que le déploiement, cette semaine, du système avancé de défense anti-missile américain THAAD au sein de l’Etat juif pour des exercices conjoints était la preuve de ce qu’Israël n’était pas sûr de pouvoir contrer les tirs de roquettes du Hezbollah dans une future guerre.

« Israël a peur d’une nouvelle guerre », a dit Nasrallah à ses partisans.

« Chaque jour, vous pouvez entendre que, d’une manière ou d’une autre, Israël n’est pas préparé à la guerre et cette semaine, vous avez pu constater qu’Israël a commencé à utiliser le système THAAD américain. Ils ne font même pas confiance aux systèmes de défense anti-missiles qu’ils ont eux-mêmes développé », a-t-il ajouté, selon la Treizième chaîne.

Le Hezbollah posséderait entre 100 000 et 150 000 roquettes et l’Etat juif a averti que l’organisation terroriste œuvrait à développer des missiles de précision avec l’assistance de l’Iran. Tandis que l’armée israélienne et le ministère de la Défense ont investi d’importantes ressources dans la défense aérienne, des officiers de l’armée ont indiqué que ces systèmes en place ne seraient pas en mesure de stopper tous les projectiles.

Un système de défense par intercepteur THAAD américain durant un test de lancement. Illustration. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Les propos de Nasrallah ont fait écho à d’autres commentaires que le chef du Hezbollah a pu faire dans le passé concernant l’état de préparation d’Israël à un conflit et ils surviennent quelque mois après que l’Etat juif a achevé une opération dont l’objectif était de traquer et de détruire les tunnels transfrontaliers au Liban qui, selon Jérusalem, pouvaient être utilisés pour lancer une première attaque lors d’un conflit futur.

Le leader de l’organisation terroriste a ultérieurement démenti l’efficacité de cette campagne anti-tunnel, ajoutant que ses plans d’envahissement de la Galilée – soutenus par l’Iran – restaient intacts.

Dans son discours de vendredi, Nasrallah a également lancé un appel aux dons auprès des partisans du Hezbollah en raison, a-t-il dit, de la pression financière exercée en résultat des sanctions occidentales.

Cet appel du chef du Hezbollah suit l’annonce par le Royaume-Uni, le 25 février dernier, que le pays chercherait à pénaliser l’appartenance ou le soutien apporté à l’organisation chiite.

Jawad Nasrallah, second fils du leader du Hezbollah, Sheikh Hassan Nasrallah, filme son père en train de s’exprimer devant ses partisans dans le sud de Beyrouth, le 3 novembre 2014 (Crédit : AP Photo/Hussein Malla)

Il suit également une initiative de renforcement des sanctions américaines contre le groupe, avec une série de mesures adoptées au mois de novembre ciblant, entre autres, le fils de Nasrallah, Jawad.

« Ces sanctions et ces listes terroristes sont une forme de guerre menée contre la résistance et nous devons les appréhender en tant que telles », a dit Nasrallah.

« J’annonce aujourd’hui que nous avons besoin du soutien de notre base populaire », a ajouté Nasrallah. « C’est là la responsabilité de la résistance libanaise, de sa base populaire, de son milieu » que d’affronter ces mesures.

Le Hezbollah a été créé en 1982 pendant la guerre civile libanaise et il est maintenant un parti politique majeur dans le pays, avec trois sièges au cabinet.

Le mouvement a été inscrit sur la liste des groupes terroristes aux Etats-Unis dès 1997 et l’aile militaire du groupe se bat aux côtés du régime du président syrien Bashar al-Assad dans la guerre civile qui ravage le pays.

Sur cette photo du 13 avril 2018, des partisans du leader du Hezbollah Sayyed Hassan Nasrallah brandissent une banderole avec son portrait et un texte en arabe : « Loyauté à l’homme noble ». (AP /Hussein Malla)

S’adressant à ses partisans, Nasrallah a souligné que « difficultés financières auxquelles nous faisons actuellement face sont le résultat de cette guerre financière » et non de toute « défaillance de type administratif ».

« Ils ne parviendront pas à nous appauvrir ou à nous affamer », a-t-il déclaré. « Ceux qui nous ont soutenus continueront à nous soutenir… qu’il s’agisse d’Etats ou de bases de soutien ».

Washington a imposé de dures sanctions au parti et l’Union européenne a placé l’aile militaire du Hezbollah sur liste noire en 2013.

Nasrallah a expliqué qu’ils s’attendait à ce que les sanctions américaines « se resserrent sur nous et sur nos partisans ».

« Nous pourrions voir de nouveaux noms, de nouvelles personnes et de nouvelles organisations s’ajouter sur les listes des sanctions », a-t-il averti.

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