L’antisémitisme à l’origine de la radicalisation islamiste ?
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L’antisémitisme à l’origine de la radicalisation islamiste ?

Pour le professeur Gunther Jikeli, "l'’antisémitisme s’appuie plutôt sur la dénonciation d’Israël afin d’incriminer tous les Juifs"

Professeur Gunther Jikeli à l'ISGAP à Paris, France, le 17 avril 2015 (Crédit : Capture d'écran YouTube)
Professeur Gunther Jikeli à l'ISGAP à Paris, France, le 17 avril 2015 (Crédit : Capture d'écran YouTube)

Professeur invité à l’Institut d’étude de l’antisémitisme contemporain de l’Université d’Indiana aux Etats-Unis, Gunther Jikeli explique que l’antisémitisme réside à l’origine du phénomène de radicalisation islamiste qui se propage aujourd’hui notamment chez les jeunes, relate Le Devoir.

Gunther Jikeli est né le 19 juin 1973 à Cologne, il est professeur invité à l’Institut d’étude de l’antisémitisme contemporain de l’Université d’Indiana aux USA et chercheur associé au centre Moses Mendelssohn à l’Université de Postdam et au Groupe sociétés, religions, laïcités du CNRS à Paris.

« Qui s’inquiète aujourd’hui des chrétiens ou des juifs radicaux ? Bien sûr, il existe des organisations radicales chrétiennes et juives. Mais elles demeurent marginales comparées aux organisations islamistes qui menacent la vie de milliers de personnes. Parler de ‘radicalisation’ dans l’absolu risque de rendre les choses encore plus confuses, » a-t-il déclaré.

Selon lui, il existe un lien entre la montée du terrorisme islamiste et les actes antisémites.

« À Paris, j’ai interviewé de jeunes musulmans qui n’hésitaient pas à se dire antisémites. Certains allaient jusqu’à m’avouer qu’ils voulaient tuer des Juifs. Cet antisémitisme est omniprésent et il fait intégralement partie de ce qu’on nomme l’islamisme. Je distingue évidemment l’islam de l’islamisme. Mais l’idéologie des Frères musulmans, violente ou pas, est antisémite depuis toujours, » affirme t-il.

Selon Jikeli, « l’antisémitisme a changé de nature. On n’invoque plus les théories racistes du XIXe siècle. L’antisémitisme s’appuie plutôt sur la dénonciation d’Israël afin d’incriminer tous les Juifs. »

Jikeli déclare cependant que la radicalisation n’est pas susceptible de toucher tout le monde « pour que cette radicalisation se produise, il faut des gens disponibles. Des jeunes, par exemple, qui s’interrogent sur le sens de leur vie. Mais ce n’est pas suffisant. Il faut aussi des mouvements qui proposent un projet politique. »

Günther Jikeli considère qu’il faut sortir de la naiveté face à l’islamisme, « on ne combattra pas le radicalisme sans combattre l’antisémitisme qui est un des meilleurs indicateurs de la radicalisation et du refus du pluralisme. Aujourd’hui, on invite ces organisations antisémites dans des cours de religion en Allemagne et on les accepte comme partenaires dans certaines municipalités françaises. Nous avons pourtant toutes les informations nécessaires pour combattre ces organisations qui ne représentent personne et cherchent surtout à être reconnues comme des interlocuteurs valables. »

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