Erdan : les Palestiniens essaient de “politiser” Interpol
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Erdan : les Palestiniens essaient de “politiser” Interpol

Pour Jérusalem, l’AP pourrait transmettre des renseignements sensibles à des groupes terroristes si elle rejoint l’organisation policière internationale

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan et le chef de la police de Jérusalem Yoram Halevy sur la scène d'une attaque terroriste près de la colline des munitions, à Jérusalem, le 9 octobre 2016. (Crédit : autorisation)
Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan et le chef de la police de Jérusalem Yoram Halevy sur la scène d'une attaque terroriste près de la colline des munitions, à Jérusalem, le 9 octobre 2016. (Crédit : autorisation)

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a critiqué la tentative de l’Autorité palestinienne (AP) de rejoindre l’organisation de police internationale Interpol. Il a déclaré que cet acte politiserait l’institution et nuirait à son intégrité.

Devant des policiers russes pendant une visite officielle à Moscou lundi, Erdan, dont le ministère est responsable des services de police, a déclaré que le geste faisait partie des efforts palestiniens pour imposer des décisions unilatérales à Israël en utilisant les institutions internationales.

« Interpol est une organisation professionnelle importante, chargée d’aider ses membres à combattre le crime et à assurer la sécurité publique, a déclaré Erdan. Elle ne peut pas être transformée en institution politique dirigée par des considérations parasites, comme les Palestiniens tentent de le faire. »

Les Palestiniens souhaitent que leur demande pour rejoindre Interpol soit soumise au vote pendant la prochaine assemblée générale de l’organisation, la semaine prochaine.

Le siège d'Interpol à Lyon, en France. (Crédit : Massimiliano Mariani/CC BY-SA/Wikipedia)
Le siège d’Interpol à Lyon, en France. (Crédit : Massimiliano Mariani/CC BY-SA/Wikipedia)

Pour tenter d’empêcher ce geste, les diplomates israéliens ont fait pression sur les pays membres, et les représentants de la police israélienne ont échangé avec leurs homologues à Interpol.

Israël craint que des informations sensibles ne soient divulguées à des terroristes si les Palestiniens rejoignent l’organisation, a déclaré un responsable de Jérusalem au Times of Israël sans donner plus de détails.

Israël tente généralement d’empêcher les Palestiniens de rejoindre des organisations internationales, ce qui leur donnerait de facto une reconnaissance en tant qu’Etat.

Le site d’informations Walla a cité des responsables israéliens qui déclaraient qu’accepter les Palestiniens sans qu’ils ne répondent aux critères d’adhésion actuels en tant qu’Etat entraînerait une « politisation de toutes les décisions et de tous les votes de l’organisation », et influencerait le fonctionnement d’Interpol.

Israël espère que l’association de la demande de l’AP à celle du Kosovo, qui, tout comme les Iles Salomon, demande à adhérer à Interpol, entraînera la Russie et d’autres pays à s’aligner sur la position israélienne. La Russie ne reconnait pas le Kosovo, qui a déclaré son indépendance en 2008.

Le diplomate palestinien Faed Mustafa présente ses lettres de créance à Dimitri Medvedev, alors président russe, à Moscou, le 16 décembre 2009. (Crédit : Bureau de la présidence russe/CC BY 4.0/Wikimedia Commons)
Le diplomate palestinien Faed Mustafa présente ses lettres de créance à Dimitri Medvedev, alors président russe, à Moscou, le 16 décembre 2009. (Crédit : Bureau de la présidence russe/CC BY 4.0/Wikimedia Commons)

Selon Wafa, média officiel de l’AP, l’ambassadeur palestinien en Turquie, Faed Mustafa, a déclaré que les ministères palestiniens de l’Intérieur et des Affaires étrangères avaient des « contacts intensifs » avec les « pays concernés » qui soutiennent cette initiative.

La Turquie, membre d’Interpol, a déjà promis son soutien à cette action, a déclaré l’ambassadeur, « car la Palestine a le droit de rejoindre toutes les organisations internationales. »

Il a déclaré qu’Ankara avait déjà envoyé une lettre officielle à Interpol pour demander que l’inclusion de la Palestine soit au programme de la prochaine assemblée générale.

Des représentants de 190 états membres assisteront à l’assemblée générale d’Interpol à Bali, en Indonésie, du 7 au 10 novembre prochain.

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s'adresse à la 71e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, au siège de l'ONU à New York, le 22 septembre 2016. (Crédits : AFP/Jewel Samad)
Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s’adresse à la 71e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, au siège de l’ONU à New York, le 22 septembre 2016. (Crédits : AFP/Jewel Samad)

Après l’échec de neuf mois de négociations de paix parrainées par les Etats-Unis entre Israël et les Palestiniens en avril 2014, l’AP a adopté une politique d’adhésion à toutes les organisations et institutions internationales, dont la Cour pénale internationale, dont elle est devenue membre en avril dernier. Mustafa a précisé qu’Interpol était une priorité de l’AP à cette étape.

Dans le cadre d’une série de mesures conçues pour renforcer les efforts internationaux d’indépendance de Ramallah, l’AP a demandé officiellement à rejoindre Interpol en août 2015.

La demande avait été rejetée car elle avait été soumise trop tard pour être discutée par l’assemblée de cette année là.

En juin, le conseil de direction de l’organisation avait décidé de ne pas accepter une nouvelle demande d’adhésion palestinienne, mais de mettre en place un panel d’experts indépendants pour décider des critères d’acceptation de nouveaux membres.

Ce mois-ci, le sujet de l’adhésion palestinienne a cependant été poussé par la Turquie, et le conseil s’est résolu à la présenter au vote.

Pour devenir membre, un candidat doit obtenir les deux tiers des votes des états membres.

Interpol, la plus grande organisation internationale après les Nations unies, permet à ses états membres d’échanger des renseignements et de travailler ensemble pour trouver des moyens de lutte contre les crimes internationaux, du terrorisme au trafic d’êtres humains.

Dov Lieber et l’équipe du Times of Israël ont contribué à cet article.

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