L’AP devrait continuer à accepter les transferts de taxes – cadre de l’OLP
Azzam al-Ahmad a déclaré que les Palestiniens se feraient eux-mêmes du tort en réagissant à la décision de Jérusalem de retenir le montant des paiements aux terroristes
Un haut responsable palestinien a déclaré que les Palestiniens devraient continuer à accepter les taxes qu’Israël collecte au nom de l’Autorité palestinienne. Cette déclaration intervient après que le cabinet de sécurité israélien a annoncé dimanche bloquer 150 millions de shekels (38,7 millions d’euros) supplémentaires à Ramallah en sanction pour ses paiements aux terroristes blessés et aux familles des terroristes décédés.
Après qu’Israël a annoncé qu’il gèlerait des centaines de millions de shekels début 2019 en sanctions pour les versements de l’AP aux prisonniers de sécurité, dont des terroristes et leurs familles, le président de l’AP Mahmoud Abbas a déclaré que les Palestiniens n’accepteraient aucune taxe que l’Etat juif collecte pour eux, à moins qu’il ne transfert le montant intégral.
Pourtant, dans les mois qui ont suivi, l’AP est tombé dans une crise financière importante et a pris une série de mesures d’austérité, dont une réduction forte de la majorité des salaires de ses employés. Au final, an août, l’AP a accepté deux milliards de shekels de taxes d’Israël, même si Jérusalem a continué à refuser de verser le montant total.
Début octobre, l’Autorité palestinienne a accepté un autre grand transfert de taxes depuis Israël. Depuis lors, l’AP a reçu des transferts de taxe tous les mois. À l’époque, Israël avait également refusé de transférer tous les fonds.
« Israël n’a absolument aucun droit de bloquer nos taxes et elles doivent nous revenir, a déclaré Azzam al-Ahmad, un membre du comité exécutif de l’OLP et du comité central du Fatah, au Times of Israël mercredi. Nous ne devrions cependant pas nous faire du tort en répondant à cette décision d’Israël. Nous devrions continuer à accepter les fonds. »
Israël a commencé à appliquer une nouvelle loi en février 2019 pour bloquer les taxes qu’elle collecte pour l’AP. Le montant est déterminé par rapport à ce que, selon les officiels israéliens, Ramallah paie aux prisonniers sécuritaires et à leurs familles, mais aussi aux terroristes blessés et aux familles de Palestiniens tués dans des confrontations avec les Israéliens.
Israël s’oppose fermement à ces paiements, en considérant qu’ils incitent aux attaques violentes contre des Israéliens. Les responsables palestiniens basés à Ramallah affirment que le système cherche à apporter de l’aide aux familles palestiniennes et à compenser ce qu’ils décrivent comme un système de justice militaire injuste.
En février 2019, Israël a déclaré qu’il déduirait environ 500 millions de shekels (129 millions d’euros) des transferts de taxes versés à l’AP sur 12 mois, à cause des salaires versés aux prisonniers de sécurité et à leurs familles. À l’époque, les autorités israéliennes n’avaient fait aucune mention des fonds qu’elles cherchent à bloquer pour les aides versées.
Un officiel du ministère de la Défense, qui s’est exprimé sous condition d’anonymat plus tôt cette semaine, a déclaré que l’annonce de dimanche concernant les 150 millions de shekels supplémentaires visait à faire appliquer une partie de la loi qu’Israël n’avait pas appliquée plus tôt en 2019.
« Nous cherchons maintenant à appliquer intégralement la loi », a déclaré l’officiel, notant que les fonds seraient déduits sur l’année.
Ahmad a déclaré que le Comité exécutif de l’OLP discuterait du sujet lors de sa prochaine rencontre le 5 janvier. Il a noté qu’il était encouragé par les voix en Israël qui dénoncent la retenue des fonds.
« Quand nous entendons des voix se lever contre de telles mesures qui nous sont imposées, nous sommes contents », a-t-il déclaré.
Dans le même temps, la Treizième chaîne a annoncé que le chef du service de sécurité du Shin Bet Nadav Argaman avait prévenu le cabinet de sécurité que la décision de bloquer 150 millions de shekels supplémentaires allait probablement nuire aux liens d’Israël avec l’AP et renforcer les tensions.
Mercredi, Hussein al-Sheikh, un cadre de l’AP, a tweeté qu’il avait rencontré mardi le ministre des Finances Moshe Khalon. Il a dit que l’AP continuerait à payer les familles de prisonniers sécuritaires et des assaillants morts.
Il a également dit à Kahlon que la « politique hostile » d’Israël conduirait à « une explosion ».