L’AP et le Hamas fustigent l’annulation de l’aide américaine
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L’AP et le Hamas fustigent l’annulation de l’aide américaine

Il est nécessaire d' "unifier les rangs palestiniens" face à la politique américaine, a affirmé le porte-parole du groupe terroriste palestinien

Le négociateur palestinien Saeb Erekat prend la parole lors de la conférence de "Haaretz" et du New Israel Fund à New York, le 13 décembre 2015. (Crédit : Amir Levy / Flash90)
Le négociateur palestinien Saeb Erekat prend la parole lors de la conférence de "Haaretz" et du New Israel Fund à New York, le 13 décembre 2015. (Crédit : Amir Levy / Flash90)

L’annulation par l’administration américaine d’une aide de 200 millions de dollars destinée aux Palestiniens est un « chantage minable » qui révèle les véritables intentions de Washington, ont estimé samedi de hauts responsables de l’OLP.

« A la demande » du président Donald Trump, l’administration américaine a annoncé vendredi qu’elle allait « rediriger » plus de 200 millions de dollars initialement prévus pour des programmes en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza à des programmes hautement prioritaires ailleurs ».

Pour Saëb Erekat le secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), « cette décision équivaut à un aveu sur les véritables intentions de la politique d’aide américaine consistant à intervenir dans les affaires intérieures des autres peuples ».

Les aides américaines « ne sont pas un don mais un devoir de la communauté internationale qui assume la responsabilité de la poursuite de la colonisation israélienne empêchant le développement de l’économie et de la société palestinienne », a-t-il poursuivi dans un communiqué.

En arrêtant ses aides aux Palestiniens, les Etats-Unis « réaffirment une nouvelle fois leur mépris pour leurs engagements internationaux », a indiqué Erakat.

Une autre haute responsable de l’OLP, Hanan Ashrawi, a elle estimé que Washington avait « recourt à un chantage minable comme outil politique ».

Hanan Ashrawi, membre de l’OLP (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

« Les droits du peuple palestinien ne sont pas à vendre », a-t-elle réagi dans un communiqué.

« Il n’y aucune gloire à constamment intimider et punir un peuple sous occupation. L’administration américaine a déjà manifesté sa bassesse dans sa collusion avec l’occupation israélienne et ses vols de terres et de ressources. Maintenant, elle exerce des pressions en punissant les victimes palestiniennes de cette occupation », a ajouté Mme Ashrawi.

« Unifier les rangs »

Le mouvement terroriste islamiste palestinien du Hamas qui contrôle la bande de Gaza a lui aussi réagi à l’annonce américaine.

Pour répondre à « la politique américaine du chantage (…) et faire face à tous les défis », il est nécessaire d' »unifier les rangs palestiniens », a affirmé à l’AFP son porte-parole, Fawzi Barhoum.

Plus tôt, l’envoyé de l’OLP à Washington, Husam Zomlot, avait jugé que l’administration Trump était « en train de démanteler des décennies de vision et d’engagement américains en Palestine ».

« Après Jérusalem et l’UNRWA (l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens), ceci ne fait que confirmer l’abandon de la solution à deux Etats et l’adhésion complète à l’agenda anti-paix du (Premier ministre israélien Benjamin) Netanyahu », a affirmé Zomlot.

Les relations sont gelées entre Washington et l’Autorité palestinienne depuis l’annonce par Donald Trump, fin 2017, de sa reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël.

Pour les Palestiniens, cette reconnaissance nie leur revendication à faire de Jérusalem-Est la capitale de l’Etat auquel ils aspirent. Ils refusent depuis tout contact et dénie à Washington tout rôle de médiateur dans le processus de paix.

En réponse, Donald Trump avait annoncé fin janvier qu’il allait conditionner le versement de l’aide aux Palestiniens à leur retour à la table des négociations, bloquant alors les 215 millions de dollars que l’administration américaine devait investir en 2018 à Gaza et en Cisjordanie occupée pour l’aide humanitaire et le développement.

Les Etats-Unis avaient aussi déjà drastiquement coupé en janvier leur contribution à l’UNRWA, obligée depuis de licencier plus de 250 employés.

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