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Lapid accuse Itamar Ben Gvir de promouvoir un programme raciste et antidémocratique

Le député d'extrême droite a riposté en affirmant que le ministre des Finances "devrait être le dernier à prêcher" ; Saar a qualifié l'opposition de "menace pour la démocratie"

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid s'exprimant lors d'une conférence organisée par l'Institut israélien de la démocratie à Jérusalem, le 21 juin 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid s'exprimant lors d'une conférence organisée par l'Institut israélien de la démocratie à Jérusalem, le 21 juin 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Alors qu’Israël se prépare à de nouvelles élections, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid a échangé mercredi des piques avec un législateur d’extrême droite qu’il a accusé de répandre un message raciste et antidémocratique.

Itamar Ben Gvir, qui dirige le parti d’extrême droite Otzma Yehudit, est connu pour ses visites dans des lieux sensibles comme le Mont du Temple et le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem, ainsi que pour ses confrontations enflammées avec des membres arabes de la Knesset, notamment Ahmad Tibi, qu’il a qualifié de « terroriste« .

« La personne la plus forte aujourd’hui dans l’opposition n’est pas [Benjamin] Netanyahu, c’est Itamar Ben Gvir », a déclaré Lapid en s’en prenant à l’ancien Premier ministre.

« Le message de Ben Gvir est simple et violent. Il dit non à un État démocratique, pas de valeurs libérales, pas de modération, pas d’État de droit, seulement du nationalisme et du racisme. »

Lapid a fait ces commentaires alors qu’il s’adressait à Eli Horovitz lors de la conférence sur l’économie et la société à l’Institut israélien de la démocratie à Jérusalem.

Ben Gvir, dont le parti Sionisme religieux est en hausse dans les sondages, a répondu en accusant Lapid d’hypocrisie en raison de la dépendance de la coalition vis-à-vis des membres arabes de la Knesset, qu’il a qualifiés de racistes et d’intolérants. Ben Gvir a fait référence à la nomination par Lapid du député arabe Walid Taha du parti Raam à la présidence de la commission des Affaires intérieures et de l’Environnement de la Knesset, accusant Taha de vouloir « jeter les membres de la communauté LGBTQ des toits et assassiner les soldats de Tsahal ».

Le député Itamar Ben Gvir prend la parole à la Knesset, le 2 novembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

« Il devrait être le dernier à prêcher », a déclaré Ben Gvir à propos de Lapid. « Le public n’est pas stupide et vous échangera par un gouvernement de droite lors des prochaines élections. »

Les législateurs de l’opposition ont régulièrement critiqué l’inclusion de Raam dans la coalition, affirmant que ses membres étaient des « partisans du terrorisme ».

Le va-et-vient entre Lapid et Ben Gvir est intervenu alors que la Knesset a approuvé mercredi une lecture préliminaire d’un projet de loi visant à sa dissolution, mettant le pays sur la voie d’un cinquième tour d’élections depuis 2019.

Après des mois d’instabilité politique déclenchée par la perte de la majorité parlementaire par le gouvernement début avril et exacerbée par les tensions sécuritaires, le Premier ministre Naftali Bennett et Lapid ont déclaré lundi que leurs efforts pour stabiliser leur coalition disparate avaient été « épuisés ». Ils ont déclaré qu’ils allaient donc demander la dissolution de la Knesset et convoquer de nouvelles élections.

Après la dissolution attendue de la Knesset, Lapid devrait assumer le rôle de Premier ministre par intérim jusqu’à ce qu’un nouveau gouvernement prête serment après les élections.

Mercredi également, le ministre de la Justice, Gideon Saar, a accusé l’opposition d’être une menace pour la démocratie en présentant à la Knesset un projet de loi qui empêcherait un membre de la Knesset mis en examen de former un gouvernement.

Le ministre de la Justice et chef du parti Tikva Hadasha Gideon Saar lors d’un débat à la Knesset, le 6 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le projet de loi empêcherait effectivement Netanyahu, qui est actuellement en procès pour corruption, de redevenir Premier ministre, bien qu’il semble très peu probable qu’il soit adopté avant la dissolution de la Knesset.

« À Dieu ne plaise, si ce bloc remporte une majorité de 61 sièges lors d’élections démocratiques… Il n’y aura plus qu’une seule autorité dans l’État d’Israël, plus précisément, plus qu’un seul chef », a déclaré Saar.

Il a également accusé Ben Gvir et Yitzhak Pindrus, membre du parti Yahadout HaTorah au parlement, de vouloir « faire exploser la Haute Cour de Justice », en référence aux commentaires faits par ce dernier en mai.

Les députés de droite accusent depuis des années la Cour d’outrepasser son mandat et d’empiéter sur l’autorité du corps législatif en annulant des lois et autres politiques qu’elle juge anticonstitutionnelles.

Le personnel du Times of Israel a contribué à cet article.

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