Lapid invité à Washington le mois prochain par Blinken
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Lapid invité à Washington le mois prochain par Blinken

L'invitation a été lancée pendant un appel téléphonique entre les deux éminents diplomates, qui évoqueront le suivi de l'entretien entre Bennett et Biden

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken (g) et le ministre des Affaires étrangères israélien Yair Lapid. (AP/Montage)
Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken (g) et le ministre des Affaires étrangères israélien Yair Lapid. (AP/Montage)

Le secrétaire d’État Anthony Blinken a invité le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid à venir à Washington, a fait savoir le département d’État.

S’exprimant mardi devant les journalistes, le porte-parole du Département d’État, Ned Price, a précisé que cette invitation avait été lancée pendant un entretien téléphonique entre les deux hauts-responsables, lundi, « pour continuer le dialogue suite à la visite récente qui a été effectuée par le Premier ministre [Naftali] Bennett et pour échanger nos vœux à l’occasion de Rosh HaShana ».

« Le secrétaire Blinken a invité le ministre Lapid à venir le voir prochainement à Washington. Le secrétaire et le ministre ont également souligné l’importance des consultations entre les deux pays sur les dossiers régionaux et sécuritaires, et notamment concernant l’Afghanistan, l’Iran et la Chine », a noté Price.

Lundi, le bureau de Lapid a annoncé que le ministre des Affaires étrangères avait salué l’évacuation de l’Afghanistan par les États-Unis – ce qui a semblé être une tentative de tempérer les critiques qu’il avait exprimées, la semaine dernière, sur le retrait des forces américaines du pays.

Lapid et Blinken ont aussi discuté des initiatives israéliennes visant à alléger les pressions sur la bande de Gaza tout en maintenant la sécurité, et ils ont aussi échangé au sujet du programme nucléaire iranien. Les deux hommes ont convenu de se rencontrer le mois prochain, a noté le bureau de Lapid.

L’appel a eu lieu quelques jours après que Lapid a publiquement critiqué le retrait de l’administration Biden de l’Afghanistan, alors que le Premier ministre Naftali Bennett revenait tout juste d’une visite à Washington au cours de laquelle les administrations ont cherché à afficher des liens chaleureux et un changement par rapport aux différends qui s’étaient affichés ouvertement sous les gouvernements précédents.

Sur cette image fournie par l’US Marine Corps, des Marines affectés à la 24e unité expéditionnaire des Marines et des militaires allemands surveillent une porte d’entrée à l’aéroport international Hamid Karzai de Kaboul, en Afghanistan, le 19 août 2021. (Crédit : Cpl. Davis Harris/U.S. Marine Corps via AP)

« Le ministre a exprimé sa profonde appréciation de l’effort américain en Afghanistan, en particulier en ce qui concerne l’opération d’évacuation extraordinaire », a déclaré le bureau de Lapid dans son compte rendu de l’appel lundi.

Lapid avait indiqué aux journalistes, mercredi dernier, que ce retrait américain « était probablement la bonne décision à prendre mais peut-être qu’il ne s’est pas effectué de manière appropriée ».

« Je pense que le monde entier était concerné, et en premier lieu les Américains eux-mêmes. Cela ne s’est pas passé comme cela devait se passer », avait-il déclaré.

L’administration Biden a défendu son opération consistant à retirer de Kaboul des milliers de ses militaires et alliés malgré une situation chaotique après la reprise de la capitale afghane par les talibans. Les États-Unis ont néanmoins essuyé des critiques virulentes.

Alors que les responsables israéliens auraient exprimé des doutes en privé sur la façon dont l’opération américaine s’est déroulée, Jérusalem avait pris soin de taire des critiques avant les propos tenus par Lapid, qui sont intervenus quelques jours seulement après que Bennett soit revenu de sa première réunion avec Biden à la Maison Blanche.

Ni le département d’État, ni le ministère des Affaires étrangères n’avaient par ailleurs mentionné un autre sujet de discorde : le projet de Biden concernant la réouverture du consulat américain à Jérusalem, qui servait de mission de facto aux Palestiniens avant que l’ancien président américain Donald Trump ne le ferme en 2019.

« Nous pensons que c’est une mauvaise idée et nous avons dit à l’Amérique que nous pensons que c’est une mauvaise idée », avait déclaré Lapid à propos de ce plan mercredi dernier.

Lapid avait estimé que cette réouverture « enverra le mauvais message, non seulement à la région, non seulement aux Palestiniens, mais aussi à d’autres pays, et nous ne voulons pas que cela se produise ».

Le bâtiment du consulat des États-Unis à Jérusalem, le 4 mars 2019. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Le ministère des Affaires étrangères a déclaré que, lors de l’appel, Blinken avait fait l’éloge des récentes mesures prises par Israël pour alléger la pression sur la bande de Gaza, notamment l’extension de sa zone de pêche et l’autorisation donnée à des milliers de travailleurs supplémentaires de l’enclave d’entrer en Israël, malgré les émeutes nocturnes en cours le long de la frontière.

Lapid a déclaré à Blinken que Gaza occupait une « place centrale dans l’éventail des considérations d’Israël ».

Lapid a également affirmé que la politique israélienne visait à garantir la sécurité des civils le long de la frontière de Gaza, tout en affaiblissant le Hamas, mais que l’État juif ne cherchait pas à punir la population palestinienne de l’enclave dirigée par le groupe terroriste.

Outre l’extension de la zone de pêche de la bande de Gaza à 15 miles nautiques, Israël a également déclaré qu’il autorisera l’entrée de davantage de marchandises et de matériaux de construction à Gaza par le passage de Kerem Shalom, et que 5 millions de mètres cubes d’eau supplémentaires pourront entrer dans la bande, où les nappes phréatiques se sont détériorées depuis longtemps.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken et le chef de l’opposition de l’époque, Yair Lapid, à Jérusalem, le 25 mai 2021. (Crédit : Yair Lapid/Twitter)

5 000 travailleurs supplémentaires seront également autorisés à entrer en Israël depuis Gaza – en plus des 2 000 déjà autorisés – bien que seuls ceux qui ont guéri du coronavirus ou qui ont été vaccinés seront éligibles, a déclaré l’organisme de liaison militaire israélienne avec les Palestiniens, le COGAT, dans un communiqué.

Les deux hommes ont également abordé la question de l’Iran, et Lapid a fait part de l’inquiétude d’Israël concernant les progrès réalisés par l’Iran dans le cadre de son projet nucléaire, ainsi que face au manque de surveillance des efforts de Téhéran par la communauté internationale, a indiqué le ministère des Affaires étrangères.

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