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Lapid prévient que les députés rebelles « en paieront le prix »

Deux sondages ont montré vendredi que le bloc d'opposition de Netanyahu atteindrait 60 sièges sur les 120 que compte la Knesset si les élections avaient lieu aujourd'hui

Le Premier ministre Naftali Bennett, à droite, et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid lors d'une réunion du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 15 mai 2022 (Crédit: Courtoisie Yonatan Sindel/Flash90).
Le Premier ministre Naftali Bennett, à droite, et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid lors d'une réunion du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 15 mai 2022 (Crédit: Courtoisie Yonatan Sindel/Flash90).

Dans un message adressé aux différents législateurs rebelles de la coalition, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid a averti que « ceux qui mettent en danger ce gouvernement depuis l’intérieur doivent savoir qu’ils en paieront le prix ».

Dans un message publié sur son compte Facebook, Lapid a ajouté : « Je vous propose un meilleur marché : vous battre pour ce gouvernement, vous y accrocher. Décidez donc que vous faites partie d’une équipe gagnante, pas d’une équipe qui perd contre elle-même. »

Alors que la coalition continue de vaciller au bord du gouffre politique, Lapid a déclaré : « Si ce gouvernement tombe, la leçon en sera que la seule politique qui fonctionne est celle du venin et des incitations à la haine et à la violence. Je refuse d’accepter cela. »

Après avoir perdu sa majorité à la Knesset en avril, le gouvernement vacille d’une crise à l’autre. Cette semaine, il n’a pas réussi à faire passer un vote déterminant sur la législation qui permet de garantir l’application de la loi israélienne aux résidents d’implantations en Cisjordanie, une mesure qui doit être renouvelée chaque année, plusieurs membres arabes de la coalition ayant refusé de la soutenir.

La dernière menace pour la coalition serait maintenant le député Nir Orbach de Yamina qui, selon les rumeurs qui ont pu circuler jeudi, pourrait potentiellement être le dernier en date à vouloir déserter le gouvernement.

Le député Yamina a publiquement démenti les informations selon lesquelles il négocierait avec Netanyahu pour éventuellement rejoindre le Likud et former un gouvernement alternatif. Mais des sources proches d’Orbach ont déclaré aux médias israéliens qu’il étudiait effectivement cette possibilité.

La Douzième chaîne a rapporté vendredi qu’Orbach avait donné à Bennett un ultimatum le sommant de résoudre les problèmes rencontrés avec les deux députés de Meretz et de Raam d’ici d’une semaine, disant que, le cas échéant, il pourrait soutenir un vote de défiance envers le gouvernement.

Le député Nir Orbach assiste à une réunion du comité des arrangements à la Knesset, à Jérusalem, le 21 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député de droite est aussi considéré comme un potentiel défecteur susceptible d’emboîter le pas à Silman depuis le ralliement à l’opposition de cette dernière, il y a deux mois. Orbach a émis des ultimatums pour rester au sein de la coalition – deux d’entre eux liés au sujet des implantations.

Autre rebelle de la coalition, la députée du Meretz Ghaida Rinawie Zoabi. Son parti la presse de démissionner de la Knesset après des propos tenus par la législatrice, qui a fait savoir qu’elle ne serait pas en mesure de soutenir certains projets de loi présentés au vote – comme celui portant sur les résidents de Cisjordanie.

Selon la Douzième chaîne, Rinawie Zoabi a envisagé la possibilité de son départ ces derniers jours – mais elle serait dorénavant très en colère contre le traitement qui lui est réservé par les dirigeants de la coalition et elle se refuserait dorénavant à partir.

La députée Rinawie Zoabi lors d’une session plénière à la Knesset, le 8 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Deux sondages ont montré vendredi que le bloc d’opposition de Netanyahu atteindrait 60 sièges sur les 120 sièges que compte la Knesset si les élections avaient lieu aujourd’hui.

Un sondage du Maariv donne 34 sièges au Likud, 21 à Yesh Atid, 11 au parti Sionisme religieux, 8 à Shas, 8 à Kakhol lavan, 7 à la Liste arabe unie, 7 à Yahadout HaTorah, 6 au Parti travailliste, 5 à Yamina, 5 à Yisrael Beytenu, 4 à Tikva Hadasha et 4 à Raam. Meretz ne dépasse pas le seuil électoral dans cette enquête d’opinion.

Un deuxième sondage, commandité par la Treizième chaîne, donne 36 sièges au Likud, 20 à Yesh Atid, 9 au parti Sionisme religieux, 8 à Shas, 8 à Kakhol lavan, 7 à la Liste arabe unie, 7 à Yahadout HaTorah, 6 au Parti travailliste, 6 à Yamina, 5 à Yisrael Beytenu, 4 à Tikva Hadasha et 4 au Meretz. Dans ce sondage, Raam échoue à franchir le seuil électoral.

L’échec du vote de lundi sur le projet de loi sur la Cisjordanie a été considéré par un grand nombre – y-compris par le ministre de la Justice Gideon Saar, qui en était le fer de lance – comme un test permettant d’évaluer les chances de survie de la coalition.

Tout comme Rinawie Zoabi, le député Mazen Ghanaim, du parti islamiste Raam, a voté contre la mesure portant sur l’application du droit israélien en Cisjordanie. Les trois autres députés de Raam et la députée rebelle Yamina Silman étaient absents lors du vote, ce qui a contribué à couler le projet de loi, qui a été rejeté par 52 voix « pour » contre 58 voix « contre ».

Depuis lors, la coalition fait pression sur Ghanaim et Rinawie Zoabi pour qu’ils démissionnent, car elle espère les remplacer par d’autres députés du Meretz et du Raam qui seraient plus susceptibles de soutenir le projet de loi sur la Cisjordanie lors d’un autre vote.

La coalition peut soumettre le projet de loi au vote chaque semaine avant son expiration à la fin du mois de juin. Si le gouvernement est dissous avant cette date, le projet de loi sera automatiquement prolongé jusqu’à ce qu’une nouvelle coalition puisse le voter.

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