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L’armée craint les changements apportés par Ben Gvir à la police des frontières

Tsahal devra appeler des centaines de réservistes supplémentaires pour compenser les pertes si le nouveau ministre de la Sécurité nationale déplace une partie des forces dans le sud

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des agents de la police des frontières en tenue anti-émeute se heurtant à des Palestiniens dans la ville de Hébron, en Cisjordanie, le 12 octobre 2022. (Crédit : Wisam Hashlamoun/Flash90)
Des agents de la police des frontières en tenue anti-émeute se heurtant à des Palestiniens dans la ville de Hébron, en Cisjordanie, le 12 octobre 2022. (Crédit : Wisam Hashlamoun/Flash90)

Tsahal a déclaré jeudi qu’il y avait eu une forte augmentation des violences en Cisjordanie au cours de l’année dernière et ont averti qu’un plan visant à retirer les forces de la police des frontières de la région pourrait potentiellement nuire aux opérations militaires et au calendrier de formation.

Le futur ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, aurait, selon les médias israéliens, l’intention de retirer une division de la police des frontières de Cisjordanie et de placer ses 16 pelotons dans le sud d’Israël pour lutter contre la criminalité.

Selon un accord de coalition signé entre le parti d’extrême-droite de Ben Gvir, Otzma Yehudit, et le Likud de Benjamin Netanyahu, la police des frontières serait entièrement séparée de la police israélienne et serait placée sous le contrôle direct du nouveau ministère de la Sécurité nationale.

Dans le cadre d’une opération majeure en Cisjordanie au cours de l’année dernière, Tsahal a engagé des dizaines de bataillons de réservistes pour effectuer des raids d’arrestation, garder la barrière de sécurité et veiller à ce que les troupes de conscrits aient également suffisamment de temps pour s’entraîner.

L’armée estime que le déplacement des forces prévu par Ben Gvir vers le sud du pays nuirait considérablement à ses opérations en Cisjordanie et l’obligerait à convoquer des dizaines d’unités de réservistes supplémentaires pour compenser la perte des forces qui mènent régulièrement des opérations de sécurité dans la région aux côtés de l’armée.

En outre, les réservistes de Tsahal devront être formés pour mener des opérations de maintien de l’ordre, si les forces de la police des frontières sont effectivement déplacées hors de Cisjordanie.

Des troupes israéliennes opérant en Cisjordanie, le 20 décembre 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Tsahal a signalé des centaines de fusillades et des milliers d’incidents liés à des jets de pierres et de bombes incendiaires au cours de l’année écoulée. Les données ont été publiées dans le cadre d’un examen annuel des activités de l’armée.

L’armée a déclaré qu’au cours de l’année écoulée, des hommes armés palestiniens de Cisjordanie avaient ouvert le feu sur les troupes ou les civils au moins 285 fois, contre 61 en 2021 et 31 en 2020.

Tsahal a enregistré 7 589 incidents de jets de pierres et 1 268 attaques au cocktail Molotov en 2022, contre 5 532 et 1 022, respectivement, l’année dernière. En 2020, l’armée a indiqué qu’il y avait eu 4 002 attaques au jet de pierre et 751 attaques à la bombe incendiaire.

Au cours de l’année écoulée, 14 attaques à l’arme blanche ont eu lieu en Cisjordanie, selon les données de Tsahal. En 2021, l’armée a enregistré 18 attaques au couteau, et en 2020 seulement 9.

L’armée a déclaré que les troupes ont saisi 493 armes à feu illégales lors de raids en Cisjordanie cette année, contre 397 l’année dernière et 541 en 2020. Tsahal a également déclaré avoir fermé 14 sites de fabrication d’armes en Cisjordanie au cours de l’année écoulée.

Tsahal a déclaré avoir arrêté 2 672 suspects au cours d’une opération de plusieurs mois en Cisjordanie, lancée à la suite d’une série d’attentats meurtriers. Ces attaques ont fait 31 morts en Israël et en Cisjordanie depuis le début de l’année, dont plusieurs soldats.

L’année dernière, 2 288 suspects ont été arrêtés en Cisjordanie, et l’année 2020 a vu des chiffres similaires – 2 277 – malgré l’absence d’opération majeure. L’année dernière, quatre personnes ont été tuées dans des attaques terroristes, et trois en 2020.

Illustration : Des hommes armés palestiniens tirant sur les forces israéliennes lors d’un raid à Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, le 13 mai 2022. (Crédit : Nasser Ishtayeh/Flash90)

La Bande de Gaza relativement calme

L’armée a déclaré que la Bande de Gaza avait été relativement calme au cours de l’année écoulée, malgré un affrontement majeur avec le groupe terroriste du Jihad islamique palestinien en août.

Selon les données de Tsahal, l’armée a mené 118 frappes dans la Bande de Gaza au cours de l’année écoulée, à la suite de tirs de roquettes sur Israël. Ces frappes ont visé 257 sites.

Par ailleurs, l’armée israélienne a déclaré que deux tunnels creusés par des groupes terroristes depuis la Bande de Gaza en direction de la clôture frontalière ont été scellés. La nouvelle clôture frontalière d’Israël avec la Bande de Gaza comprend une barrière souterraine pour empêcher de creuser en dessous.

La barrière de sécurité a également empêché les Palestiniens de s’infiltrer en Israël depuis la Bande de Gaza. Selon Tsahal, au cours de l’année écoulée, 29 Palestiniens ont tenté de pénétrer en Israël, mais tous ont été arrêtés à la barrière de sécurité, sans la franchir.

L’armée a déclaré que trois roquettes seulement ont été tirées sur Israël depuis la Bande de Gaza au cours des six mois qui ont suivi le dernier affrontement majeur, qui a eu lieu en août.

Des roquettes lancées de la Bande de Gaza vers Israël, dans la ville de Gaza, le 7 août 2022. (Crédit : Hatem Moussa/AP/Dossier)

Avant cela, les roquettes continuaient à être tirées sur Israël à un rythme plus élevé à la suite d’opérations majeures.

Selon Tsahal, dans les six mois qui ont suivi une guerre de 11 jours en mai 2021, cinq roquettes ont été tirées de Gaza sur Israël ; 21 roquettes ont été tirées dans les mois qui ont suivi la guerre de 2014 à Gaza ; 76 après la guerre de 2012 ; et 196 après la guerre de 2008.

Tsahal intensifie ses frappes en Syrie

Tsahal a déclaré avoir mené des dizaines d’opérations en Syrie au cours de l’année écoulée, frappant des centaines de cibles au milieu des efforts répétés des groupes soutenus par l’Iran qui tentent de prendre pied dans le pays.

L’armée n’a pas précisé le nombre exact de frappes menées dans le cadre de la « campagne entre les campagnes » ou « guerre entre les guerres » – ou « Mabam », selon son acronyme hébreu – mais un agrégateur de contenu sur les frappes israéliennes en Syrie a recensé au moins 43 attaques signalées.

Tsahal affirme également attaquer des cargaisons d’armes supposées être destinées à ces groupes, au premier rang desquels se trouve le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah. En outre, les frappes aériennes attribuées à Israël ont visé à plusieurs reprises les systèmes de défense aérienne syriens.

Un incendie après une frappe aérienne présumée près de la ville syrienne de Masyaf, le 25 août 2022. (Crédit : Réseaux sociaux)

Selon les données de Tsahal, l’armée a également mené des dizaines « d’opérations spéciales » au cours de l’année écoulée.

L’armée a indiqué que l’armée de l’Air israélienne a effectué 105 000 heures de vol au total, dont 1 000 sorties opérationnelles d’avions de chasse et d’hélicoptères.

L’armée de la Marine israélienne a mené une trentaine d’opérations l’année dernière, totalisant 96 686 heures en mer, selon les données de Tsahal.

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