L’armée dément être responsable de la mort d’un bébé et de sa mère à Gaza
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L’armée dément être responsable de la mort d’un bébé et de sa mère à Gaza

Les porte-paroles de Tsahal ont déclaré qu'il y a de "plus en plus d'indications" qui montrent que le ministère de la Santé à Gaza a menti sur leurs morts

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

De la fumée s'échappe au-dessus des bâtiments lors d'une frappe aérienne d'Israël sur Gaza ville en riposte à des tirs de roquettes en provenance de l'enclave côtière le 4 mai 2019. (Mahmud Hams / AFP)
De la fumée s'échappe au-dessus des bâtiments lors d'une frappe aérienne d'Israël sur Gaza ville en riposte à des tirs de roquettes en provenance de l'enclave côtière le 4 mai 2019. (Mahmud Hams / AFP)

L’armée israélienne a démenti les affirmations palestiniennes selon lesquelles un bébé de 14 mois et sa mère enceinte avaient été tués dans une frappe israélienne dans la bande de Gaza samedi. Tsahal a déclaré que le tir manqué d’une roquette palestinienne était responsable de leurs morts.

« La propagande de l’organisation terroriste est à son meilleur niveau », a déclaré sur Twitter Ronen Manelis, porte-parole de l’armée israélienne.

« La mère et la fille qu’elle revendique à Gaza et qui ont été tuées dans une attaque (israélienne) ont été tuées par le recours aux armes par le Hamas », a-t-il ajouté.

Manelis réitère une affirmation faite précédemment par le porte-parole de l’armée en langue arabe, selon laquelle les morts auraient été causées par un lancement raté de roquettes par des terroristes dans une zone peuplée de civils.

Un autre porte-parole de l’armée, Jonathan Conricus, a déclaré aux journalistes que, sur la base de renseignements, « nous sommes maintenant confiants » quant à l’idée que les morts ne sont pas imputables à une frappe israélienne.

« Leur mort regrettable n’est pas le résultat d’armes (israéliennes), mais d’une roquette du Hamas qui a été tirée et qui a explosé, pas à l’endroit prévu », a-t-il déclaré.

Depuis samedi matin, des terroristes de l’enclave côtière ont tiré plus de 450 roquettes et obus de mortiers sur le sud d’Israël. En riposte, l’armée israélienne a bombardé de nombreuses cibles dans la bande de Gaza qui sont liées aux groupes terroristes palestiniens du Hamas et du Jihad islamique.

Samedi soir, le ministère de la Santé de Gaza tenu par le Hamas a annoncé qu’un enfant palestinien de 14 mois, Saba Mahmoud Hamdan Abu Arar, avait été tué aux côtés de sa mère, Falastin Saleh Abu Arar, quand une frappe israélienne aurait touché leur maison à Gaza ville.

Sur Twitter, le porte-parole en langue arabe de Tsahal, le major Avichay Adraee, avait déclaré que la mère et l’enfant ne semblaient pas avoir été tués par un attaque israélienne.

Adraee avait indiqué que leurs morts ont pu être causées par un tir de roquette manqué contre Israël, en soulignant que beaucoup des projectiles tirés sur Israël étaient lancés depuis des zones densément peuplées.

« Il y a de plus en plus d’indications qui nous parviennent de la bande de Gaza qui mettent en doute la véracité de la déclaration du ministère de la Santé du Hamas sur la mort du bébé Saba Mahmoud Hamdan Abu Arar et de sa mère Falastin Saleh Abu Arar,” avait écrit Adraee dans un tweet.

« Selon ces indications, la mort a été causée par des activités terroristes de militants palestinien, et non pas par une frappe israélienne », avait-il déclaré.

Plus tôt dans la journée de samedi, l’armée israélienne avait déclaré qu’elle frappait uniquement des cibles militaires dans la bande de Gaza.

Le ministère gazaoui de la Santé tenu par le Hamas n’a pas répondu à la déclaration d’Adraee, et a continué d’inclure Saba, Falastin et le bébé non né de Falastin dans la liste des victimes.

En outre, le ministère a déclaré que deux hommes avaient été tués lors des frappes israéliennes de samedi : Imad Muhammad Nasir, âgé de 22 ans, et Khaled Mohammed Abu Qliq, âgé de 25 ans.

Ce dernier aurait été tué dans une frappe aérienne menée alors que lui et d’autres hommes étaient en train de lancer des roquettes sur Israël. Environ 40 autres personnes ont été blessées à différents degrés dans des frappes israéliennes, selon le ministère.

L’explosion qui a tué la mère et l’enfant s’est produite dans le quartier de Zeitoun à l’est de Gaza ville.

Un journaliste de l’AFP présent sur place a évoqué des dégâts importants sur un bâtiment de la zone. Des voisins ont déclaré qu’un espace alentour avait été touché par une frappe israélienne.

De son côté, l’ambassade israélienne au Royaume-Uni a critiqué le titre et un article du site d’information the Independent présentant comme un fait les affirmations palestiniennes que la femme enceinte et son bébé de 14 mois avaient été tués par une frappe israélienne.

Udi Avivi, le porte-parole de l’ambassade, a fustigé ces « informations honteuses » et a accusé le journal britannique de « tomber dans la propagande du Hamas ».

Ce nouvel épisode de violence – l’une des plus importantes batailles de l’année dernière – a commencé vendredi soir quand des Palestiniens dans la bande de Gaza ont tiré sur deux soldats en patrouille à proximité de la frontière dans le sud de Gaza. Un soldat a été modérément blessé, et une soldate a été légèrement blessée, a déclaré Tsahal. En riposte, Israël a bombardé une position du Hamas, tuant plusieurs de ses terroristes.

Une femme constate les dégâts causés par une roquette tirée depuis la bande de Gaza qui a touché une maison d’un moshav israélien près de la frontière avec Gaza, le samedi 4 mai 2019. (Crédit : AP / Tsafrir Abayov)

Samedi matin, des groupes terroristes dans la bande de Gaza ont commencé à lancer des roquettes et des obus de mortier sur Israël. Samedi soir, plus de 250 projectiles avaient été tirés, dont la plupart dans des villes à proximité de la bande de Gaza, mais certaines roquettes ont atteint Beer-Sheva, Rehovot et Ashdod. Au moins trois civils israéliens ont été blessés dans les attaques, dont une femme qui a été sérieusement touchée.

En riposte, l’armée a lancé une série de frappes depuis les airs et la terre, visant des cibles sur toute l’enclave côtière liées aux Hamas, le groupe islamiste qui contrôle Gaza, et l’organisation terroriste palestinienne Jihad islamique qui est soutenue par l’Iran.

Samedi soir, il n’y avait aucun signe d’accalmie dans les affrontements entre Israël et les groupes terroristes de la bande de Gaza.

L’armée israélienne a déclaré qu’elle était prête à continuer à mener des frappes aériennes si les attaques de Gaza continuaient. Des groupes terroristes de l’enclave côtière ont fait des menaces similaires, déclarant qu’il frapperaient des zones plus au coeur d’Israël si Tsahal continuait ses frappes.

Un officier de l’armée israélienne a déclaré à la Treizième chaîne d’information que l’on estimait qu’il n’y aurait pas de retour immédiat au calme dans la frontière sud, et que l’on s’attendait à « au moins deux à trois jours de combats ».

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