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L’armée israélienne suspend deux commandants pour la mort d’un Palestinien

Le rapport de l'armée évoque "un manque de jugement dans la prise de décision" de la part des soldats et leur "absence de considérations morales"

Omar As’ad. (Crédit : autorisation)
Omar As’ad. (Crédit : autorisation)

L’armée israélienne a annoncé mardi la suspension de deux commandants après la mort d’un Palestino-américain lors d’une opération en Cisjordanie au cours de laquelle les militaires ont fait preuve de « manque de jugement » et « d’absence de considérations morales ».

Les Etats-Unis avaient exhorté Israël à mener une enquête sur le décès le 13 janvier d’Omar Abdalmajeed Assad, retrouvé mort dans un village de Cisjordanie après avoir été détenu et abandonné menotté par des soldats israéliens, selon des responsables palestiniens.

Âgé de 78 ans selon l’armée, M. Assad avait été arrêté, menotté, battu, abandonné dans un bâtiment en construction, puis retrouvé mort au petit matin après le départ des soldats, avait indiqué à l’AFP le chef du village de Jiljiliya, au nord de Ramallah, où les autorités avaient confirmé son décès des suites d’une crise cardiaque.

Dans son enquête sur cette mort, qu’elle dit « regretter », l’armée israélienne a indiqué mardi qu’après avoir arrêté et ligoté « pendant trente minutes » M. Assad, le vieil homme avait été « libéré », mais que les soldats avaient considéré qu’il « dormait », sans identifier de « signe de détresse » chez lui, et ne « l’avaient pas réveillé ».

Le chef d’Etat-major Aviv Kochavi lors d’une cérémonie organisée par la marine israélienne sur la base navale de Haïfa, en Israël, le 4 mars 2020. (Crédit : Flash90)

« Mais les soldats ont échoué à leurs obligations en laissant M. Assad gisant au sol sans traitement et sans reporter l’incident à leur hiérarchie », a conclu le rapport de l’armée, évoquant « un manque de jugement dans la prise de décision » de la part des soldats et leur « absence de considérations morales ».

« Laisser M. Assad seul, sans s’enquérir de son état de santé, était un acte d’insouciance qui est contraire aux valeurs de l’armée israélienne », a déclaré dans un communiqué le chef d’état-major de l’armée israélienne, Aviv Kochavi.

Les deux commandants impliqués dans cette affaire seront relevés de leur fonction et ne pourront servir dans des rôles de commandements pour les deux prochaines années, a indiqué l’armée.

Un troisième militaire, le commandant du bataillon « Netzah Yehuda », dont des soldats étaient présents lors de l’incident, recevra un « blâme », a-t-elle ajouté.

« En plus du soutien total que nous apportons à Tsahal pour accomplir sa mission, nous agirons contre tout manquement à ses valeurs, comme celui qui a mené à la mort d’Omar Assad. J’ai été tenu informé de l’enquête de la police militaire, que le chef d’état-major a approuvée. Je tiens à faire part de ma tristesse quant à son décès », a déclaré mardi Benny Gantz dans une vidéo.

Le ministre de la Défense a appelé aussi Tsahal, le Shin Bet et la police à se montrer intransigeants contre « la criminalité nationaliste et le terrorisme juif » en Cisjordanie.

L’année dernière, le nombre d’attaques violentes perpétrées par des extrémistes israéliens contre des Palestiniens a sensiblement augmenté. Il en est de même contre des militants de gauche et des forces de sécurité israéliennes. Gantz a demandé à l’armée et aux forces de l’ordre de sévir face à ce regain.

« Tsahal, la police et le Shin Bet multiplient leurs efforts, et nous nous assurerons que toutes les forces nécessaires y seront préparées. C’est un combat tant important pour notre sécurité que pour notre éthique », a souligné Gantz.

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