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L’armée réprimande un officier supérieur pour avoir rencontré Ben Gvir sans autorisation

Le colonel Avinoam Emunah a été cité comme favori pour commander la nouvelle garde nationale mise en place sur l'insistance du ministre de la Sécurité nationale d'extrême-droite

Le colonel Avinoam Emunah lors d'une cérémonie militaire, en 2020. (Crédit : Armée israélienne)
Le colonel Avinoam Emunah lors d'une cérémonie militaire, en 2020. (Crédit : Armée israélienne)

L’armée israélienne a réprimandé un officier supérieur pour avoir rencontré le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir sans avoir obtenu d’autorisation préalable, a déclaré Tsahal jeudi.

Le colonel Avinoam Emunah, commandant du collège de commandement tactique de Tsahal et de la 810e brigade régionale du Hermon, a été réprimandé par son commandant après que l’officier a reconnu avoir rencontré récemment le ministre d’extrême-droite « sans coordination ni autorisation préalable comme il se doit, violant ainsi l’interdiction de contact direct entre les officiers de l’armée et les politiciens de haut rang », a déclaré le communiqué, confirmant une information de la radio de l’armée.

Le communiqué précise qu’Emunah, qui doit prendre sa retraite de l’armée dans six mois, a assumé la responsabilité de ses actes suite à sa rencontre avec Ben Gvir. Selon une source militaire, Emunah n’a rencontré Ben Gvir qu’une seule fois.

Emunah a été cité à plusieurs reprises comme l’un des principaux candidats pour diriger la nouvelle garde nationale controversée de Ben Gvir, que les critiques ont qualifiée de « milice privée » pour le politicien extrémiste.

Emunah a déjà suscité la controverse après avoir été filmé en 2014 en train de dire à des soldats avant une opération près de la Bande de Gaza : « Dans la majorité des cas, ils fuiront : tuez-les quand ils s’enfuient. »

En 2021, Emunah a été blâmé par le chef d’état-major de Tsahal de l’époque, Aviv Kohavi, et sa promotion prévue a été retardée de deux ans, en raison d’un incident survenu un an auparavant, au cours duquel un soldat de l’unité Maglan a été grièvement blessé en sautant d’un véhicule en marche dans un buisson épineux. Emunah était à la tête de Maglan en 2016, lorsqu’un incident similaire s’est produit, et il n’a pas empêché cette coutume dangereuse de se perpétuer.

En 2018, en tant que chef de la 474e brigade régionale du Golan, Emunah a suscité la controverse après avoir demandé un porte-parole masculin pour l’unité, et non une femme soldat, apparemment pour des raisons religieuses. Bien que la majorité des soldats de l’unité du porte-parole de Tsahal soit des femmes, sa demande a été approuvée.

Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir arrivant pour une réunion du cabinet au Bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 2 avril 2023. (Crédit : Olivier Fitoussi/Pool)

La semaine dernière, le cabinet a voté en faveur de la création d’une garde nationale, dont Ben Gvir a demandé qu’elle lui soit directement rattachée.

Cette force controversée devrait comprendre 2 000 militaires chargés de lutter contre la « criminalité nationaliste » et le terrorisme, et de « rétablir la gouvernance là où c’est nécessaire ». Le calendrier de création de cette force est encore flou, mais il est probable que cela prenne plusieurs mois. Les pouvoirs spécifiques accordés à la garde nationale, et à qui elle devra rendre des comptes, seront discutés par un panel de responsables de la sécurité qui rendra ses conclusions dans un délai de 90 jours, selon un communiqué du cabinet publié dimanche dernier.

Cette décision a suscité de nombreuses critiques, notamment de la part du chef de la police israélienne Kobi Shabtaï, qui a prévenu que si la garde nationale n’était pas subordonnée à la police, cela conduirait à un effondrement des forces de police et porterait atteinte à la sécurité des citoyens.

La procureure générale Gali Baharav-Miara a également tiré la sonnette d’alarme, déclarant au gouvernement qu’il existe un « obstacle juridique » à la version actuelle du projet de loi et que la police pouvait faire face à ses responsabilités sans service concurrent.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a promis à Ben Gvir de soumettre la question à un vote du cabinet en échange du maintien du ministre d’extrême-droite au sein du gouvernement, malgré sa forte opposition à l’interruption par Netanyahu du processus législatif de la réforme du système judiciaire afin de permettre un dialogue avec l’opposition.

Plusieurs anciens hauts responsables de la police ont également mis en garde contre ce projet, notamment l’ancien chef de la police israélienne Moshe Karadi, qui a déclaré que Ben Gvir pourrait utiliser les forces de l’ordre pour lancer un « coup d’État ». Les groupes de défense des droits civils ainsi que les politiciens de l’opposition ont également exprimé leur extrême inquiétude quant à la proposition de placer une telle force sous le contrôle direct d’un ministre, arguant qu’elle pourrait politiser le maintien de l’ordre et saper le principe d’égalité dans l’application de la loi.

En tant que ministre de la Sécurité nationale, Ben Gvir, un homme d’extrême-droite, s’est à plusieurs reprises impliqué directement dans le maintien de l’ordre lors des manifestations de masse contre le paquet de réformes du gouvernement. Il a notamment indiqué à la police que les autoroutes devaient rester ouvertes pendant les manifestations, a discuté des méthodes de dispersion des foules et s’est rendu dans les centres de commandement de la police pendant les manifestations. Il a eu plusieurs altercations avec le chef de la police Shabtaï depuis qu’il a été nommé ministre.

Emanuel Fabian a contribué à cet article.

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