L’arrière-petite-fille d’une princesse cambodgienne a célébré sa bat mitzvah
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L’arrière-petite-fille d’une princesse cambodgienne a célébré sa bat mitzvah

Elior Koroghli est la fille orthodoxe d'une femme convertie au judaïsme et d'un Juif iranien

Elior Koroghli porte une tenue traditionnelle cambodgienne lors de sa fête de bat mitzvah à Phnom Penh. (Kang Predi et Teh Ranie via JTA)
Elior Koroghli porte une tenue traditionnelle cambodgienne lors de sa fête de bat mitzvah à Phnom Penh. (Kang Predi et Teh Ranie via JTA)

JTA — Le mois dernier, des membres de la famille royale cambodgienne se sont réunis dans le Raffles Hotel Le Royal à Phnom Penh pour un événement inhabituel. Il y avait de la musique, des spectacles de danse traditionnelle cambodgienne et beaucoup de nourriture.

L’événement ? La fête de passage à l’âge adulte de l’arrière-petite-fille de l’une des princesses de la famille, une bat mitzvah pour être plus précis.

La vedette de la fête, Elior Koroghli, est l’arrière-petite-fille du défunt roi Sisowath Monivong, qui a régné de 1927 à 1941. Elle est également Juive orthodoxe.

La jeune fille de 13 ans a grandi à Las Vegas. Elle est la fille de l’arrière-petite-fille de Monivong Sathsowi Thay Koroghli, qui s’est convertie au judaïsme adulte, et Ray Koroghli, un Juif iranien. Alors qu’ils étaient au Cambodge pour la bat mitzvah, les Koroghli ont rencontré l’actuel roi et la reine mère. La famille élargie a pris la pose pour une photographie, sur laquelle on pouvait clairement voir les pointes des tsitsit portés par les frères d’Elior.

Les festivités reflétaient les différentes composantes de son patrimoine culturel. Elior portait une tenue cambodgienne traditionnelle et une robe étincelante de bat mitzvah. Elle a allumé une menorah – la célébration a eu lieu lors de Hanoukka – et réalisé la cérémonie d’allumage des bougies selon la coutume persane. Elle a également interprété au piano des chansons traditionnelles juives, persanes et cambodgiennes, dont le célèbre « Have Nagila ».

Elior Koroghli, droite, avec ses parents, son frère Matanel et sa demi-soeur Elizabeth Koroghli Damavandi devant la menorah qu’ils ont allumée à la fête. (Kang Predi et Teh Ranie via JTA)

Les Koroghli ont proposé aux convives de la nourriture casher avec l’aide du rabbin Bentzion Butman, le représentant Habad au Cambodge. C’est le site Chabad.org qui a rapporté cette fête en premier.

« C’est tout simplement incroyable de voir comment on peut réunir à la fois la culture cambodgienne, juive et persane. Nous sommes au Cambodge, et je porte leur costume, mais j’allume aussi une menorah ici et je porte une tenue ‘tzniut‘ », a confié Elior à la JTA, utilisant le mot hébreu pour pudeur.

Pour les membres de sa famille qui vivent au Cambodge, il s’agissait de leur première participation à un événement juif du genre.

La mère d’Elior, Sathsowi, est née à Washington, où son père servait comme diplomate cambodgien. Sa mère, la princesse Sisowath Neary Bong Nga, était la fille du roi Monivong. Sathsowi est rentrée au Cambodge avec sa famille à l’âge de 2 ans, mais a passé la plus grande partie de son enfance à Long Beach, en Californie. Elle a rencontré son mari lors d’une fête d’anniversaire à Las Vegas.

« Il est tout simplement venu me demander de danser, et ça a commencé comme ça », a confié Sathsowi à la JTA lors d’une conversation téléphonique.

Aujourd’hui, le couple vit avec ses trois enfants – Elior et ses frères Matanel, 11 ans, et Eliav, 7 ans – à Henderson, une banlieue populaire parmi les Juifs de Las Vegas. Ray travaille dans l’immobilier, et Sathsowi est mère au foyer.

Même si leurs cultures sont différentes, Sathsowi, qui a été élevée dans la foi bouddhiste, a souligné que la religion n’a pas vraiment été un sujet quand elle et Ray ont commencé à se fréquenter. Mais quelques années plus tard, elle a rejoint son mari à une conférence du rabbin Shea Harling, l’émissaire Habad à Las Vegas. Sathsowi n’a entendu que la fin de son intervention, mais a été touchée par l’enseignement du rabbin sur l’infinité de Dieu.

« On m’avait enseigné bouddha. Je suis reconnaissante pour tout ce que l’on m’a appris parce que cela a fait de moi ce que je suis. Cela me donne de la patience, et cela fait de moi qui je suis au fond de moi », explique-t-elle. « Mais d’un autre côté, je pense que quelque chose a créé tout cela. Alors quand le rabbin en a parlé, je me suis dit, waouh, c’est vraiment ce que je ressens. C’est pour cela que j’ai voulu en savoir plus ».

Elior Koroghli avec des proches et des invités lors d’une cérémonie d’allumage des bougies. (Kang Predi et Teh Ranie via JTA)

Sathsowi a fini par devenir juive par choix. Elle a commencé par se convertir au mouvement conservateur en 2003. Deux ans plus tard, elle et Ray se sont mariés en Israël. Le couple s’est ensuite tourné vers le judaïsme orthodoxe et, neuf ans après sa première conversion, Sathsowi a procédé à une deuxième conversion avec un rabbin orthodoxe. Le couple a également été marié une deuxième fois par un rabbin orthodoxe.

« Cela s’est tout simplement passé très naturellement, a-t-elle dit. Cela a pris beaucoup de temps, de nombreuses années ».

Le parcours n’a pas toujours été simple. Elle a été confrontée à la réticence de sa mère, qui n’était pas contente que sa fille quitte la religion de sa naissance. Parfois, elle se sentait aussi étrangère en tant que seule personne asiatique dans la famille juive persane de son mari.

C’était ce désir de réconcilier ces identités qui a conduit Sathwosi à célébrer la bat mitzvah de sa fille à Phnom Penh. La famille avait déjà organisé une cérémonie dans leur maison d’Henderson un an plus tôt, mais Sathsowi voulait quelque chose de différent.

« Nous voulons lui montrer son identité – elle est persane, elle est cambodgienne, elle est juive », explique sa mère.

Pour Elior, ces identités semblent aller de pair assez facilement.

« C’est tout simplement génial de faire partie de quelque chose d’un petit peu différent, a-t-elle dit, ces identités sont différentes et me donnent toutes des émotions différentes ».

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