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L’assassinat de Fakhrizadeh n’a pas freiné le programme nucléaire iranien – TV

Alors que les négociations reprennent, un responsable dit qu'Israël oeuvre pour un "accord amélioré" visant à restreindre le programme et à développer un "plan d'attaque important"

Des militaires se tiennent près du cercueil de Mohsen Fakhrizadeh recouvert du drapeau iranien, un scientifique nucléaire qui a été tué vendredi, lors d'une cérémonie funéraire à Téhéran, en Iran, le 30 novembre 2020. (Ministère de la Défense iranien via AP)
Des militaires se tiennent près du cercueil de Mohsen Fakhrizadeh recouvert du drapeau iranien, un scientifique nucléaire qui a été tué vendredi, lors d'une cérémonie funéraire à Téhéran, en Iran, le 30 novembre 2020. (Ministère de la Défense iranien via AP)

L’assassinat présumé par Israël du principal scientifique nucléaire iranien Mohsen Fakhrizadeh n’a pas eu l’effet escompté sur le ralentissement des travaux nucléaires de l’Iran, a déclaré mardi un responsable à la télévision israélienne.

« L’assassinat de Fakhrizadeh il y a un an n’a pas freiné les progrès de l’Iran comme on l’espérait », a déclaré le responsable israélien anonyme cité par la Douzième chaîne. « La situation actuelle est la plus avancée que l’Iran ait jamais atteinte ».

Par conséquent, a ajouté le fonctionnaire, « il y a un énorme effort global israélien – à la fois publiquement et en coulisses – pour faire pression en faveur d’un accord amélioré tout en construisant simultanément un plan d’attaque important et significatif. »

Fakhrizadeh, identifié par Israël comme le père du programme d’armement nucléaire malveillant de l’Iran, a été assassiné l’année dernière lors d’une attaque ultra-sophistiquée qui aurait été menée par une équipe du Mossad.

L’Iran a accusé Israël d’avoir perpétré cet attentat et a menacé de se venger. Israël n’a pas commenté publiquement l’allégation selon laquelle il serait responsable, bien que l’ancien chef du Mossad, Yossi Cohen, ait confirmé au début de cette année que Fakhrizadeh était depuis longtemps dans la ligne de mire de l’agence d’espionnage.

Ce rapport a été publié une semaine après que le New York Times a cité des responsables américains affirmant avoir averti Israël que ses attaques contre le programme nucléaire iranien étaient contre-productives et avaient permis à Téhéran de reconstruire un système d’enrichissement encore plus efficace.

Le responsable anonyme s’est exprimé au lendemain de la reprise des négociations entre l’Iran et les puissances mondiales en vue de rétablir l’accord nucléaire de 2015, qui ont démarré à Vienne après une suspension de près de six mois des pourparlers.

Les États-Unis – qui se sont retirés de l’accord sous l’ancien président Donald Trump – ne participent qu’indirectement aux négociations.

Le Palais Coburg, lieu des pourparlers de relance du Plan d’action global conjoint (JCPOA), à Vienne, le 29 novembre 2021. (Crédit : VLADIMIR SIMICEK / AFP)

Israël s’est vivement opposé à l’accord de 2015, et les responsables israéliens affirment aujourd’hui que l’Iran est plus près que jamais de développer des armes nucléaires. Les dirigeants israéliens ont appelé à une approche ferme envers la République islamique dans les négociations nucléaires, le Premier ministre Naftali Bennett exhortant les puissances mondiales à ne pas « céder au chantage nucléaire de l’Iran ».

Des hauts fonctionnaires cités par la Douzième chaîne ont déclaré que le pire scénario pour Israël serait que les sanctions soient levées sur l’Iran sans qu’un accord restreignant son programme nucléaire soit conclu. Les responsables ont prédit que dans un tel cas, l’Iran pourrait atteindre un point où il aurait la capacité de produire une bombe nucléaire en six mois.

« Israël n’aurait alors d’autre choix que de prendre son destin en main », ont déclaré les responsables.

Sans citer de source, la chaîne a également rapporté qu’Israël augmentait la quantité de renseignements sur les activités nucléaires de l’Iran qu’il partage avec les puissances mondiales.

Lundi, Axios a rapporté qu’Israël a partagé avec les États-Unis des renseignements montrant que l’Iran « prend des mesures techniques pour se préparer à enrichir de l’uranium » à 90 % de pureté, ce qui est considéré comme de l’uranium de qualité militaire. Ces préparatifs pourraient permettre à Téhéran d’atteindre des niveaux de qualité militaire en quelques semaines seulement, a rapporté Axios, citant deux sources américaines informées de la question.

Israël ferait également pression pour s’assurer que tout accord ne permettra pas à l’Iran d’enrichir de l’uranium, de conserver des centrifugeuses avancées ou de laisser à Téhéran la capacité de développer des armes nucléaires, a rapporté la Douzième chaîne mardi.

Selon la Douzième chaîne, Israël était préoccupé par la position américaine à l’égard de l’Iran, estimant qu’elle n’était pas assez ferme, et craignait que l’Amérique ne fasse pas preuve d’une force militaire suffisante dans le golfe Persique.

Le Premier ministre Naftali Bennett (à gauche) rencontre le président américain Joe Biden dans le bureau ovale de la Maison Blanche, le vendredi 27 août 2021, à Washington, DC. (Crédit : GPO)

Plus tôt mardi, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid a déclaré au président français Emmanuel Macron qu’Israël s’oppose à la levée des sanctions contre l’Iran et que seule une menace militaire crédible permettra de mettre un terme au programme nucléaire de Téhéran.

Lors de sa rencontre avec Macron à Paris, Lapid a déclaré qu’Israël pensait que l’Iran ne faisait que gagner du temps lors des pourparlers afin de continuer à progresser dans son programme nucléaire et d’obtenir un allègement des sanctions économiques paralysantes. Le plus haut diplomate israélien a également souligné la nécessité d’élaborer un plan B efficace en cas d’échec des négociations.

L’entretien de Lapid avec Macron est intervenu un jour après que le dirigeant français se soit entretenu avec le président iranien Ebrahim Raïssi, qui a exigé la levée des sanctions comme première étape pour réintégrer l’accord nucléaire.

L’administration Biden a déclaré à plusieurs reprises qu’elle ne lèverait les sanctions qu’en échange de changements concrets et évidents dans le comportement de l’Iran, et que toutes les sanctions ne seraient pas levées.

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