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L’Australie revient sur sa reconnaissance de Jérusalem-Ouest comme capitale d’Israël

Le gouvernement de centre-gauche supprime un texte où la politique est décrite ; la décision de 2018 avait reçu un accueil mitigé en Israël

La ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, s'adresse à la 77e session de l'Assemblée générale des Nations unies, au siège de l'ONU, le 23 septembre 2022. (Crédit : Jason DeCrow/AP)
La ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, s'adresse à la 77e session de l'Assemblée générale des Nations unies, au siège de l'ONU, le 23 septembre 2022. (Crédit : Jason DeCrow/AP)

L’Australie a discrètement fait marche arrière sur une décision prise par son gouvernement précédent qui reconnaissait Jérusalem-Ouest comme capitale d’Israël.

Ces derniers jours, le ministère des Affaires étrangères de Canberra a supprimé de son site Web deux phrases qui traitaient de Jérusalem et qui avaient été ajoutées lorsque le Premier ministre Scott Morrison avait annoncé la décision en 2018.

Le texte maintenant supprimé décrivait « Jérusalem-Ouest comme la capitale d’Israël » et indiquait que l’Australie « se réjouit de transférer son ambassade à Jérusalem-Ouest dès que possible, en soutien à, et après la résolution du statut final d’une solution à deux États », a indiqué The Guardian lundi.

La ministre des Affaires étrangères Penny Wong, du Parti travailliste – qui a formé le gouvernement après avoir remporté les élections fédérales en mai – avait déclaré alors qu’elle était sénatrice de l’opposition en 2018 que son parti de centre-gauche « ne soutient pas la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël et que, une fois au pouvoir, il reviendrait sur cette décision ».

La position bipartisane de l’Australie selon laquelle « l’Australie est engagée en faveur d’une solution à deux États dans laquelle Israël et un futur État palestinien coexistent, dans la paix et la sécurité, à l’intérieur de frontières internationalement reconnues », figure toujours sur le site du ministère des Affaires étrangères.

Selon The Guardian, le site a été mis à jour après que le journal britannique a approché le ministère des Affaires étrangères pour lui demander quelle était la position du gouvernement sur le statut de Jérusalem.

Une vue du pont à cordes de Jérusalem, de nuit. (Crédit : Yulia Berzon/PAMI)

Le porte-parole du ministère a déclaré que le gouvernement actuel « continuait de considérer le statut final de Jérusalem comme une question qui sera résolue dans le cadre de toute négociation de paix ». Jérusalem n’a pas encore réagi à ce revirement et l’ambassade d’Australie en Israël n’a fait aucun commentaire.

La décision de Morrison avait reçu un accueil mitigé en Israël à l’époque, de nombreux politiciens estimant que la démarche n’allait pas assez loin, car elle ne reconnaissait pas la totalité de la ville comme capitale de l’État juif, et laissait l’ambassade d’Australie à Tel Aviv. L’année d’avant, les États-Unis, sous la direction du président Donald Trump, avaient reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et y avaient transféré l’ambassade américaine.

Israël et les Palestiniens revendiquent tous deux Jérusalem comme leur capitale. Israël a pris Jérusalem-Est à la Jordanie lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l’a ensuite annexée, une décision qui n’a jamais été reconnue par la communauté internationale.

Pendant des dizaines d’années, la communauté internationale a maintenu que le statut de la ville devait être négocié entre Israël et les Palestiniens. Selon les détracteurs, déclarer Jérusalem capitale de l’un ou de l’autre ne fait qu’exacerber les tensions et préjuge du résultat des pourparlers de paix sur le statut final.

Le mois dernier, la Première ministre britannique Liz Truss a déclaré au Premier ministre Yair Lapid qu’elle étudiait la possibilité de transférer l’ambassade du Royaume Uni de Tel Aviv à Jérusalem.

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