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Le BNVCA écrit à eBay au sujet des objets nazis en vente sur la plateforme

L’association réclame le retrait de la vente de ces objets "qui rappellent les pires crimes contre l'humanité commis par les nazis et leurs complices"

Une étoile jaune, dispositif de discrimination et de marquage imposé par l'Allemagne nazie aux Juifs résidant dans les zones conquises au cours de la Seconde Guerre mondiale. Illustration. (Crédit : capture d'écran france info tv)
Une étoile jaune, dispositif de discrimination et de marquage imposé par l'Allemagne nazie aux Juifs résidant dans les zones conquises au cours de la Seconde Guerre mondiale. Illustration. (Crédit : capture d'écran france info tv)

Sammy Ghozlan, président du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), a écrit aux dirigeants français d’eBay une lettre publique dans laquelle il dénonce la vente d’objets nazis sur la plateforme.

« Mon bureau reçoit un grand nombre de protestations émanant d’internautes scandalisés qui découvrent que le site de vente en ligne eBay propose plusieurs insignes nazis, arborant tous la ‘croix grammée’, ainsi que trois portraits d’Hitler », a-t-il écrit.

L’un des vendeurs serait domicilié dans le département de l’Eure-et-Loir.

« Le site propose également une étoile jaune cousue sur un tissu rayé, et un pyjama rayé portant l’étoile juive. Ce type de vêtement rappelle la situation dramatique et inhumaine des Juifs emprisonnés et assassinés dans les camps de la mort nazis », a-t-il ajouté.

« Nous considérons que ces ventes sont insultantes, et témoignent d’une fascination déconcertante et intolérable pour la période nazie. Nous considérons que les vendeurs comme les acheteurs sont passibles de poursuites judiciaires. »

Sammy Ghozlan. (Crédit : Autorisation Sammy Ghozlan)

L’association réclame ainsi le retrait de la vente de ces objets « qui rappellent les pires crimes contre l’humanité commis par les nazis et leurs complices », dont « le génocide de six millions de Juifs qui reste une cicatrice ouverte dans la mémoire collective des personnes sensées ».

Sammy Ghozlan a également annoncé avoir chargé son avocat de déposer plainte contre le vendeur identifié, « détenteur de ces objets illicites, pour les faire saisir et détruire administrativement ».

Il a également menacé eBay de poursuites « si les images infâmes de ces produits ne sont pas immédiatement retirées » du site, du fait que celui-ci « sert ostensiblement et volontairement de support à la propagande nazie ».

En mars dernier, eBay avait retiré de ses annonces au moins 15 jouets à thème nazi, dont des figurines de gardes SS et des chars d’assaut nazis.

eBay. (Crédit : Shutterstock)

Selon le Jewish News, ces jouets violaient la politique d’eBay contre les produits qui encouragent la haine ou les idéologies violentes. Le site interdit toute une série d’articles, des parties du corps humain aux cosmétiques usagés.

Parmi les articles interdits figurent tout ce qui promeut des stéréotypes antisémites, ainsi que « les articles historiques liés à la Shoah et au nazisme, y compris les reproductions, tout article antisémite ou tout article datant d’après 1933 portant une croix gammée [et] les médias identifiés comme de la propagande nazie ». Les pièces allemandes nazies sont une exception.

En 2018, le BNVCA avait déjà déposé plainte et demandé à eBay le retrait de la vente d’un timbre à l’effigie d’Hitler.

Un timbre à l’effigie d’Hitler, en vente sur eBay. (Crédit : capture d’écran eBay)

La semaine dernière, l’Association juive européenne (AJE) a annoncé qu’elle allait demander une injonction contre une maison de vente aux enchères israélienne qui vend des objets nazis.

Parmi les articles mis aux enchères par Pentagon et signalés par l’organisation, on trouve une carte postale représentant un homme juif sur le front duquel un logo nazi a été apposé.

En novembre, la justice israélienne avait bloqué la vente de plaques pour tatouer les détenus à Auschwitz.

En mars dernier, en France, le Conseil des ventes, organisme régulateur des maisons d’enchères, avait averti celles-ci de ne jamais exposer d’objets en lien avec le nazisme, sous peine d’être sanctionnées pénalement, à la suite de cas dénoncés récemment en province.

Un portrait encadré d’Adolf Hitler est photographié le 20 novembre 2019 à la maison de vente aux enchères Hermann Historica à Grasbrunn près de Munich, dans le sud de l’Allemagne, avant une vente aux enchères d’effets personnels du dictateur allemand Adolf Hitler et d’autres dirigeants nazis notoires de la Seconde Guerre mondiale. (Crédit : Matthias Balk / dpa / AFP)

Le Conseil se référait là à un article du Code pénal, l’article R. 645-1, pour rappeler que « l’exposition, en vue de la vente, dans un catalogue papier ou numérique ou l’exposition au public d’uniformes, parties d’uniforme et objets porteurs de signe nazi, ou rappelant de manière évidente les exactions commises par les nazis (étoile jaune d’époque ou même sa copie) est interdite par la loi, et pénalement sanctionnée ».

« Cette interdiction ne peut être contournée par l’apposition d’une pastille sur la croix gammée ou le floutage de la photo », ajoutait le CVV.

Selon son président Henri Paul, interrogé par l’AFP, l’exposition de tels objets avait été signalée « dans des petites ventes en province, soit des ventes militaires, soit des ventes de succession. Des commissaires priseurs ont laissé passer ici et là une croix de fer, un insigne avec la svastica ». Il avait cité des cas à Albi, Rodez, Fécamp, Soissons, Pamiers.

« Après avoir rencontré le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) Francis Kalifat, nous avons décidé d’émettre une recommandation aux maisons de ventes sur ce sujet grave », avait-il alors expliqué.

Un lanceur d’alerte avait alerté le CRIF, qui avait porté plainte. Plusieurs parquets avaient fait saisir des objets, avait expliqué M. Paul.

L’AFP a participé à cet article.

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